‹ Etude experimentale des canaux semicirculairesChapitre 10 sur 30 · C. Livoa. Manuel de Vivisection. Baillière. Paris · texte numérisé non relu

C. Livoa. Manuel de Vivisection. Baillière. Paris

dedans et en arrière, ainsi que l'enveloppe crânienne, audessous de laquelle on voit par transparence la région de croisement du canal horizontal avec le canal transversal plus petit. Si Ton veut mettre davantage Tos à nu, ce qui est indispensable pour opérer sur le canal sagittal, qui est le plus grand, il faut sur un espace de 2 millimètres séparer, en raclant, l'insertion supérieure du muscle le plus large, en commençant par son bord le plus externe, ou bien, il faut le couper avec de fins ciseaux. Dans les deux cas, il faut en même temps enlever le périoste, de façon à ne pas entamer les fibres musculaires.

Si tout cela se pratique proprement et avec précaution on ne perd pas de sang et la plaie ainsi obtenue suffit pour opérer sur les canaux.

Ce qu'il faut faire aussi sans hémorrhagie, c'est l'enlèvement de la lamelle mince et transparente qui recouvrcv ia cavité formant des cellules osseuses et logeant les canaux.

Cette cavité renferme un vaisseau qu'il faut éviter avec précaution en enlevant la lamelle osseuse qui forme comme le toit. Ce vaisseau sinueux chemine d'abord parallèlement à la partie du petit canal vertical qui est situé au-dessous de la région d'entre-croisement. Il se recourbe ensuite en dedans, puis se recourbe encore une fois en haut ; marche ensuite pendant un petit instant au-dessus de la portion supérieure du canal horizontal. Il faut donc dans cette région, ménager la partie qui forme le couvercle. Le meilleur endroit pour l'attaquer, c'est dans l'angle antéro-supérieur de la croix formée par le canal horizontal et le canal transversal. Il faut pour cela faire pénétrer

dans cet angle Textrémîté aiguë d'une des branches d'une petite pince et faire sauter un petit morceau de Tos. Avec cette même petite pince, on enlève ensuite le reste de cette portion «upérieure, dans les limites tracées par le parcours du petit vaisseau mentionné précédemment, et l'on enlève ensuite les cellules osseuses qui entourent les canaux.

Dans les deux angles antérieurs de la croix, on peut procéder hardiment à l'enlèvement des cellules osseuses, et Ton peut pénétrer assez profondément pour mettre à nu les ampoules. Il faut procéder avec plus de précaution pour mettre à nu les angles postérieurs. Il vaut mieux laisser de côté l'angle postéro-inférieur, parce que là il est presque impossible d'opérer sans hémorrhagie.

Les canaux étant découverts, je me suis toujours servi pour les ouvrir d'une petite gouge très fine et bien tranchante. En plaçant l'instrument parallèlement au canal à ouvrir et en faisant quelques petits mouvements de latéralité, l'opération est très simple et on respecte facilement le ôanal membraneux.

Pour sectionner ce dernier on peut introduire la pointe de très fins ciseaux, ou, après l'avoir tiré au dehors au moyen de petites pinces, faire la section à ciel ouvert. J'ai cependant toujours préféré le sectionner avec la pointe d'un couteau à lame fine introduite dans l'ouverture du canal osseux.

On peut aussi se dispenser d'ouvrir le canal osseux et pratiquer d'un seul coup avec des ciseaux un peu forts, la section du canal osseux et du canal membraneux. La

section faite, on ferme la plaie cutanée avec quelques points de suture.

Expérience N* 1

Section du canal membraneux horizontal droit : quelques mouvements de pendule de la tête dans le p)aa horizontal et autour de Taxe vertical de la tête. Ces mouvements cessent au bout de quelques secondes.

