‹ Étude Expérimentale de Quelques Poisons Constitutifs du Bacille DiphtériqueChapitre 32 sur 35 · IV. — Eau distillée 5 centimètres cubes · texte numérisé non relu

IV. — Eau distillée 5 centimètres cubes

Toxine soluble : 20 gouttes.

Alcoolo-éthéro-diphtérine : 0 gr. 40.

Temps de contact à la température ordinaire : 17 heures. Filtration; lavage du filtrat,

ape

N° 474 (Cobaye). — 17 avril. — Injection sous-cutanée de 1/4 de centimètre cube de liquide de filtration. 19 avril. — Mort.

N° 1741 (Cobaye). — 17 avril. — Injection dans le péritoine de 1/5 du résidu lavé.

21 avril. — Mort.

No 174°. — 17 avril. - Injection dans le péritoine de 1/5 durésidu lavé.

Survie.

Ne 4745.— 17 avril. — injection dans le périloine de 1/5 du résidu lavé.

Survie. Mais baissa rapidement de poids jusqu’au 21 avril. (de 325 à 285 grammee).

V. — Dans cette série, l'injection des lipoïdes « toxine soluble », fut précédée de l'injection de 5 centimètres cubes de sérum antidiphtérique récent.

Mise au contact pendant ? heures à 37°8 de Ogr.30 d’alcooloéthéro-diphtérine et de 20 gouttes de toxine diphtérique mélangée à 3-4 centimètres cubes d'eau peptonée.

Filtration simple sans lavage.

N° 175 (Cobaye). — 15 avril. — Injection sous la peau de » centimètres cubes de sérum antidiphtérique d'octobre.

17 avril. — Injection dans le péritoine de 1/5° environ du résidu non filtré. Le

30 avril. — Mort.

N° 175 bis. (Cobaye). — 15 avril. — Injections sous la peau de 5 centimètres cubes de sérum antidiphtérique d'octobre. 17 avril. — Injections dans le péritoine de 1,5° environ du sidu non filtré.

23 avril. — Mort.

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Ainsi donc, de ces expériences, malheureusement

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encore trop peu nombreuses, il ressort que la toxine soluble est capable d'adhérer aux lipoides diphtériques. Ceux-ci injectés dans de telles conditions déterminent d'abord localement la lésion pour ainsi dire normale, que nous connaissons, el c'est un Lemps plus où moins long après que cette lésion locale s'estconstituée, parfois alors qu'elle était en voie de disparition (112), ou même disparue (115) que d'animal meurt assez brusquement. Et à son aulopsie, on trouve la congestion hémorragique des surrénales, toujours rencontrée dans l’intoxication par la « toxine soluble ».

Il y a donc comme un temps d’incubation, très variable d’ailleurs de: 2 jours (115), 4 jours (174), 7 jours (175 bis), 13 jours (175), 3 semaines (113), 1 mois (112).

Une question qui se pose immédiatement est naturellement celle de savoir si ces accidents ne sont pas fortuits; mais leur fréquence, leur apparition à des dates très variables, montrant tous les intervalles depuis les plus précoces jusqu'aux plus tardives, l’enchainement de l'injection à la mort par des lésions locales, comme une escharre énorme relevant évidemment de Faction de la toxine soluble incitent à penser que tous sont dus vraiment à la même toxine. D'ailleurs MM. Roux et Yersin avaient déjà observé des faits analogues à la suite d’injections de toxine atténuée ou en très faible quantité.

Les lavages répétés des résidus de filtration ou de centrifugation permettent d'éliminer comme cause d'erreur la persistance dans les liquides de préparation de quantités de toxine soluble capables de déterminer de

tels accidents.

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S'agit-il maintenant d’une adsorption simple ou d’une combinaison organique? Nous aurions tendance à admettre qu'il s’agit plutôt d’adsorption simple. On connait en effet la faculté d’adsorption de la toxine soluble

aux précipités chimiques (Roux et Yersin). D'autre part, le sérum antitoxique peut neutraliser l'action de cette toxine fixée. :

Cette action du sérum antitoxique esttoutefois inconstante et nous avons vu que, dans deux cas, l'animal est mort, malgré l'injection préventive de sérum antidiphtérique.

Contrairement à ce qu'ont observé Laroche et Grigaut pour les lipoïdes cérébraux, les lipoïdes diphtériquesne semblentpasrenforcerl'action de latoxine soluble.

