PERS
28 octobre. — Examen oculaire fait par MM. Cerise et Chenet, chefs de clinique du service ophtalmologique.
Conjonctivite avec fausses membranes très épaisses tapissant toute la conjonctive de la paupière inférieure. Injection de fa conjonctive bulbaire et de la conjonctive palpébrale.
Iris déformé, ne réagissant pas à la lumière, se dilatant légèrement sous l'influence de l’atropine.
Iris infiltré en général, mais présentant un petit nodule d'infiltration très net à la partie supérieure.
L'humeur aqueuse est légèrement trouble. Il existe dans l'aire de la papille un exsudat fibrineux formant une étoile rameuse.
Pas d’adhérence entre l'iris et la cristalloïde antérieure. A travers les branches de cette étoile, il est difficile d’apercevoir le fond de l’œil, tous les milieux étant troubles. Néanmoins, il ne semble pas présenter de lésoins. :
L'œil droit est absolument normal. Ænucléation pour inclusion.
N° 135. — 6 novembre, à midi. — Injection de quelques centigrammes d’alcoolo-éthéro-diphtérine dans la carotide primitive gauche.
Dans l'après-midi, congestion ecchymotique de la conjonctive palpébrale et bulbaire.
Le soir, conjonctivite plus marquée, iritis.
7 novembre. — Conjonctivite intense avec chémosis, iritis.
8 novembre. — Conjonctivite intense avec injection périkératique.
9 novembre. — Examen fait par M. Chenet.
Pas de lésions du fond d'œil.
Conjonctivite avec chémosis.
Iris œdémateux très injecté, sans réactions à la lumière.
Etat opalescent de l'humeur aqueuse.
10 au 13 novembre. — Trouble cornéen de plus en plus marqué. Dans la suite, persistance de ce trouble.
N° 138. — Lapin russe.
9 novembre, 3 heures. — Injection de 0 gr. 05 d'alcooloéthéro-diphtérine dans la carotide primitive gauche.
7 heures. — (Œil gauche : Conjonctivite très marquée. Œil droit : normal.
10 novembre. — Conjonctivite avec chémosis et léger
exsudat pseudo-membraneux.
Iris injecté. Œùl droit : normal.
11 novembre. — Même état. Iritis.
(2 novembre. — Idem. Développement sur le rebord palpébral supérieur d'un petit abcès sous-muqueux en nappe.
Iris très congestionné, présentant vers la partie interne sur son bord pupillaire un abcès gros comme une tête d'épingle. Fond d'œil normal. i
13 novembre. — Sacrifié.
N° 144. — Lapin russe.
15 novembre. Midi. — Injection dans la carotide primitive gauche d’une quantité indéterminée d’alcoolo-éthéro-diphtérine.
7 heures. — Conjonclivite.
16 novembre. — Examen par MM. Cerise, Chenet.
Œù gauche : Injection de la conjonctive palpébrale.
Pupille en moyenne dilatation, ne réagissant pas à la lumière. Iris saillant, comme attiré en avant.
Une fausse membrane mince occupe toute la largeur de la pupille. Celle-ci se dilate néanmoins sous l'influence de cocaïne à 4 p. 100. Le fond d’œil aperçu après dilatation pupillaire semble normal.
Œil droit : normal.
17 novembre. —— Idem.
29 novembre. — Injection conjonctivale toujours très marquée avec chémosis.
Milieux très troubles.
Lo
En plein iris, vers l’angle interne, abcès et infiltration. Iris
attiré en dedans.
31 novembre. — Même état. Enucléation.
En résumé :
1° Les extraits éthéro-alcooliques du Bacille diphtérique, soit en application locale, pure, immédiate, soit en instillation prolongée, déterminent sur la conjonctive oculaire des lésions irritatives caractérisées par une conjonctivite catarrhale avec exsudats fibrineux.
20 L'injection d'extrait éthéro-alcoolique de Bacilles de Loeffler, dans la carotide primitive, détermine : une ophtalmie homolatérale, caractérisée par des lésions des milieux de l'œil; exsudats fibrineux formant voiles; par de l'iritis, iritis congestif simple ou suppuré; . par de la conjonctivite simple ou accompagnée de production de fausses membranes conjonctivales dont la déterminalion semble en rapport avee la quantité d'extrait injecté; enfin, mais d'une façon inconstante, par de la
kératite interstitielle.