Section du canal membraneux correspondant à gau>che : mouvements de pendule dans le même sens que précédemment mais beaucoup plus violents et plus durables. A ces mouvements de la tête s'ajoutent tantôt des mouvements de manège^ l'animal marchant encercle, soit à droite, soit à gauche, tantôt des tnowoemjents de roue^ Tanimal tournant avec violence autour de Taxe vertical de son corps, h^ perte deVéquilibre est fréquente : l'animal tombe et ne parvient que péniblement à se remettre sur ses pattes. Quand il y parvient il fait des efforts pour maintenir son équilibre en écartant les jambes et quelquefois en s'appuyant sur sa queue. Il arrive ainsi à rester calme et ne-eherche à faire aucun mouvement, mais aussitôt qu'on le fait bouger, les mouvements décrits et la perte d'équilibre reparaissent avec toute leur violence. Quand on essaie de le faire voler, ou bien il tombe à terre comme une masse, ou bien il vole vers le sol en décrivant un cercle.

Le pigeon vomit à plusieurs reprises jusqu'à ce que son jabot est vide. Le nystagmus apparaît quelquefois, soit sous la forme d'un tremblement très rapide et presque imperceptible, soit sous la forme de mouvements plus lents. Un symptôme qui apparut dans ce oas et que j'ai vu souvent chez les pigeons

opérés sur les divers canaux est un bâillement, — le pigeon ouvrant largement le bec— il n'apparaît que deux ou trois fois chez le môme pigeon. Je n'ai pas trouvé ce symptôme mentionné chez les auteurs.

Cette violence des symptômes dura deux heures, puis s'atténua graduellement. Le pigeon étant incapable de s^ nourrir seul, je suis obligé de le gaver à la main pendant deux jours, mais les vomissements se reproduisent quand je remplis trop son jabot.

Le troisième jour le pigeon commence à être maîlre des mouvements de sa tête et arrive, quoique péniblement, à se nourrir.

J'ai souvent observé le phénomène suivant : le pigeon voit bien les grains de blé dans leur petite boîte, fait le mouvement caractéristique pour les saisir, mais pique à côté de la boîte.

Les mouvements pendulaires de la tête ont maintenant presque entièrement disparu, les mouvements de roue n'apparaissent plus, seuls les mouvements de manège persistent et sont très prononcés dès qu'on excite l'animal.

Cet état persista jusqu'au huitième jour, mais en s'améliorant graduellement. Enfin seulement une forte excitation produit quelques symptômes faibles, mais le vol reste défectueux.

Expérience N» 2.

Section du canal (i) transversal droit: quelques mouvements

pendulaires très passagers de la tête de haut en bas et de bas en haut et légèrement obliques de droite à gauche.

1. n s'agira toujours de section des canaux membraneux qui sont les organes importants, les cenaux osseux ne jouant qu'un rôle protecteur f

Section du canal correspondant à gauche: i laires violents de haut en bas et de bas en h horizontal et dans un plan intermédiaire t canaux. A ces mouvements s'ajoutent d< surtout»» arrière, rarement en avant, autoi sal du corps.

Perte d'équilibre, vomissement, nystagmi périenoe n- 1.

Le vol est également très troublé, et se fa ment, la tête étant dirigée en haut, la qu l'oiseau se tourne complètement ou partiell vole en arrière dans cette position.

Au bout de deux heures, les mouvement:

tête s'étant beaucoup calmés, j'ai observé i sur ce pigeon des symptômes de torsion de 1 rimentateurs signalent en général, mais que à une lésion du cervelet et qu'ils n'observer jours après ^opération.

Mon pigeon tournait la léte près de 180« d' ciputen avant, le bec en arriéra et alors, di faisait un mouvement brusque de la tète de retrouvaitla position normale.

Le troisième jour \e pigeon paraît tout à on ne l'excite pas; l'excitation fait naître ( arrière, le vol est encore défectueux, mais il vements pendulaires ni torsion de la tête.

Le siimème jour le pigeon était entièremei vol| seulement il ae blottissait volontiers

Ce même pigeon me servit plus tard poar des expériences de cocaïnisation générale.

Expérience N« 3.

Section des deux canaux sagittaux : mouvements de pendule comme dans l'expérience précédente (dans le plan des canaux quand la section est unilatérale, dans le plan mtermédiaire quand elle est bilatérale) bybc chutes du corps surtout en avant, rarement en arrière.

