‹ Étude Expérimentale de Quelques Poisons Constitutifs du Bacille DiphtériqueChapitre 19 sur 35 · NT US · texte numérisé non relu

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ou le plus souvent, broncho-pneumonie, affectant une réaction éosinophilique très particulière.

Par la carotide, ces graisses s’embolisant dans les collatérales, déterminent aux lieux où elles s’arrêtent des foyers de nécrose, et plus particulièrement dans le territoire ophtalmique, des conjonctivites, des iritis, pouvant suppurer (abcès très localisés) et des coagulations fibrineuses dans les milieux liquides.

Sur les nerfs enfin, elles ont une action irritante locale, très énergique, aboutissant à la production de paraplégies typiques. |

Rapprochées macroscopiquement et histologiquement des lésions déterminées localement par le Bacille de Loeffler lui-même, les lésions dues aux lipoides diphtériques se montrent absolument analogues.

Dans un récent et important article, MM. Nicolle et Loiseau reprenant l'étude systématique des lésions déterminées par l'injection du Bacille de Loeffler les groupent en plusieurs types qu'on peut ramener à deux : type à «escharre prédominante » (A et B), type à « bourbillon prédominant ». Escharre et bourbillon, ce sont là deux lésions que nous pouvons obtenir à volonté avec les graisses diphtériques,

Ces expérimentateurs nous apportent d’ailleurs euxmêmes un important appoint. Etudiant l’action du sérum antitoxique sur la production des lésions localement déterminées par le Bacille de Loeffler, ils arrivent à celte conclusion que cette action est « absolument nulle » et peut tout au plus entraver l’action escharrifiante des bacilles,

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Pour ce qui est des lésions secondaires à l'injection d'un mélange de bacilles et de sérum, ils constatent que neutralisant les effets escharrifiants, le sérum exalte l'effet nécrosant (œdème et bourbillon).

Si nous rappelons que la toxine soluble ne peut déterminer localement que de l’œdème ou une escharre sèche, jamais de nécrose lente à bourbillon, il nous faut conclure que Les lésions locales dans la diphtérie relèvent bien, pour les principales, du moins, du corps microbien lui-même, puisque :

1° Ælles existent, avec des bacilles absolument atoxiques (B. Brienne, par exemple);

2 On peut les déterminer. expérimentalement avec des bacilles morts et dépourvus de toute « toxine solüble » (Brieger et Boer, Rist, Aviragnet, Bloch et Dorlencourt, Exp. personnelle);

3° Elles ne sont nullement influencées par le sérum -antitoxique.

Mais MM. Nicolle et Loiseau concluent de leurs résultats à l’action des substances protéiques du bacille, qu'ils appellent « substance fondamentale ». Or, cette conclusion est à notre sens inexacte pour deux raisons :

Les substances protéiques du Bacille de Loeffler ne sont pas nécrosantes ;

Le pouvoir «albuminolytique » du sérum antitoxique, sur lequel ils se basent, ne nous paraît pas démontré.

Le premier point résulte de nos expériences personnelles sur la toxine protoplasmique du Bacille diphtérique.

Le deuxième point est, à notre sens, aisé à établir

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On peut rechercher le pouvoir albuminolylique d'un sérum soit in vitro, soit in vivo. ù

In vitro, nous l'avons recherché de deux façons très simples :

Si, à une culture jeune de Bacille de Loeffler, on ajoute sans dissocier le voile, son volume de sérum antiloxique, et qu'on la reporte à l'étuve, on voit le voile tomber, puis se reformer, preuve de là viabilité persistante du bacille. Qu'on mette le tube dans un placard obscur à la température ordinaire, que de temps à autre on reprenne le culot et qu'on le repique largement, les bacilles, morphologiquement restés normaux, iodo et alcoolo-résistants, repoussent. Mais ils ont perdu, pendant une ou deux générations toute toxicité, et la faculté de former voile. Plus encore, un témoin de même âge réensemencé ne pousse plus.

