TOXINES PROTOPLASMIQUES
Appliquant au Bacille diphtérique la technique employée par MM. Auclair et Paris pour l'extraction du protoplasma du Bacille de Koch, nous avons pu en extraire de même les substances protoplasmiques. Bien que leur composition soit complexe, nous les avons nommées Diphtéro-Caséine par analogie avec la Bacillo- Caséine, et par simplification. Il vaudrait mieux en réalité les nommer Diphtéro-Protéine.
Pour cette extraction, on pourrait s'adresser directement au bacille vivant ou tué par la chaleur et non dégraissé. Mais l'extraction est beaucoup plus lente et beaucoup moins fructueuse, comme MM. Auclair et Paris l'avaient noté pour le B. de Koch.
Il vaut donc mieux débarrasser préalablement le Bacille diphtérique de ses lipoïdes et l'extraction sera d'autant plus aisée que le séjour dans les solvants aura été plus prolongé.
Les bacilles ayant été filtrés et essorés sur papier buvard ou simplement demi-séchés à l'air, sont mis dans un vase de cristal contenant de l’acide acétique pur. Le tout est porté dans un bain-marie à niveau et température constants et maintenu à 80°.
Yep
Lentement l'acide surnageant se colore en jaune-brun. Au bout de quelques jours, la couleur fonce, brunit, devient acajou et rappelle la coloration de la bière brune. Il faut alors décanter ou filtrer, et ajouter une nouvelle quantité d'acide acétique jusqu'à épuisement.
Les liquides ayant été rassemblés en un ballon, sont versés dans un récipient et étendus de leur volume d’eau froide. Puis on leur ajoute peu à peu une solution concentrée de soude à la chaux jusqu’à réaction neutre. Il se produit un précipité abondant de flocons denses, s’agglomérant bientôt au fond du vase. On pourrait dès lors décanter et filtrer mais il vaut mieux, ayant laissé reposer jusqu'à rassemblement complet du précipité, ajouter dans le liquide clair surnageant, de la solution alcaline goutte à goutte jusqu'à ce que la goutte tombant ne détermine plus de trouble.
Il reste à décanter et à filtrer. Le précipité est lavé sur le filtre à l’eau distillée chaude jusqu’à réaction neutre au tournesol.
MM. Auclair et Paris recommandent alors de laver le précipité successivement à l’alcool à 90°, à l'alcool à 100°, puis à l’éther. De la sorte on obtient un produit pur qu'il ne reste plus qu’à dessécher dans l’étuve. Traitée ainsi, la diphtéro-caséine se raccornit et devient noire ou très brune. |
On peut l’employer ainsi en la pulvérisant dans un mortier d’agate et en la mettant en suspension dans du sérum physiologique.
Mais l'expérience nous a montré qu'il vaut beaucoup