Les autres symptômes se manifestent comme ci-dessus.

Expérience N* 4.

Section des six canaux : Ici les symptômes sont d'une violence extrême. Les mouvements de la tête se font dans tous les sens, tantôt irrégulièrement, tantôt régulièrement en 8 de chiffre renversé. Le pigeon tombe en avant, en arrière, à droite, à gauche, fait des mouvements de roue, des culbutes en avant, en arrière, ne peut en un mot trouver aucune position stable. Cet état continua pendant trois heures avec de légères variations de violence, puis les symptômes diminuèrent, le pigeon pouvait rester calme tant qu'il était couché à terre, mais la moindre excitation causait un retour de tous les symptômes de la tête et du corps.

Ce n'est qu'au bout de six jours que le pigeon put se tenir sur ses jambes, et encore se tenait-il appuyé sur toute la partie inférieure de celles-ci en s'aidant aussi de la queue.

Les crises de convulsions sont maintenant moins violentes et

ranimai essaie de faire quelques pas. Mais ses progrès sont si lents et mon local si réduit, que je crus inutile de le garder plus longtemps et je le sacrifiai.

Expériences N«« 5, 6 et 7.

Chez un pigeon j'ouvre les deux canaux osseux horizontaux sur une longueur de 3 millimètres environ, je n'absorbe pas la périlymphe et je laisse la plaie cutanée ouverte.

Je fais la même opération chez un autre pigeon mais en ouvrant les canaux horizontaux et transversaux osseux.

De même chez un troisième mais en ouvrant tous les canaux osseux.

Seulement au bout de 3/4 d'heure à une heure ces pigeons oat commencé à manifester les symptômes propres aux canaux membraneux exposés, mais ces symptômes d'abord faibles^ augmentent de force graduellement, mais n'atteignent jamais la violence de ceux produits par la section.

Expériences N** 8, 9 et 10.

Même série d'expériences que les trois précédentes, mais en absorbant de temps en temps la périlymphe avec de petits morceaux de papier buvard.

Les symptômes caractéristiques se développèrent dans ces cas en 20 à 30 minutes, mais comme les autres, ils n'étaient que faibles au commencement, n'augmentant que graduellement, saps çitteindre la violence de ceux produits par la section,

Expériences N*»» 11, 12 et 13.

Même série d'expériences que les précédentes mais cette fois sans absorber la périlympbe et en y dissolvant des cristaux de dirate de magnésie qui sont légèrement plus acides que les cristaux de cblorbydrate de cocaïne.

Ils ont môme l'avantage d'être un peu plus solubles que ce dernier sel. (1 partie dans 2 d'eau).

Les symptômes ne se sont produits qu'en 15 à 20 minutes et encore n'étaient-iis que faibles au début.

J'expose le cervelet sur le côté droit en enlevant le crâne sur une petite surface au-dessus de la ligne occipitale. Je pique légèrement le cortex avec une aiguille, à plusieurs reprises, ce qui ne me donna aucun symptôme. Jinstille ensuite quelques gouttes dune solution de cocaïne à 1 0/0 et, passant Taiguille de la seringue de Pravaz sous le crâne jusqu'à l'autre côté du cervelet, j'injecte également quelques gouttes de la même solution. Aucun symptôme ne se produit encore.

J'essaie alors la solution à 10 dont jinstille quelques gouttes à droite : aucun symptôme.

l/emploi de cristaux de chlorliydrale de cocaïne que j'applique ensuite diri?otement au cervelet ne me donna pas plus de résultats*

l e lendemain matin je trouve le pigeon mort dans sa cage. Lauiv^i^sîe rtH-f îà un Ox^îI.o: sanguin foncé sur les surfaces supèr;eur^> pv>>;erieure et inférieure du oerveleU

En passant l'aiguille sous le cr&ne pour injecter la cocaïne & gauche j'avais ouvert un sinus v

ExPÉaiENCES N'a 15, 16 et 17.

