Ouvrage cité
Je Tai modifiée cependant légèrement pour la mettre en accord avec les idées les plus récentes de Déjerine., Russel et autres.
Le nerf vestibulaire, par un grand nombre de fibres, pénètre directement dans la moelle allongée et se dirige d'avant en arrière, laissant en dedans l'olive supérieure (OS), le noyau du facial (VII), la racine descendante ou sensible du nerf trijumeau (V), en dehors le corps restiforme (CI\), ou pédoncule cérébelleux inférieur. Arrivé au niveau du noyau de Deiters (D), il se divise en une branche ascendante et une branche descendante. La branche ascendante se termine rapidement dans le noyaude Deiterset le noyau de Bechtcrew. La branche descendante^ beaucoup plus longue et compacte, se termine dans une longue colonne de substance grise, le noyau interne (I).
Sala et Edinger n'admettent pas ces rapports de la racine antéro-interne avec les noyaux cités.
Bechterew^ et KôUikeî*, au contraire, les affirment nettement dans leurs dernières éditions. D'après Edinger, d'autres fibres se détachent du nerf, traversent le corps restiforme et parviennent en le suivant dans le cervelet jusqu'aux noyaux du toit (T) et au noyau globuleux (G). Ce faisceau n'est pas admis par tous les auteurs (Bechterew).
Cependant Cajal a confirmé les observations de VanGehuchten qui, dans ses recherches sur la structure de la protubérance annulaire chez l'embryon du poulet, a semblé voir qu'un certain nombre de fibres de la branche ascendante prenaient plutôt une direction horizontale pour se rendre dans le cervelet. Cajal a pu, eu effet, poursui-
vre ces branches horizontales à travers le noyau de Bechterew, jusque dans le noyau du toit du cervelet.
D'ailleurs Baginsky, en sectionnant chez le chat et le lapin la racine antéro-interne de l'auditif, a observé comme conséquence une atrophie partielle du corps restiforme correspondant.
Mais il ressort nettement de toutes les études anatomîques faites à ce sujet, que le nerf vestibulaire est avant tout cérébelleux. En effet, après son interception dans le noyau interne, dans celui de Bechterew et surtout dans le noyau de Deiters, on voit partir, mais surtout de ce dernier, un important faisceau qui se dirige vers le vermis supérieur (V S) du cervelet. Bonnier fait de ce faisceau l'homologue du faisceau cérébelleux direct de Flechsig, qui des cellules de la colonne de Clarke remonterait vers le même vermis supérieur. Mais je ferai remarquer que tous les auteurs anglais, Ferrier, Turner, Russell, etc, sont d'accord qu'il n'existe pas de faisceau direct descendant sans interruption du cervelet dans la moelle épinière. Marine sco constata sur leurs préparations que leurs preuves sont indiscutables (1).
Du noyau de Deiters partent encore deux faisceaux cérébelleux, l'un vers rembolus{E) et le corps dentelé (CD), l'autre vers le noyau du toit (T) du même côté et vers celui du côté opposé. Du noyau de Bechterew (B^ et du noyau interne (I) partent aussi des faisceaux qui se rendent aux noyaux du toit des deux côtés.
Du noyau de Deiters et du noyau interne partent deux
1. G. MariDcsco. 2ndc lettre d'Angleterre Semaine Médicale, 27 mai
lias.
faisceaux qui se fusionnent, traversent la ligne médiane pour gagner Tanse latérale et de là le lobe pariétal. (Bechterew).
Dans le bulbe le noyau interne (I) est en rapport avec le noyau du glosso-pharyngien (IX), avec celui du pneumogastrique (X) ; mais ce qui est de la plus grande importance, ce sont les connexions avec les noyaux des nerfs oculaires . Un faisceau part du noyau de Deiters et un autre du noyau interne, qui aboutissent au noyau de Fabducens (VI), et par celui-ci peuvent intervenir dans toute Toculomotricité réflexe, grâce aux connexions des noyaux oculomoteurs entre eux. D'autre part, Thomas a décrit des fibres allant du noyau de Deiters aux noyaux de Foculomoteur commun du côté opposé (III).
Held a pu suivre aussi des fibres allant du noyau interne jusqu'au noyau du facial.
Déplus, du noyau interne et du noyau de Deiters des fibres gagnent tolive supérieure (OS), etEdinger a décrit un faisceau unissant celle-ci au noyau de rabducens(VI). Quant aux connexions de l'olive supérieure avec le cervelet, tout ce que Ton sait, selon Van Gehuchten, c'est qu'après la destruction d'un hémisphère du cervelet, on observe l'atrophie de l'olive du côté opposé du bulbe.
Du vermis supérieur, rendez-vous des fibres vestibulaires cérébelleuses, des fibres gagnent l'olive cérébelleuse ou corps denté (CD), puis le pédoncule cérébelleux supérieur puis le noyau rouge (NR) du côXé opposé et, selon Russel, des deux côtés.
M. et Mme Déjerine (i) ont démontré qu'il n'y apas de connexion directe entre le pédoncule cérébelleux supérieur et la corticalité cérébrale, le noyau rouge étant 1" en connexion indirecte avec la corticalité par l'intermédiaire de la couche optique (TH) au moyen de deux neurones 2° en connexion directe par un neurone cortico-rubrique.Il résulte donc de l'ensemble de leurs recherches que la voie cérébro-cérébelleuse qui passe par le noyau rouge et le corps denté du cervelet est, contrairement à l'opinion de Meynert, Flechsig et Hôsel, non pas une voie directe, mais une voie indirecte composée au moins de trois neurones : un neurone supérieur^ cérébral ou cortico-rubrique, constitué par les radiations du noyau rouge, un neurone moyen ou rubro-cérébelleux, constitué par le pédoncule cérébelleux supérieur, et un neurone inférieur ou cérébelleux, représenté par les fibres qui relient l'olive cérébelleuse (CD) à l'écorce cérébelleuse.
Un autre neurone (3* n) qu'on pourrait nommer « médullo-thalamique » unit les noyaux de Goll et de Burdach au thalamus, et, au moyen de celui-ci, à l'écorce pariétale.
De plus, du noyau interne et du noyau de Deiters partent d'autres systèmes de fibres, qui s'entrecroisent en avant du raphé, passent de l'autre côté, se mêlent aux
fibres ascendantes méduUo-thalamiques et aboutissent à l'écorce pariétale.
Quant à la position des noyaux internes, de Bechterew et de Deiters, lo V interne (I) (Clarke, Meynert, Huguenin) s'étale sous le plancher du quatrième ventricule, au-des-
I. J. et Mme J. Déjerine « Sar les connexions da noyau rouge avec la corticalité cérébrale ». C-R. Soc. de Biologie, 1895.
sus du noyau sensitif des nerfs vagues (X), qu'il conti-nue d'ailleurs en dehors, s'étend au-dessus des noyaux du glosso-pharyngien (IX) et du vague (X) à mesure qu'ils s'enfoncent et atteint presque les noyaux de l'hypoglosse en dedans, recouvrant les noyaux de l'abducens (VI) et du facial (VII) placés au devant de lui. Sa partie voisine du raphé forme les petits noyaux innominés de Clarke.
2° Le noyau de Bechterew (B) est situé 'en arrière du corps restiforme (CR), en dehors du noyau interne.
3' Le noyau de Deiters (D) est placé en dedans du corps restiforme et en avant du noyau interne.