II. — HISÏÏEORIQUE
rdant t'étude de lliistorique des fonctions du >, je me sentis accablé sous le p<nds de ma tâincnn sujet de physiologie n'a donné lieu à plus ches, à plus d'expériences, à plus de discus-
ibre d'auteurs qui y ont pris part s'élève au ent quarante cinq ; de sorte que pour recueille bibliographie et parcourir toute la littérature sdlu plusieurs années d'un labeur assidu. Le il m'a été permis d'accorder à mes expériences dacll^n de ma thèse ayant été comparatiTement Taillis tomber dans le découragement devant iture beaucoup pins vaste que je ne m'y atten-
ais ne jamais pouvoir donner on historique et ^graphie aussi complets que je l'eusse voulu, t la chance 6t tomber entre mes mains un excelle de M. L. \V. Stern în « Arehio, fur Ohrenï » de nov. 1895, qui est une bibliographie dn ordre chronologique jusqu'au mois de juillet ni contient un Index alphabétique des noms d'auplus — et c'est ce qui donne une grande valeur >, — Tautenr après le litre de chaque ouvraurne en quelques mots tes conclusions. Cette
bibliographie devient donc un historique résumé du sujet. Je la traduirai, avec la permission de Tauteur, j'y ajouterai quelques articles qui ont été omis ou qui ont- paru depuis Tannée 1895 et j'en ferai la bibliographie de cette thèse. Comme historique elle eût été un résumé insuffisamment clair pour ceux qui n'ont pas étudié cette question de près, mais elle me permettra de ne développer dans cet historique que les théories principales, celles dont l'influence a été grande et qui ont réuni le plus de suffrages.
L'historique s'ouvre par un nom français que je ne citerai que pour mémoire. En effet, Du Verney en 1683 compara chaque canal semi-circulaire à l'ensemble de deux trompettes courbes et abouchées par leur embouchure et dont les différentes sections correspondraient à des sons de hauteurs différentes venant y résonner. L'idée a le seul mérite d'être amusante.
II faut faire un saut de plus d'un siècle pour arriver à S'carpa qui, en 1789, émit l'hypothèse que les canaux semicirculaires étaient l'organe destiné à recueillir les sons transmis par le crâne.
Quelques années plus tard, en 1802 Autenrieth lit des canaux Porgane de rorientation auditive.
Mais il faut arriver à l'année 1824, alors que l'expérimentation scientifique commençait à faire ses preuves et à détrôner la méthode purement spéculative, pour voir entrer dans l'arène le célèbre physiologiste français qui fit faire le premier pas important dans l'historique des canaux semicirculaires— j'ai nommé Flourens. Ses expériences furent faites sur des pigeons et des lapins et leurs résultats, con-
firmes par la très grande majorité des physiologistes, sont les suivants : La section ou la piqûre des canaux semicirculaires ne détruit pas rouïe^ mais produit des troubles de Fèquilibre^ surtout quand la lésion est bilatérale. Les mouvemeats de pendule de la tête dans la direction du plan du canal lésé sont très caractéristiques. Si l'on coupe les canaux horizontaux^ Tanimal tourne la tête alternativement à droite et à gauche ; de plus, il ne peut marcher droit, mais tourne en cercle — mouvement de manège de Flourens. Les mouvements de la tête ont lieu surtout quand Tanimal va exécuter un mouvement; quand il est au repos, ils sont moins prononcés. Ces phénomènes peuvent durer des mois.
La section des canaux transversaux produit un mouvement bien marqué de la tête de haut en bas, et l'animal lui-même tombe fréquemment en avant ou en arrière.
La section des canaux ^agr^V/awj? produit également ces mouvements de la tête de haut en bas, et l'animal tombe souvent en avant.
Quand tous les canaux sont coupés, des mouvements de pendule variés de la tête se produisent et la station debout est souvent impossible.
Flourens revint en i842 sur ces expériences et fut frappé, de la violence avec laquelle s'effectuaient les mouvements désordonnés de la tête, du corps et des membres.
11 fut amené par cette constatation à définir l'appareil des
canaux Y organe périphérique dans lequel résideraient les
forces modératrices des mouvements^ les forces coordina^
trices appartenant au cervelet et le pouvoir excitateur
au cerveau.
Flourens divisa donc le nerf acoustique en deux nerfs distincts, le nerf cochléaire pour le limaçon, ou nerf auditif propre, et le nerf des canaux semi-circulaires^ présidant à la modération de la force excito-motrice et par suite à la coordination motrice et à l'équilibre.
Harlessy en i846,confirma les expériences de Flourens et soutint que les symptômes observés ne dépendent nullement de sensations auditives.