J'Injectai sous la peau du thorax de 3 pigeons le quart d'une seringue de Pravaz d'une solution de cocaïne à 10 0/0.

Chacun a donc reçu deux centigrammes de chlorhydrate de cocaïne.

En deux minutes enviroç les pigeons commencèrent à s'exciter, â remuer leurs aileset leurs plumes, puis à vaciller & droite et à gauche et à tituber comme dans l'ivresse ; il se produisit ensuite desspasmes et de l'opisthotonos, des culbutes en arrière, des sauts etc., puis se manifesta une parésie des pattes qui ne leur permit d'aller en avant que péniblement et aidés de leurs ailes étendues.

Les phénomènes de paralysie s'accentuèrent, les bêtes restèrent couchées à terre les ailes élendues, la respiration très rapide et pénible, les battement du cœur très accélérés.

Jamais ne se produisirent les mouvements de la tète caractéristiques des lésions des canaux semi-circulaires, jamais non plus les mouvements de manège ni de roue. Les culbutes n'ont pas le même caractère que celles obtenues par lalësion descanaux, car elles sont accompagnées, et sans doute produites par un violent opisthotonos.

Expérience N ■■ 18.

Je reprends le pigeon de l'expérience n* i, je lui injecte sous la peau le contenu d'une seringue de Pravaz d'une solution de chlorhydrate de cocaïne à 2 û/0.

J'iDjecte cette quantité en cinq fois, chaque injection faite toutes les cinq minutes.

La première ne l'affecta pas, la seconde le fit vaciller lé gèrement, la troisième produisit une parésie des pattes, la quatrième accentua ces phénomènes; la paralysie des pattes est complète, la bête reste couchée à terre les ailes étendues et respiran très péniblement; quelques spasmes, de 1 opisthotonos, des culbutes.

Après la 5* injection, la respiratiin prend tout à fait le caractère de Gheyne-Stokes, craignant par moments que le pigeon ne soit sur le point de mourir, je pratique la respiration artificielle : petit à petit l'état s'améliore, et finalement la respiration redevient régulière quoique restant rapide.

J^avais donc injecté 2 centigrammes de chlorhydrate de cocaïne. Je fis une nouvelle injection de 1/4 de la seringue de Pravaz de la même solution, c'est-à-dire 5 milligraomies de cocaïne. La respiration s'embarrassa de nouveau, je la reprends artificiellement, mais malgré cela, le pigeon meurt. Il a fallu donc 2 centigrammes et demi pour le tuer.

Ouverture des canaux semi circulaires osseux horizontaux.

Le pigeon mis à terre n*a aucun symptôme, preuve que les canaux membraneux n'ont pas été lésés.

A Taide d'un petit pinceau, d'un petit bout do papier ou de la petite gouge dont je me sers pouro jvrir les canaux osseux, j'introduis dans la périlymphe quelques cristaux dechlorhyd rate de cocaïne. Ceux-ci étant très solubles se dissolvent iiQmé<r

dîatement. Le temps nécessaire à rintroduotîon de la cocaïne est environ de 2 minutes, plus une minute pour défaire les fils par lesquels les ailes et les pattes sont attachées à la table d'opération ; le pigeon mis à terre offre immédiatement et d'une façon marquée les symptômes carastéristiques des canaux horizontaux : mouvements de pendule de la tête dans le plan horizontal et autour de Taxe vertical, mouvements de manège à droite et à gauche, porte d'équilibre, écarlement des jambes, vomissements et nystagmus par moments.

Le vol se fait en cercle.

J'observai le pigeon pendant quelques heures, sans avoir suturé la plaie cutanée.. Les symptômes continuèrent avec la même violence pendant environ une demi-heure, puis s'atténuèrent légèrement : les xciouvemenls 6e pendule sont moins forts, le pigeon se tient mieux en équilibre, mais avec les pattes écartées ; la moindre excitation cependant provoque les mouvements de manège.

Cet état continua pendant trois heures que j'observai l'animal, je ne pus remarquer une diminution nette des symptômes. Je sutura alors la plaie cutanée.

