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streptocoque, et l’on admet encore aujourd’hui avec lui que «le bacille de Loeffer ne joue aucun rôle dans la détermination des lésions pulmonaires ».
Cette opinion est certainement exagérée. Sans doute, les infections secondaires ont une grande influence dans la production des lésions broncho-pulmonaires. Qu’elles puissent être seules en cause dans certains cas, c’est encore vraisemblable. Mais la vérité, à notre sens, est que dans ces lésions comme dans les autres, les microorganismes secondaires ont le plus souvent un rôle “pathogène de second plan, peut-être tardif, pouvant alors expliquer certains accidents comme la suppuration.
Le facteur premier de toutes ces lésions est le.bacille diphtérique lui-même. Admettre que la broncho-pneumonie diphtérique est toujours d'origine secondaire, serait aussi outré que de considérer que l’angine diphtérique si fertile en microbes banaux relève de l’action de ces microbes eux-mêmes.
n’est d’ailleurs pas exceptionnel de trouver le bacille diphtérique dans la broncho-pneumonie diphtérique, dans les foyers hémorragiques surtout et des observations probantes se sont multipliées récemment tendant à démontrer que le bacille de Loeffler envahit le poumon plus souvent qu’on l'avait cru d’abord.
Œil.
L'œil est un lieu de choix d’expérimentation et d’observalion. C’est une muqueuse d’un accès aisé, une
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voie d'adsorption rapide, une membrane transparente permettant l'examen quasi-direet à travers des milieux liquides clairs de tissus nerveux très vascularisés.
C'est pour cela et parce qu'il est assez souvent atteint dans la diphtérie que nous avons étudié ses réactions à l'endroit des lipoïdes diphtériques.
On peut y accéder sans crainte de lésions étrangères secondaires, de deux façons :
Par voie externe, muqueuse,
Par voie interne, artérielle.
Les résultats sont différents, suivant la voie choisie :
A. — Voie muqueuse.
L'extrait, extrait éthéro-alcoolique, fut employé pur
ou en suspension dans de l’eau carbonatée.
1° Application d’alcoolo-éthéro-diphtérine pure dans l'œil, après ou sans lésion traumatique de la conjonctive palpébrale. — Quand on insinue dans le cul-de-sac conjonctival une parcelle d’alcoolo-éthéro-diphtérine sans lésion préalable de la muqueuse conjonctivale, on voit très rapidement se développer une conjonctivite catarrhale qui s'accroît, devient bientôt intense avec souvent suffusions sanguines sous-muqueuses, et toujours un degré plus ou moins marqué de chémosis. A cette période, se produisent alors, généralement, des exsudats plus ou moins développés dans la règle assez minimes, bandes translucides, non ou faiblement adhérentes, toujours plus développées sur la muqueuse pal-
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pébrale supérieure et sur la membrane clignotante. Si l’on prélève un de ces exsudats, et qu'on l’étale sur lame, on voit qu'il est formé de fibrine, de quelques cellules épithéliales et de polynucléaires altérés. D'eux-mêmes, ces exsudats se détachent et s'agglomèrent dans l'angle interne. Leur production est éphémère; elles sont balayées sitôt que produites. La conjonctivite elle-même dure peu ; 24 heures après, elle a presque complètement disparu.
Les lésions sont plus marquées quand, préalablement, on détermine une ulcération traumatique de la conjonctive. Si l’on dépose alors une parcelle d’alcoolo-éthérodiphtérine sur l’ulcération, celle-ci devient le centre de petites formations pseudo-membraneuses et la conjonctivite dure plus longtemps.
Quel que soit leur mode de production, ces exsudats sont constitués par de la fibrine et des polynucléaires.
Sont-ce là de vraies fausses membranes, présentant les caractères typiques de la fausse membrane de la diphtérie humaine ? Non, mais ce sont du moins des exsudats fibrineux, et nous n'avons pas davantage obtenu avec le bacille D. lui-même la fausse membrane épaisse, consistante, cohérente, telle qu’on l’observe chez l'homme.
2 Instillation dans l'œil d’une suspension d’alcooloéthéro-diphtérine.— Quand, ainsi que l'ont fait MM. Coppez, Morax et Elmiassan avec la toxine soluble, on instille dans l’œil de quart d'heure en quart d’heure une goutte de suspension carbonatée d'alcoolo-éthéro-diphtérine, on voit de même se développer au bout de 2 à 3 heures une
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conjonctivite d'abord légère, puis de plus en plus intense, pouvant devenir très intense si l’on poursuit l’instillation pendant assez longtemps et s'accompagner de production d’exsudats fibrineux. Si préalablement, on avait fait sur la cornée une cautérisation au fil de platine; ce petit ulcère sentoure d'un exsudat fibrineux et devient le point de départ d’une opacité qui gagne plus ou moins sur la cornée alentour et disparaît lentement dans la suite.
B. — Voie artérielle.
Rarement, par voie veineuse, on peut déterminer des lésions oculaires au moins appréciables. Une fois seulement en effet nous avons observé secondairement à une injection veineuse une ophtalmie analogue à celle obtenue par injection carotidienne.
Par contre, l'injection d’alcoolo-éthéro-diphtérine dans la carotide (c. primitive) détermine constamment des accidents oculaires de première importance.
Aussi rapporterons-nous un peu en détail les observations de 4 lapins inoculés de la sorte.
No 1427. — 27 octobre, Midi et 1/2 — Injection dans la carotide primitive gauche de 19 à 15 centigrammes d’alcooloéthéro-diphtérine en 1 centimètre cube de liquide.
A la suite, immédiatement, aucun accident.
À 4 heures, œil droit : normal.
Œil gauche: Pupille contractée, conjonctivite avec exsudat pseudo-membraneux sur la conjonctive bulbaire.
A 7 heures : Myosis très marqué. Exsudat pseudo-membraneux abondant. Ë