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Fig. 128. — L'animal a reçu le total de 3 gr. 16 de morphine dans la veine. (Réduct. 1/3.)
ments cardiaques s’espacent pour s'arrêter enfin définitivement, mais après la respiration.
Naturellement, de ce relèvement ultime de la pression
artérielle, nous ne faisons pas un caractère particulier des actions pharmacodynamiques de la morphine. Ce sont des effets qui ne sont pas en opposition avec l'hypotension qui accompagne, au contraire, les manifesta-
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Fig. 129. — Suite du tracé précédent, (Réduct. 1/3 )
tions qu'elle produit aux doses physiologiques et thérapeutiques, car ils dépendent et sont liés entièrement à la phase toxique et à l’éfaf convulsif.
En résumé, quand la morphine est introduite, à dose hypnotique, dans le tissu conjonctif du chien, elle produit d’abord une légère hypertension vasculaire, suivie d’un mouvement inverse d’hypotension très accusé au début, mais non persistant.
En effet, pendant la phase d'état, lorsque l’animal est plongé dans le sommeil morphinique classique, sa pression artérielle est rarement inférieure à 145 ou 135 millimètres, la différence avec la pression normale dépassant rarement 20 millimètres et se trouvant être souvent
inférieure à ce chiffre. L'hypotension du sommeil de
CET = la morphine, consécutive à une injection hypodermique, est donc toujours modérée.
À la suite de l’injection veineuse, au contraire, la dépression vasculaire est, dès le début, considérable : la différence avec l'état normal se mesure par 80 ou 75 millimètres et, si la dose est un peu forte, cette différence persiste pendant toute la durée de l’action.
Une hypotension exagérée et soutenue, pouvant atteindre le niveau inférieur de 85 à 90 millimètres de mercure, telle est la conséquence de l'introduction de la morphine dans une veine.
Modifications de la pression chez les animaux que la morphine n’endort pas. — Nous avons étudié graphiquement les modifications de la pression chez le cheval, le bœuf, la chèvre, le mouton, le porc et le chat. Or, chez tous ces animaux, la dominante pharmacodynamique est l'hypertension artérielle, au moins quand on reste dans les limites des doses thérapeutiques.
En effet, dans ces espèces, quelle que soit la voie d'introduction, l’action des doses modérées de morphine, sur les vaisseaux et la pression, est la vasoconstriclion et l'hypertension. La courbe manométrique ne tombe que vers la fin de l’action ou à la suite de l'emploi des doses exagérées ; d’ailleurs, ce dernier phénomène est d’autant plus retardé que la résistance des sujets à la morphine est plus grande.
Ainsi, nous verrons que chez la chèvre il faut aller parfois jusqu'à la dose de 10 grammes, en injections veineuses progressives, pour voir la pression tomber, el encore cette chute manométrique ne survient-elle sou-
RTE vent qu'aux approches de la mort. Chez les bovins, au contraire, qui sont beaucoup plus sensibles, 1 gr. 5o à 2 grammes de morphine, en injection hypodermique, déterminent d’abord de l'hypertension, mais produisent ensuite des effets inverses, qui peuvent même s’accom-— pagner de troubles graves, s'il s’agit d'animaux déjà affaiblis et débilités.
Quelques exemples confirmeront nos dires.
Cheval. — La figure 130 montre à gauche, I, un tracé
Fig. 130. — Modifications circulatoires pendant la morphinisation chez un cheval. — I. Etat normal. — II. 15 minutes après une injection veineuse de 25 centigrammes : — M, tension artérielle; — P, sphygmographe; — R, respiration; — S, secondes, (zéro pour la pression). (Réduct. 5/12.)
normal de tension artérielle, de pouls et de respiration,
pris chez un cheval âgé ; l'appareil explorateur, placé
sur la carotide et relié au manomètre, était un tube en ; . 7.
T d’assez fort calibre, dans de bonnes conditions pour
indiquer au besoin les variations d’origine périphérique.
PSE
On voit, sur ce tracé, que le cœur avait 40 pulsations; le niveau moyen de la pression normale était de 198 millimètres.
Une injection veineuse de 25 centigrammes a donné, 15 minutes après, les modifications qui s’observent sur le tracé II. Le renforcement et l'accélération du pouls y sont manifestes; on compte 86 pulsations par minute; la tension artérielle est aussi très augmentée et atteint 194 millimètres.
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Fig. 181. — Tracé pris 1. h. 15 après l'injection intra-veineuse de 25 centigrammes de chlorhydrate de morphine (cheval).
Cette augmentation fort remarquable de la pression ne dure pas, et, vers la fin de l’action, lorsque commencent à apparaître les symptômes vertigineux, elle baisse progressivement. C’est ce que l’on peut voir sur la figure 131, qui représente la suite de l’expérience précédente et montre un fragment de tracé pris 1 h. 15 après la médicamentation.
La pression oscille entre 146 et 160 millimètres, ce qui donne une moyenne de 153 millimètres. Par
rte
rapport à la pression normale, cette baisse n'est pas considérable.
Quant au pouls, on voit, sur le même tracé, que loin deseralenür, lorsque la phase de congestion va apparaître, il s'accélère bien davantage encore et atteint 111 pulsations ; il s’est de plus affaibli beaucoup, ce qui confirme ce que nous avons avancé plus haut.
EXPÉRIENCE CXXIII (7 mars 1893).
Une jument âgée, mais encore vigoureuse, à qui on a coupé, de chaque côté, les deux cordons sympathiques cervicaux, parfaitement isolés, est couchée sur une table, puis mise en relation, par un tube en T fixé sur la carotide, avecles enregistreurs de la pression et du pouls,
La section des sympathiques a déterminé des troubles sur lesquels nous reviendrons plus tard, car, pour le moment, nous n'avons qu'à nous intéresser aux modifications circulatoires que doit produire la morphine dans ces conditions.
Nous inscrivons donc le tracé qui doit nous renseigner sur l'état des fonctions, avant l'administration de la morphine (fig. 132). On relève 136 millimètres de pression , 30 pulsations, 36 respirations. |
On injecte alors, dans la veine jugulaire, 75 centigrammes de chlorhydrate de morphine, dont les effets, inscrits figure 133, se traduisent par un relèvement de la courbe manométrique à 142 millimètres. Le pouls est légèrement accéléré, 35 pulsations, et la respiration un peu ralentie.
Les choses ne changeant pas, on pratique une nouvelle injection de morphine, qui porte la totalité de la dose à 1 gr. 20; on attend environ dix minutes pour détacher le tracé 134 où, comme sur le précédent, les modifications les plus apparentes portent sur un relèvement de la tension artérielle qui atteint
Fig. 132, Modificalions circulaloires pendant la morphinisation, chez un cheval dont on a coupé les cordons cervicaux du sympathi-
que. — Tracé normal avant médicamentation . — M, manométre; — P, pouls; — R, respiration; — S, secondes {zéro pour
la pression). (Réduct. 1/4.)
Fig. 133. — Effets d'une injection de 75 centigrammes de morphine. (Dans le même ordre, les courbes ont la même sienification que dans le présent tracé). (Réduet. 1/4.)
or
Hi. G.
Liage
148 millimètres ; le pouls est peu modifié, mais la respiration a des tendances aux arrêts en expiration.
On renforce encore la quantité de médicament injectée et on
arrive au total de 2 gr. 25.
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