Le lendemain le pigeon, quand il est bien calme, réussite marcher presque comme un pigeon normal, mais aussitôt qu'on s'approche de lui il s'excite, fait des mouvements de manège et quelques mouvements pendulaires de la tête.

Ouverture des canaux transversaux osseux. Pigeon mis à terre ne manifeste aucun symptôme.

J'introduis alors des cristaux dfe cocaïne dans la périlymphe et en quelques minutes se montrent les symptômes très nets : mouvements pendulaires verticaux de la tête, torsion fréquente de la tête de ISO», occiput en bas, bec en Tair ; chutes en arrière, perte d'équilibre et difficulté de se remettre sur ses pattes. Vol irrégulier et souvent sur le dos. Nystagmus.

Aussitôt que j'observai la présence des symptômes, je fermai soigneusement la plaie cutanée. Dans une heure environ les symptômes diminuèrent d'une façon très marquée: très peu de mouvements pendulaires, plus de torsion de la tête, plus de chutes en arrière, le pigeon se remet facilement sur ses pattes et fait quelques pas en avant, le vol est meilleur. Au bout de 4 heures ce bon état persista.

Le lendemain, par inflammation consécutive sans doute, les mouvements reprennent, mais pas très violemment. En 8 jours ils avaient de nouveau complètement disparu, le vol seul persista irrégulier.

Expérience N*» 21.

Ouverture des canaux sagittaux osseux: aucun symQtôme.

Introduction de cristaux de cocaïne dans la périlymphe — en quelques minutes, mouvements pendulaires verticaux delatôte, chutes en avant, quelquefois en arrière.

Vol très compromis, le pigeon jeté en Tair tombe lourdement et tête baissée vers le sol. Je ferme les canaux osseux avec une solution épaisse de gomme arabique, je suture soigneusement la plaie cutanée et je la couvre d'une couche de gomme. Dans une heure symptômes très diminués et en deux entièrement disparus. Cet état se maintint et quand la plaie fut cicatrisée je laissai le pigeon s'envoler au jardin du Luxembourg,

'"^ -*Mp.;;i\- -Tçi^

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Expérience N** 22.

Ouxevi les canaux horizontaux et trausversatcx osseux. Pigeon mis à terre — auc m symptôme. Cristaux de cocaïne introduits dans la péri lymphe. Alors éclatèrent des symptômes marqués de la tête et du corps ; mouvements pendulaires verticaux et horizontaux se combinant souvent pour produire un mouvements en 8 de chiffre renversé o°; niouvementsdemanège et de roue se combinant à des chutes et à des culbutes en arrrière.

J'essaie de fermer les canaux osseux avec une épaisse solution de gomme arabique ; puis je suture soigneusement la plaie cutanée. Dans une heure diminution marqtcée des symptômes, mais ceux-ci ne disparurent pas entièrement.

Expérience N° 23.

Ouvert les siœ canaux. Pigeon à terre — aucun symptôme. Cristaux le cocaïne introduits dans la périlymphe 'le temps de metti e le pigeon à terre et les symptômes violents éclatent semblable s à ceux produits par la section des six canaux (Voir expéri nce n° 4). Je suturai alors la plaie cutanée.

Ce pignen.montre à plusieurs reprises une torsion extraordinairement violente de la tête — il faisait une révolution presque complète de celle-ci, de façon à se tordre le cou, puis le corps était entraîné dans le m^me sens. T/animal ne réussissait pas à se remettre sur ses pattes.

• Nécessairement le vol était complètement aboli. Il se produisit quelquefois du nystagmus, mais il n'y eut pas de vomissements.

Dans une heure environ diminution très marquée des symptômes. Tout a disparu excepté quelques mouvements faible de la tête.

En jetant le pigeon en Tair, on voit que le vol est en partie revenu, et placé sur le dos l'animal recouvre très vite son équilibre sur ses pattes.

Le lendemain, par inflammation consécutive sans doute, les mouvements incoordonnés réapparaissent, et surtout ceux de la tête, mais faiblement.

EXPÉIilENGE N» 24.

