AVANTAGES DE LA SUTURE MÉTALLIQUE
Simplification du matériel chirurgical. — Le praticien peu, nous dirons presque doit supprimer de son arsenal toutes les aiguilles à suture autres que l’aiguille Doyen et l'aiguille de couturière.
Dans le service de M. Ricard, il n'existe pas une seule aiguille de Reverdin. M. Ricard fait toute la chirurgie avec la fine aiguille de couturière pour l'intestin, et la grosse aiguille de Doyen pour la paroi et toutes les autres sutures. Nous pensons que la suppression des aiguilles Reverdin et de ses dérivées à chas mobile es! un grand progrès.
Les aiguilles de Reverdin ont à nos yeux deux graves défauts :
tout d’abord, nous ne pensons pas qu'on puisse netloyer et stériliser convenablement une aiguille creuse dans laquelle se meut un chas mobile, surtout quand ces aiguilles ne servent pas tous les jours. Ces aiguilles sont toujours plus ou moins sales, encrassées et rouillées « à l’intérieur ».
De plus, elles sont fragiles, délicates, en raison même de leur perfectionnement et même bien entretenues, à l'hôpital ; elles accrochent, elles cassent, elles sont dures et sur le bouton qui manœuvre le chas mobile, le chirurgien crève souvent son gant, dans un effort.
Nous avons été, comme tout le monde, souvent obligé de nous servir d'une pince, d’un ciseau fermé pour faire jouer un instrument fatigué. Ces considérations, qui paraissent futiles à un chirurgien bien outilié, à l'hôpital ou à la maison de santé, ont une grande importance pour le praticien de campagne qui est obligé à chaque instant d'envoyer ses aiguilles en réparaton.
L’aiguille Doyen, au contraire, toujours propre, toujours facile à nettoyer, toujours stérilisée facilement, ne se détraque jamais et n’accroche jamais; on peut soi-même en aiguiser le biseau émoussé.
Nous croyons que beaucoup de suppurations de parois sont dues à un défaut de propreté d’une aiguille de Reverdin, tandis que rien n’est plus simple que de stériliser l'aiguille Doyen et que de faire bouillir une bobine de fil de bronze dont on coupe la longueur nécessaire, au fur et à mesure des besoins.
Rapidité. — Il faut 5 minutes (au plus) pour fermer une paroi après laparotomie, avec le fil.de bronze. Nous ne pensons pas qu'il soit possible en 5 minutes de refaire une paroi en trois plans, surtout si l’on emploie des points isolés.
Cette considération n’a pas d'intérêt dans une opération nor-
. male.
Mais au contraire nous pensons qu'il peut être fort utile de
gagner 5 minutes — 5 minutes d’anesthésie — quand on ter-
mine une opération longue et grave, quand on opère un blessé exsangue ou un cancéreux cachectique.
Solidité de la suture métallique. — Nous avons vu plusieurs fois, comme tout le monde, des éventrations se produire le troisième ou quatrième jour chez des opérés suturés en trois plans avec le catgut et la soie ou le crin. Cela arrive chez les bronchitiques qui toussent, chez Lous les malades qui vomissent beaucoup, les sutures craquent : on trouve l'intestin dans le pansement (observ. 11).
Nous avons vu mourir une jeune femme un peu grasse dont la paroi avait suinté : il s'agissait d’un fibrome opéré en vingt minutes.
Ces éventrations, heureusement, ne produisent pas toujours un désastre (ex.: notre obs. 11), mais la suture métallique metle chirurgien à l'abri de tels ennuis.
Nous pensons que cette suture métallique est indispensable en chirurgie gastrique et, d’une manière générale, dans toutes les laparotomies sus-ombilicales.
Absence de corps étrangers dans la paroi. — Il n’est pas rare de voir des suppurations interminables résulter de la présence dans la paroi d’un fil perdu non résorbable, crin ou soie. Voici encore un avantage du fil métallique : quand le fil est enlevé, il ne reste « rien » dans la paroi et dans la cicatrice.