‹ Étude Expérimentale De Quelques Poissons Constitutifs Du Bacille DiphtériqueChapitre 18 sur 28 · REPROCHES ADRESSÉS A LA SUTURE MÉTALLIQUE EN UN PLAN · texte numérisé non relu

REPROCHES ADRESSÉS A LA SUTURE MÉTALLIQUE EN UN PLAN

a) On peut pincer l'épiploon ou l'intestin dans l'anse du fil. — Cela nous paraît impossible si l’on opère avec précaution ; il faut en effet que le sommeil chloroformique soit complet et que l'intestin ne vienne pas se mettre entre Îles fils, pour que l’on puisse sans crainte serrer le fil. Et même si le malade pousse, on peut très bien éviter cet accident en plaçant dans le ventre un champ que l’on retire au fur et à mesure qu’on noue les fils. De plus, en opérant « en l’air » avec un bon aide qui soulève énergiquement la paroï, on ne court vraiment aucun risque.

“ b) La suture métallique prédispose aux adhérences pariétoviscérales. L’affrontement est imparfait. — M. Ricard emploie ce procédé depuis très longtemps en ville et à l'hôpital et n’a jamais eu l’occasion de voir une adhérence qu'il fût possible d'attribuër à la suture en un plan.

En effet, le fil fronce la séreuse et accole en revers de redingote les deux lèvres du péritoine et les plans divers de la paroi sont 'parfaitement bien affrontés si on a soin de prendre beaucoup d’aponévrose et de muscle avec l'aiguille, et si le chirurgien a soin de soulever la peau avec ses pinces à disséquer avant l’entortillement du fil. Les lèvres cutanées ne sont pas renverséesen dedans, épiderme contre épiderme, elles sont renversées en dehors derme contre derme; il faut s’en assurer avant de faire le pansement en retournant avec une pince disséquer les points qui avaient tendance à s'invaginer ou à se recouvrir en revers de redingote. Le muscle largement pris est très bien affronté.

c) La peau adhère aux plans profonds. — Nous n'avons pas remarqué que la cicatrice fût plus adhérente après suture au bronze que chez les opérés suturés en trois plans. Nous pensons que la qualité et la beauté de la cicatrice cutanée ne dépendent guère du chirurgien ; en revoyant à longue échéance des malades, il n'est pas possible de dire si tel opéré ayant une cicatrice chéloïdienne et laide a été suturé en un plan ou en trois plans.

L'état physiologique de la paroi est pour beaucoup dans la beauté et la qualité d’une cicatrice. ne . Tel individu maigre et musclé aura une belle cicatrice par le bronze, le catgut ou la soie. Tel autre, obèse, gras, aura une événtration ou une vilaine cicatrice quel que soit le procédé de suture employé. La graisse est l'ennemie du chirurgien.

d) La suture en un plan a le défaut d'être pénétrante. — A la vérité, nous ne comprenons pas quel inconvénient cela peut avoir. Nous né comprenons pas pourquoi cerlains chirurgiens emploient le fil métallique en un plan après avoir soigneusement « fermé » le péritoine, disent-ils, par un surjet dé catgut. Nous allons plus loin, nous ne comprenons pas, avec M. Ricard,

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pourquoi ces mêmes chirurgiens mettent tant de soin, de précautions et de temps à enfouir sous une couche séreuse un: moignon appendiculaire aseptique sectionné au thermocautère ! Cela nous paraît inutile. Si le moignon est septique en effet, il -provoquera aussi bien un petit abcès sous le péritoine cæcal que dans les adhérences que la grande cavité aurait formées autour de lui, et c’est au fond la même chose.

Le péritoine agglutine avec une telle rapidité que le surjet séreux d’une gastro-entérostomie n’est plus visible dès le soir de l'opération. Nous avdns vu des membranes sur une anse intestinale perforée par un couteau depuis moins d'une heure (voir observation 7).

Par conséquent, au bout de quelques heures la portion du fil qui est dans le ventre se trouve engluée, recouverte d’exsudats qui réalisent une véritable exclusion et suppriment jtoute communication, même capillaire et osmotique, le long du fil, entre le pansement et la cavité péritonéale. Ou l'opération est aseptique ou elle est septique. Dans le premier cas 1l n'y a aucun inconvénient à faire passer dans le ventre le fil de bronze que recouvre le pansement. Dans le second cas, ce n’est point un surjet péritonéal au catgut qui empêchera la paroi de désunir par infection, même légère, propagée du péritoine à la paroi.

Il nous paraît invraisemblable d'admettre qu'une infection intra-abdominale puisse se propager le long du fil de bronze et être arrêtée par un surjet séreux de catgut. Et il nous paraît impossible qu'une infection quelconque, venue de l'extérieur, puisse se propager le long du fil, également, au péritoine.

{ Quand il y à un drain, ces objections tombent d'’elles-mêmes. La paroi s’infectera tout aussi bien, s’il y a infection quelque part, après suture en trois plans qu'après suture en un plan.

e) Le fil de bronze coupe la paroi (dernier reproche). — C’est vrai quelquefois, le fil tend à s’éliminer, et la peau, même sans suppurer, macère sous le fil. Quelques badigeons iodés suppriment ce suintement rapidement.

Si vraiment le fil coupe, de deux choses l’une : ou bien le fil

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a été trop serré et provoque mécaniquement une escarre, ou bien il s'agit d'une suppuration. Dans ces deux cas, le procédé employé n'est pas en jeu, il s’agit d’une mauvaise technique ou d'une cause étrangère à la suture.

En résumé, le procédé de la suture métallique en un plan doit être employé :

1° En chirurgie abdominale d’urgence;

2° En chirurgie gastrique ;

3° Chez les malades cachectiques, obèses et chez les blessés graves;

4° Après toutes les interventions iongues.

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