Je refis la même expérience que la précédente avec le môme ésultat. Puis je fis inspirer au pigeon du nitrite d'amyle.

Quelques inhalations n'eurent aucun effet sur les symptômes, tandis que des inhalations prolongées produisirent des symptômes d'ivresse, de paralysie.

Expérience N» 25.

Même expérience que n^ 23 et mêmes résultats. J'administre alors par voie hypodermique un centigramme de sulfate de morphine et je fais inspirer au pigeon un peu de chloroforme — il n*y eut pas de diminution des symptômes.

Expérience N* 26.

J'ouvre les canaux horizontaux osseux. Pas de symptômes.

Cocaïne dans la péril ymphe. Symptômes caractéristiques marqués.

Pais section des canaux membraneux;. SymplA.nes pas

mentes.

Expérience N» 27.

Section des canaux horizontaux : SymptAmea cJiracté ques.

Cocaïne: syœptAmes pas diminués.

Expérience N- 28.

Ouvert le cantzl transversal osseux droit et le sagittal i gauche.

Ces canaux sont parallèles et dirigés d'arrière en avant droite i. gauche. Pigeon à terre : pas de symptômes.

Cristaux de cocaïne dans la périlymphe: en deux à trois tes, symptômes marques, chutes en avant et en arrière ài plan des canaux, écartemeut des jambes, nyslagmus, vi sordonné. Mouvements pendulaires de la tèle dans le pis canaux.

Je ferme les canaux osseux avec la solution épaisse degi arabique; je suture la plaie cutanée et je colle contre ell couche de coton nydfophik.

Les symptômes s'atténuèrent d'une façon marquée e heure et en trois avaient complètement disparu ; le vol revint intégralement.

Ce boD état persista pendant plusieurs jours, et devant reslUulio ad integrum, j'apportai le pigeon au jard Luxembourg où je lui rendis la liberté.

Expérience N» 29

Ouvert les trois canatix osseux du côté droit : pas de symptômes. Cristaux de cocaïne dans la périlymphe : dans deux minutes environ, torsion delà tête à droite, chutes du corps en arrière et à droite. Le pigeon marche drpit devant lui, mais le corps penché légèrement sur le côté droit ; il vole également dans la même position. Quand on l'excite il fait des mouvements de manège vers le côté droit, jamais vers le côté gauche.

N'ayant pas de solution de gomme arabique sous la main, je ferme les canaux -avec de la « colle tout » ou « seccotine. » Comme les symptômes ne disparurent pas dans le délai habituel, j'examinai la colle et je la trouvai fortement acide. De l'irritation avait succédé à l'anesthésie, mais il est intéressant d'observer que les symptômes ne changèrent pas de sens»

Expérience N» 30

Section de tous les canaux droits. Mêmes symptômes que dans l'expérience précédente et dans le même sens.

Expérience N° 31

Cocaïnisé le canal sagittal gauche et le canal transversal droit : mouvements pendulaires très violents de la tête dans le plan des deux canaux (qui sont parallèles), c'est-à-dire d'arrière en avant et à gauche. Chutes du corps en avant et en arrière dans le même plan. Perte d'équilibre, grand écarlement des jambes. Vol à gauche, le corps et la tête redressés ou penchés en

avant ; dans cette dernière position il se fait toujours une chute vers le sol.

Je ferme les canaux avec la solution de gomme arable surface de laquelle je vois une formation de moisissure.

Dans une demi-heure environ les symptômes s'alléo

J'ouvre alors les canaux osseux, horizontal et transven chei et je cocaïniEe, Aux symiitômes précédents s'ajoutei ques mouvements pendulaires horizontaux de la tête de gauche, quelques mouvements de manège toujours vers che et des chutes sur le côté gauche. Vol vers la gauc lement. Pas de nystagmus.

Je ferme les canaux avec la gomme et je colle contre ture de la plaie cutanée du coton hydrophile.

Dans une demi-heure environ, diminution des aym mais ceux-ci ne disparaissent pas entièrement. J'exaa solution de gomme que je trouve fortement acide. L'ir consécutive était évidemment la cause de la persista eymplômes.

