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Injections de lipoïdes suivies d’injections debacilles vivants: — Influence nulle. Les cobayes injectés dans ces conditions sont morts dans le même temps que des cobayes
Sains.
Lipoïdes et paralysies. — Les lipoïdes diphtériques ne semblent posséder aucun pouvoir paralysant immédiat ni tardif.
Parmi le grand nombre d'animaux inoculés, un seul présenta une paraplégie. Mais il avait été! inoculé 6 semaines avant avec des bacilles dégraissés.
Action générale. — Nous n'avons étudié jusqu'ici que l’action locale des lipoïdes du Bacille diphtérique et laissé à dessein dans l'ombre leur action générale. C'est qu’alors que les accidents locaux sont absolument constants, partant indiscutables; les accidents généraux sont inconstants et méritent critique. On les observe presqu'exclusivement à la suite de l'injection de lipoïdes de bacilles toxiques.
Voici d'ailleurs les faits tels que nous les avons observés chez des animaux inoculés sous la peau avec des lipoïdes de bacilles de moyenne toxicité.
Dans une série de 22 cobayes inoculés dont 1l faut distraire 1 disparu et 1 biopsié, soit 20, il en estmort 15; > ont survécu. Ces 5 survivants avaient respectivement reçu 0 gr. 06, 0 gr. 005, 0 gr. 05, 0 gr. 035, 0 gr. 0, ce dernier dans la paroi musculaire.
Dans trois cas, la mort survint en 8 jours, 9 Jours, 12 jours. Dès le lendemain de l'injection, le poids fléchit notablement et ne cessa de baisser jusqu’à la fin. L’ædème
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local était en voie de régression, quand l’état général commença à s’altérer.
Mais à part ces cas, très rares, la mort est toujours tardive (26 jours à 3 mois). Le plus souvent, les choses se passent ainsi : La lésion locale constituée a régressé après ou sans ouverture; elle est en pleine voie de régression, Ou presque disparue (cicatrice, nodule), ou même disparue depuis longtemps. L'état général du cobaye est excellent. Puis, sans raison apparente, il se met à maigrir sans que se manifeste chez lui aucune de cesmodifications extérieures (tristesse, hérissement du poil, mollesse, œil terne) qui indiquent une atteinte sérieuse de l’état général. Un jour, on le trouve triste, hirsute, et c'est alors qu'apparaissent les accidents ultimes dont l’évolution typique nous est fournie par l'observation du cobaye suivant :
Observation. — Ce cobaye avait été inoculé le 6 mars 1910 avec 0 gr. 05 d'alcoolo diphtérine et avait fait dans la suite une lésion bourbillonneuse typique. Le 22 mars, il se mit à maigrir, passant en quelques Jours de 407 à 379 grammes. Le 2 avril, son état général s'était un peu altéré.
Le », son poids était tombé à 302 grammes, et voici intégralement ce qu'on obscrva :
Très mauvais état général. Poil, hérissé, animal triste ramassé sur lui-même, museau bas, reste absolument immobile. Repoussé d'une chiquenaude, il tombe sur le flanc et se redresse péniblement; transporté sur une table, il demeure sur place, faisant seulement de temps à autre quelques mouvements; à certains moments, il
parait agité, inquiet et se met à tourner en rond, mais tombe souvent sur le flanc, l’arrière-train semblant parésié, puis 1l oscille, devient instable, tombe sans cesse et a de plus en plus de mal à se redresser. Finalement, il tombe complètement, relève la tête et le thorax, agite les membres antérieurs et postérieurs, mais en vain, et reste définitivement couché. Dès lors, l’agitation devient incessante, extrême, accompagnée de polypnée, les pattes battent constamment l’air, le moindre choc sur la table provoque un sursaut brusque et de l'agitation. Peu à peu cependant, l'agitation cesse, marquée seulement par des convulsions intermittentes ; la respiration se ralentit, devient profonde, pénible, l’inspiration surtout. L'animal ouvre largement gueule et” narines, creuse l’abdomen, ramasse le thorax. Les crises s’espacent, la respiration devient de plus en plus pénible. Finalement, l’immobilité reste complète, coupée de rares mouvements convulsifs très ténus et d’étirements au milieu desquels la mort survient. L’agonie a duré plus de deux heures
A l’autopsie, on ne trouve rien d'autre qu’une congestion générale des organes, semblant surtout marquée dans les surrénales.
: Ces accidents apparaissent parfois brusquement, et souvent on trouve morts dans leur cage le lendemain, des cobayes qu’on avait laissés la veille en apparence bien portants.
Quand un cobaye présente les troubles que nous venons de décrire, il meurt le plus souvent. Parfois cependant, mais rarement, il peut guérir après une
phase plus ou moins longue d’altération de l'état général avec amaigrissement, asthénie et apparence de parésie du train postérieur.
La grossesse hâte la terminaison fatale. Le plus souvent d’ailleurs, les femelles pleines avortent. Quoi qu'il en soit, accouchement ou avortement, dans la majorité : des cas, elles perdent rapidement et progressivement du poids et meurent au bout de peu de temps avec des symptômes analogues à ceux décrits.
La pathogénie de cette mort tardive est assez délicate à déterminer. Ces cobayes vivaient en cages par petits groupes ; il n’y a pas eu d’épidémie; ils sont morts à des dates très variables et un temps variable après l'inoculation. On n'a observé aucune mortalité semblable parmi les cobayes « neufs »; la mort n'est pas survenue en série, frappant des séries d'inoculations ; enfin cette façon de mourir où évidemment dominent les accidents bulbaires, n’est pas habituelle chez le cobaye.
Il semble donc s’agir là d'accidents très particuliers, et la fréquence avec laquelle on les observe, la concordance, rare mais constatée, de mort chez des individus inoculés le même jour avec des doses égales de toxine semblable, les mêmes lésions toujours trouvées à l’autopsie incitent à penser que les toxines injectées en doivent être la cause.
On sait que des accidents tardifs peuvent également s’observer à la suite d'injections de doses très faibles -de « toxine soluble », ou surtout de toxine soluble atténuée par la chaleur (Roux et Yersin). |
Aussi tendons-nous à croire, par analogie et d'après
ce que : nous savons de l'affinité de la toxine soluble
pour les lipoïdes, que ces accidents généraux relèvent
de cette toxine soluble adhérente aux graisses diphté-
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riques, toxine atténuée mais non complètement détruite
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