Les faits d’adsorption de la toxine soluble aux lipoïdes des bacilles diphtériques paraissent d’autant plus intéressants, que cette adsorption semble être un phénomène assez général et s’observe également sur les tissus où les microbes végètent et où ils élaborent leur toxine soluble. C'est ce que nous ont montré des recherches poursuivies avec des tissus divers, des amygdales en particulier.

Ils permettent ainsi d'entrevoir la possibilité, de conceptions nouvelles de la maladie diphtérique comme nous le verrons dans la suite.

Spécificité des poisons constitutifs du d Bacille diphtérique. 3

Les poisons constitutifs du Bacille diphtérique ont- |

ils une aclion spécifique?

Meg

Et d'abord, quelle est la valeur spécifique des lipoïdes diphtériques?

Poser cette question, c'est poser celle de la spécificité des lipoïdes microbiens en général.

Il semble bien en effet que tous les lipoïdes microbiens. (Auclair), et même nombre de lipoïdes non microbiens (lipoïdes du foie, Gérard) possèdent un pouvoir nécrotique constant. |

Là est le fait commun, banal pour ainsi dire, et nous savons bien aujourd’hui, que semblablement, les microorganismes même spécifiques, sont susceptibles de procéder par des syndromes et des lésions banaux dont l’évolution permet seule de juger.

Où la spécificité réside, c’est dans la nature et l’évolution de cette nécrose.

« Si, au lieu d'envisager les réactions toxiques à un moment de leur cycle anatomique, on les considère pendant toute la durée de leur évolution, la spécificité des poisons à détermination locale de chaque microbe apparaît clairement... Les extraits du Bacille de Koch et du Bacille d'Eberth (par exemple), injectés dans le poumon du lapin, produisent à une période déterminée des réac- Lions très voisines: mais si on laisse évoluer ces lésions, les différences apparaissent vite et nettement; pour le poison de la fièvre typhoïde, c'est après une phase de pneumonie catarrhale, le retour peu à peuà l’état normal; pour la toxine de la tuberculose, c'est après un stade de pneumonie catarrhale aussi, la caséification qui s'installe. D'autres toxines sont Llout aussi démonstratives... »

(Auclair, Recherches sur les poisons nuicrobiens).

Pt)

Ce qui est vrai du Bacille d'Eberth, l’est en effet aussi du Bacille diphtérique et nous n'avons jamais observé de caséification pulmonaire à la suite d’injections de lipoïdes diphtériques dans la trachée.

Par contre, le fait particulier des lipoïdes diphtériques nous semble être leur pouvoir fibrino-plastique. Nous l’avons vu, toutes les lésions déterminées par les lipoïdes diphtériques sont riches en fibrine et un ordre de lésions est particulièrement parlant à ce sujet : ce sont les lésions oculaires.

Les protéines diphtériques ne semblent pas davantage spécifiques. Parmi nombre de protéines que nous avons expérimentées, nous n’en avons pas trouvé qui déterminent aux mêmes doses des accidents semblables, mais il est infiniment vraisemblable qu il en existe.

Lipoïdes et protéines n'eussent-ils d’ailleurs aucune spécificité, que leur importance n’en est pas moins très grande et très réelle, puisqu'ils existent en définitive dans les corps microbiens, et que par là même, ils sont

capables d'une action positive encore que banale.

Songe-t-on à nier la toxicité du Bacille diphtérique |

privé de sa toxine soluble ? Cependant il ne détermine

que des actions banales.

NA

Quelle place doivent tenir les poisons constitutifs du Bacille diphtérique dans la détermination de la maladie diphtérique ?

Il serait difficile de le dire maintenant.

Malgré le pas immense fait depuis la découverte de la Loxine diphtérique, il apparait que cette toxine ne saurait à elle seule expliquer toute la diphtérie, et qu'il est des accidents dont la pathogénie intime nous demeure obscure. [Il faut ranger dans ce groupe tout particulièrement les accidents tardifs comme la paralysie diphtérique ou la syncope mortelle de la convalescence.

Il y a évidemment là, des facteurs qui nous échappent et nous ne saisissons pas très bien comment il se fait que des paralysies apparaissent, un mois, deux mois même après une infection diphtérique, alors que le malade était en pleine convalescence, sans que les aceidents paraissent plus particulièrement en rapport avec la gravité de la localisation première.

Notre esprit trop habitué aux réalisations expérimen-

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