Gomme dans l'expérience n° 29 l'irritation ne change sens des mouvements.

Expérience N° 32.

Ouvert le canal osseux sagittal droit et le transversal

Section des canaux membraneux. Mouvements idi

aux précédents mais seulement vers la droite au liei

vers la gauche. Nystagmus très net, écartement des jat

Je ferme les canaux avec la solution de gomme que de neutraliser préalablement.

Les symptômes iipinuent très nettement dans une demiheure environ.

Puis je cocaïnise les canaux horizontal et transversal droits.

Je ferme les canaux osseux avec la gomme.

Aux mouvements précédents s'ajoutent des oscillations pendulaires horizontales de la tête de gauche à droite, quelques mouvements de manège à droite. Vol comme dans l'expérience précédente, mais à droite.

Les mouvements volontaires à gauche sont coordonnés, ceux à droite ne le sont pas. Aussitôt qu'on excite Tanimal à faire un mouvement vers la droite, ce mouvement dépasse le hut, le pigeon est entraîné dans un mouvement de manège ou de roue.

Quand on ne Texcite pas et qu'il essaie de marcher, il est évident qu'il fait des eflorts pour ne pas tourner à droite.

Les canaux gauches l'aident à compenser.

Dans une demi-heure environ ces symptômes ajoutés diminuent très sensiblement et dans une heure ont disparu. Et comme la section des canaux transversal d'un côté et sagittal de l'autre produit des symptômes peu durables, le pigeon ressembla bientôt à un pigeon normal. Il n'y a que le vol qui resta défectueux.

Dans quelques heures j'ouvre de nouveau la plaie et je sectionne les canaux horizontal et transversal droits. Les symptômes qui avaient cessé recommencent dans le même sens, mais sont très passagers, les canaux, gauches ayant déjà appris il compenser.

Avant de terminer ce chapitre je désire informer le lecteur que j'ai entrepris un certain nombre d'expériences

non décrites ci-dessus. Quoiqu'intéressantes en etlesmémes, elles manquaient peut-être un peude cette rigueur que l'on doit apporter aux recherches scientifî^ues.

Je ne puis cependant pas résister au désir d'en dire quelques mots.

D'abord, avant d'être arrivé à l'emploi des cristaux de chlorydrate de cocarne dissous directement dans la périlymphe, j'avais essayé l'efTet des solutions de cette substance, de I à 20 0/0, et comme moyen de contrôle, c'està-dire pour m'assurer que les symptômes n'étaient pas dûs à l'acidité de la cocaïne, j'avais employé une solution faible d'acide chlorhydrique. Mais j'abandonnai l'usage des solutions, vu les causes d'erreur auxquelles cette méthode exposait. En elFet, pour introduire ces solutions au contact des canaux membraneux, il me Fallait d'abord absorber la périlymphe avec un petit morceau de papier buvard. Or, je m'aperçus qu'en absorbant une petite quantité de la périlymphe, celle-ci était si rapidement remplacée que mes solutions n'arrivaient guère au contact des canaux membraneux; ou bien alors les symptômes ne se produisaient pas, ou ils se produisaient trop tardivement pour me permettre de conclure qu'ils étaient bien dûs à l'anesthésie et non pas à l'irritation du milieu ambiant. Si, au contraire, j'absorbais abondamment la périlymphe, il était à craindre, soit que le liquide cérébro'spinal, remplaçant cette périlymphe, ne produisit une décompression centrale et des symptômes centraux, soit que les solutions, pénétrant dans les-différentes parties du labyrinthe, ne localisassent pas leurs effets sur les canaux et leurs ampoules.

A part la cocaïne, j'iad essayé Tanesthésie locale par la vaporisation de chlorure d'éthyte. Les symptômes ont toujours été très nets, mais si fugaces qu^il était à peine possible de les observer. De phis if était très difficile de localiser l'effet du chlorure d'éthyle.