Nous avons pu ainsi conserver vivants des bacilles de diverses origines, pendant près d'un an.

Les résultats sont les mêmes, quand on remplace tout le bouillon de la culture par du sérum antitoxique pur et récent. |

Enfin, si dans des tubes à hémolyse, on met respectivement en contact, en des dilutions convenables, des bacilles, du sérum antitoxique seul ou additionné de complément, et qu'on porte à l’étuve à 37*8 pendant 3 heures, le culot repiqué donne des cultures pures de Bacille de Loeffler.

In vivo, la démonstration est plus délicate, mais possible encore. Deux cobayes ayant reçu chacun l’avantveille 5 centimètres cubes de sérum antitoxique récent

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en injection sous-cutanée, sont inoculés sous la peau de l'abdomen du côté opposé avec une culture fraiche de Bacille de Loeffler. 11 se forme localement une lésion qui, incisée aseptiquement 20-24 heures après, se montre être un foyer de nécrose. La sérosité repiquée donne du Bacille de Loeffler tuant un cobaye en 19 heures, alors que la culture première tuait en 48 heures. Ce bacille réinjecté sous la peau du thorax des deux précédents cobayes, y détermine encore une lésion locale dont le bourbillon repiqué donne à nouveau des cullures positives, mais moins toxiques.

Une injection préventive de sérum antitoxiqxe n’empêche nullement l'évolution d'une diphtérie bacillaire conjonctivale chez le lapin, et l’on peut constater pendant les premières heures dans l’exsudat produit des bacilles nettement colorables. |

On peut varier l'expérience précédente chez le lapin en employant les injections sous la peau de l'oreille. A un lapin qui avait reçu l’avant-veille 15 centimètres cubes de sérum récent dans les veines périphériques, on injecte sous la peau des deux oreilles du Bacille diphtérique virulent. 4 heures après, on incise l’œdème localement produit sur une oreille, et on recueille la sérosité qui est ensemencée largement. Le lendemain, on constate des cultures pures de Bacilles de Loeffler. On incise alors la lésion de l’autre oreille et l’on ensemence le bourbillon. Quelques tubes sont infectés, les autres présentent des cultures pures de Bacille diphtérique.

Dans les mêmes conditions, un autre lapin reçoit sous

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la peau des deux oreilles un mélange de Bacille américain et de sérum antitoxique du mois, maintenu 1 h. 1/4 à l'étuve à 378. Les lésions locales sont incisées à 1 jour d'intervalle, et l’exsudat cultivé donne des cultures pures de Bacilles de Loeffler.

Les résultats in vivo et in vitro sont donc identiques.

Il n'est pas enfin jusqu’à l'expérience fondamentale de MM. Nicolle et Loiseau qui ne soit passible d’une autre interprétation que celle par eux donnée.

D'après MM. Besredka, Strobel et Jupille, les accidents seraient dus à la mise en liberté non pas de protéines du Bacille diphtérique, mais de peptotoxines de ces microbes et ils ne se produiraient pas avec des Pape apeptonés.

Plus encore, dans une série d'expériences, nous avons pu reproduire le phénomène non plus avec le sérum antidiphtérique, mais avec du sérum antitétanique.

Nous nous croyons donc en droit d'affirmer que le processus n’est pas spécifique et partant qu'il ne doit pas être dû à un pouvoir albuminolytique du sérum antidiphtérique.

Enfin, quels meilleurs arguments pourrions-nous offrir que ceux tirés de l'observation de la bactériologie clinique. Les bacilles ne persistent-ils pas dans la gorge des individus traités par le. sérum antidiphtérique? Nous avons pu ainsi isoler plusieurs fois des bacilles diphtériques de la gorge d'enfants atteints de paralysie tardive, ! mois à 1 mois 1/2 après les premières injections de sérum antitoxique.

Des statistiques comparatives, comme celle de Wal 2

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