PLAIES DE GUERRE
CA
en traitement: notre ami Giraultn'y vit qu'une seule plaie de l'abdomen. C'était une plaie non pénétrante, en sélon, la balle entrée sous la peau près de l’épine iliaque droite, était logée sous la peau du triangle de Scarpa gauche : il suffit d’inciser la peau pour extraire le projectile qui avait fait «demi-tour » en pirouettant » ; la pointe très aiguë de la balle turque était tournée vers l’orifice d'entrée.
ILestremarquable de constater que pendant un mois deux plaies de l'abdomen seulement furent observées à Uskub par les chirurgiens français el serbes, on peut en conclure que les autres blessés d’abdomen élaient morts sur le champ de bataille ou pendant l'évacuation (qui dura 8 jours en moyenne), car il serait bien invraisemblable d'admettre que dans cette campagne le pourcentage des plaies abdominales par rapport au chiffre total des blessures a été plus faible que d'habitude soit: 3,5 p. 100 (guerre d'Italie 1859, guerre prusso-autrichienne de 1866, guerre franco-allemande 1870-71) (1).
Ce chiffre de 3,5 p. 100 est tellement faible qu'il démontre une fois de plus que les blessés d'abdomen meurent sur place (2), ne sont point vus par les chirurgiens et par conséquent, en réalité, n'entrent point dans les slalistiques diverses qui sont relatives aux blessés et non aux tués.
En résumé, en chirurgie de guerre, il n'existe pas de traitement opératoire des plaies de l'abdomen.
(1) DELORME, Chirurgie de guerre. Vs (2; Mortalité générale (Otis) des plaies abdominales : arme blanche, 59 p. 100 ; arme à feu, 80 p. 100 (Larrey, Sédillot 100 p. 100).