Considérant le fait que les symptômes produits par la cocaïne disparaissent en quelque temps quand on a soin, aussitôt après l'opération, de soustraire les canaux à l'irritation du milieu ambiant, je songeai à tenter la cocaïnisation du labyrinthe par la voie de l'oreille externe, écartant ainsi, en même temps que l'irritation du milieu ambiant, une opération sanglante.

Je me mis donc à la recherche, par Tétude de l'anatomie de Toreille du pigeon, d'une méthode pour injecter des solutions de cocaïne dans le labyrinthe.

Je trouvai la paroi interne de la caisse du tympan divisée en deux parties par une crête saillante — crête supé-rieure presque horizontale dans la position normale de le tête. La partie supérieure contient un trou qui communique avec des cavités osseuses semblables aux cellules mastoïdiennes.

La partie inférieure est divisée elle aussi en deux parties — je dirai deux secteurs, l'un antérieur, l'aulre postérieur, par une seconde saillie osseuse ou saillie inférieure dirigée en arrière et en bas, plus profonde et moins épaisse que la première et formant avec elle ua angJLe d'environ 50 degrés.

Dans 1^ secteur postérieur il y a un» second trou dia«» lequel vient s'insérer la columelle, osselet unique de

l'oreille moyenne du pigeon. Ce trou correspond donc fenêtre ouate de notre oreille moyenne.

Avec un miroir frontal on peut éclairer la membran du tympan, l'inciser dîins sa partie postérieure, maïs j n'ai pu parvenir à éclairer la fenêtre ovale en même temf que j'y introduisais l'aiguille de la seringue de Pravaz,

Mais en me passant de la lumière voici comment je m' prends. J'introduis, en tâtonnant, la pointe de l'aiguir dans le secteur antérieur, je la promène en haut et e arrière sentant d'abord la résistance de la première crêtt puis celle de la seconde en arrière. Tout en appuyât Taiguille contre cette dernière on la tire doucement vei soi et subitement on sent qu'elle fait un petit saut e arrière par dessus la crête.

La pointe est maintenant dans le secteur postérieur a voisinage de lafenêtreovale.AIors sans retirer la pointe,! l'on dirige la seringue en avant de façon àlarendre près r^«e parallèle à l'axe antéro-postérieur de la tête, on seul après un peu de tâtonnement, l'aiguille s'enfoncer dan la fenêtre ovale.

Pour ne pas piquer le labyrinthe membraneux j'émouss préalablement l'aiguille.

Mais les désavantages de cette méthode sont grands D'abord ou travaille dans l'obscurité et, comme les condi lions anatomiques ne sont pas rigoureusement les même chez tous les pigeons, la recherche de la fenêtre ovale es rendue souvent infructueuse. Ensuite on ne localise pa PelTetà un nombre limité de canaux que l'on veut étudier

Voici le résultat d'une expérience faite par cett méthode.

J'injecle par la fenêtre ovale des deux côtés au moyen d'une seringue de Pravaz à aiguille mousse deux gouttes d'une solution de cocaïne à lOC/0 (en tout environ 1 centigramme de sel).

En quelques minutes symptômes très marqués : mouvements pendulaires de la tête en tous sens, mouvements de manège et de roue, culbutes, vol aboli.

En une demi-heure environ, quand ces violents symptômes se sont atténués, le pigeon se tient assis sur sa queue, le corps et la tête redressés. Quand on l'excite, les mouvements et les culbutes reprennent. Cependant ces symptômes s'atténuent graduellement et en deux heures et demie à trois heures, ils ont entièrement disparu, le vol est redevenu normal.

J'ai cependant rintention de continuer mes recherches sur les fonctions du labyrinthe et je crois que cette méthode d'injections par là fenêtre ovale pourra éclaircîr quelques points obscurs.

J'étendrai également mes expériences avec la cocaïne à d'autres animaux, comme par exemple les lapins, chez lesquels le développement des muscles oculaires permet de faire l'étude si intéressante du nystagraus.

Ce travail n'est donc que l'entrée en matière d'une étude pKis étendue que j'espère avoir le loisir de poursuivre.

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