NC Voie rachidienne.
Quand on injecte des lipoïdes diphtériques dans le canal rachidien par injection épidurale, les troubles consécutifs sont variables avec la dose injectée.
4 lapins ont été ainsi inoculés :
2 avec 0 gr. 04; ? avec 0 gr. 20 d'extrait éthéroalcoolique.
Les deux premiers n'ont présenté aucun accident.
Les deux autres ont fait une paraplég'ie qui commença chez l'un 24 heures; chez l'autre 4 jours après l’injection.
La paraplégie est complète, spasmodique ; elle s'accompagne d'atrophie musculaire et de troubles sphinctériens.
À l’autopsie, nous n'avons trouvé dans le canal rachidien qu'un exsudat d'aspect fibrineux, tapissant les parois: sans pus, ni collection purulente. (Observation ci-contre)
Observation. — Lapin.
28 juillet. — 20 centigrammes environ d'alcoolo-éthérodiphtérine (Claude) dans le canal rachidien.
Immédiatement après, rien, si ce n’est une dyspnée assez vive.
29 juillet. — Dyspnée toujours vive. Pas de parésie. Hématome sous-cutané.
30 juillet. — Mème état.
31 juillet. — Même état.
1e août. — Parésie légère du train postérieur.
2 septembre. — Apparition progressive d’une paraplégie spasmodique postérieure. L'animal reste immobile, marche difficilement.
10 septembre. — Paralysie complète des pattes postérieures
Amyotrophie considérable.
12 septembre. -— Mort.
AUTOPSIE. — Viscères simplement congestionnés, les poumons surtout.
Canal rachidien et moelle : pas de collection. Simple exsudat intra-rachidien. Aucune lésion macroscopique.
MÉNARD DM; Je
2x Bot
Nous n'avons pas encore déterminé à quelles lésions histologiques sont dus ces accidents. Mais en l'absence de toute compression et de toute infection secondaire, il est logique de les rapporter à Paction directe probablement irritative des lipoïdes diphtériques sur les troncs nerveux.
Ce résultat expérimental n’a d'autre valeur d’ailleurs que de contribuer à démontrer l’action locale de ces poisons. Les lipoïdes du Bacille diphtérique n’ont en
e ffet aucune spécificité élective pour le système nerveux.
Voie sanguine.
Nous avons signalé antérieurement les accidents oculaires secondaires à l’injection intracarotidienne, accidents qu'on observe rarementàla suite del’injectionintraveineuse de lipoïdes diphtériques. À part ces accidents locaux les injections intravasculaires d'extrait éthéroalcoolique de Bacilles diphtériques ne déterminent que des troubles passagers (polypnée). Cependant un cobaye inoculé avec 0 gr. 05 d’alcoolo-éthéro-diphtérine dans la Jugulaire, fut trouvé mort 3 semaines plus tard après avoir baissé rapidement de poids. Mais les lapins inoculés dans les mêmes conditions ont survécu.
CONCLUSIONS ET GÉNÉRALITÉS SUR LES PROPRIÉTÉS DES LIPOIDES DU BACILLE DIPHTÉRIQUE
Les résultats expérimentaux que nous venons de rapporter, montrent à l'évidence que Les lipoides du Bacille diphiérique ont une action irritante, nécrosante et fibrino-plastique.
Sous la peau, ils déterminent des lésions variant, macroscopiquement, de l'infiltration ædémateuse simple, au bourbillon et à l'escharre. Mais, en réalité, ü y a toujours nécrose.
Sur la muqueuse oculaire, ils provoquent une irritation se traduisant par de la conjonctivite œdémaleuse, avec ou sans exsudation pseudo-membraneuse, et, s’il y a lésion préalable de la cornée, de la kératite.
Dans le péritoine, ils déterminent une péritonite, péritonite irritative, plastique ou suppurée, suppurations locales, intramésentériques, ou périviscérales pouvant aboutir à la production de véritables fausses membranes péritonéales comme en avait observé M. Rist à la suite d'injections de corps microbiens.
L'injection intratrachéale est suivie de lésions pul-
‘monaires plus ou moins marquées : congestion simple