III. — EXPÉHIEJ^CES DE L'AUïï^EUR
Dans ce chapitre je donnerai mes expériences non pas dans Tordre où elles ont été faites, mais dans leur ordre logique, c'est-à-dire en commençant par les expériences qui écartent les causes d'erreur ou qui répondent aux objections que le sujet fait naître.
Daus les recherches expérimentales ce n'est souvent que tardivement que les causes d'erreur se suggèrent à Tésprit ou que les objections sont adressées ; force est donc d'écarter les premières et de répondre aux secondes par de nouvelles expériences. Cet ordre serait intéressant à suivre, car il donnerait les étapes successives par lesquelles on a passé en montrant comment on a été amené, tout en allant, à perfectionner ses méthodes et sa technique. Mais un ordre logique est plus conforme à l'esprit scientifique et par conséquent, c'est à lui que je m'arrête.
Je ne décrirai qu'une partie de mes expériences, car chacune a été répétée un certain nombre de fois avec des résultats à peu près identiques. La description de toutes formerait donc un exposé inutile, volumineux et d'une lecture fastidieuse.
Je commencerai d'abord par les expériences de Flourens, c'est-à-dire par la section des canaux, pour pou- Kœnig 6
-Savoir comparer les phénomènes ainsi produits avec ceux que me donneront la cocaïnisation.
Voici le procédé opératoire tel que le décrit de Cyon (i) et tel que Livon (2) Ta reproduit :
Le pigeon étant fixé, on coupe les plumes sur la partie postérieure du crâne avec des ciseaux courbes ; puis on divise la peau sur la partie médiane, en faisant attention de ne pas léser les petits vaisseaux sanguins qui sont sous la peau, dans la ligne de jonction des muscles des deux moitiés de la tête. Pour éviter plus sûrement cette lésion, on forme un pli transversal avec la peau que Ton incise au moyen des ciseaux, ou bien on fait glisser la peau sur le dessus de la tête, et on la sectionne avec le bistouri. Les muscles qui s'insèrent à la partie postérieure de la tête sont riches en vaisseaux, et leur lésion amène des hémorrhagies, surtout vers la partie médiane ; aussi fautil pour éviter la perte de sang ne pas se rapprocher de la ligne médiane, ni léser les muscles plus loin de 3 à 5 millimètres au-dessous de leur insertion supérieure.
Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de pénétrer jusqu'à l'os entre le bord externe du muscle large de la nuque, et le bord interne d'un muscle plus mince qui « s'insère tout près du premier. ,
Cette limite se trouve nettement indiquée par une bandelette blanchâtre. Avec une pointe mousse, on sépare avec précaution les deux muscles l'un de l'autre, on pousse doucement le bord externe du muscle le plus large en
i. De Cyon. Metkodik der pkysiologischen Expérimente und Vivisection. Pétersbourg et GiesscD, 1876.