Schiff^ en 1859, s'éleva énergiquement contre la théprie de Flourens et se refusa à admettre la division du nerf auditif en deux nerfs distincts. De plus il nia le fait observé la même année par Brow^n-Séquard sur la production des troubles moteurs après la lésion du nerf auditif.
Brown-Séquard, en I860, incline vers l'interprétation des phénomènes de Flourens par un vertige auditif quoiqu'il n'admette pas que les canaux semi-circulaires soient directement engagés dans la production des mouvements désordonnés; ceux-ci pour lui seraient dûs à une action réflexe par irritation de certaines fibres contenues dans le nerf vestibulaire.
Mais, l'année suivante, les faits cliniques viennent corroborer les données expérimentales. P. Ménière, directeur de l'Institut des sourds-muets de Paris, publia dans la Gazette Médicale de nombreuses observations d'une maladie de l'oreille interne donnant lieu à des symptômes de vertige, nausées et vomissements, incoordination, bourdonnements, suivis tôt ou tard de surdité. Dans le cas d'une jeune fille ayant eu une suppression brusque des règles « a frigore » suivie des symptômes cités et
qui mourut en quelques jours, Tautopsie révéla la présence dans les canaux semi-circulaires d'une masse plastic que rougeâtre Les autres parties de l'oreille interne étaient intactes.
La même année que Ménière fit cette observation concluante, Hillairet présenta à la Société de Biologie une note sur les « lésions de Foreille interne^ action réflexe sur le cervelet et les pédoncules ».
En 1862, Vulpian et Signol présentèrent à la Société de Biologie l'observation d'un coq, qui, dans une lutte, ayant reçu un violent coup de bec sur la tête, éprouvait des vertiges avec propulsion fen avant, mouvements rotatoires de gauches à droite, et qui à l'autopsie présentait une nécrose du temporal droit, et une destruction complète des canaux semi-circulaires du même côté.
Bn 1866, dans ses « leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux » Vulpian attribue les troubles consécutifs à la lésion des canaux à uii désarroi auditif. Il se rapproche donc de l'idée deBrown-Séquard.
GoltZj en 1869-70, reprit les expériences de Flourens et fit des canaux semi-circulaires Vorgane de F équilibre. Il essaya de préciser la manière dont ces canaux peuvent prendre part au maintien de l'équilibre du corps. Ils ne serviraient, selon lui, (]^ indirectement à cet équilibre, en ayant pour fonction directe de ne maintenir que l'équilibre de la tête.
L'endolymphe exercerait une 'plus forte pression sur les parois des ampoules y quand dans les mouvements de la tête ces ampoules se trouvent situées plus bas. Cette pression exciterait les nerfs des ampoules, et les sensa-
__ 49 — tions produites par cette excitation serviraient à équili brerla tête. Les mouvemenls désordonnés du corps obseï vés chez les pigeons après la lésion des canaux seraiei donc secondaires.
En i872, BGttcker et Lussana prétendirent que la se< lion des canaux /«iVe avec soin ne produisait aucun trot hle de l'équilibre; que les phénomènes obtenus par h expérimentateurs étaient dûs au traumatisme et à l'arri chement des fibres des pédoncules cérébelleux par Ira' tion sur les canaux et le tronc nerveux. Ces objection motivées par !a technique opératoire de Goitz, ne peuvei plus (Hre soutenues. Dans le chapitre de la discussion noi verrons quelle est leur valeur,
Lœwenberg, en 1873, exécuta un grand nombre d'e périences sur des pigeons, surtout sur le canal horizoï lai et le transversal.
Il ne se borna pas, comme Flourens, à de simples 1 sions de ces canaux; il les excitait tantôt mécaniquemei lantiM chimiquement. II fit aussi une série d'expérienc dans lesquelles, en même temps que les lésions des c naux, il produisait des lésions des différentes parties cerveau. Il répétait les mômes expériences pendant narcose. 11 arriva aux conclusions suivantes :
1° Les trouldes de locomotion produits par la lésion d
canaux sont dûs à une excitation 'et non à une paralys
'}.' L'excitation des canaux produit les mouvements ci
vulsifi par voie réflexe, sans aucune participation de
conscience.
3" La transmission de cette excitation réflexe se 1 dans les couches optiques.
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Mack, en 1873-74-75, fit chez les animaux et chez l'homme l'étude expérimentale très variée du vertige rotatoire que Purkinje avait déjà expliqué par des perlurhalions mécaniques produites dans le cerveau. Il plaçait la personne en expérience dans une chaise qu'il pouvait incliner à des angles dilTérents ; cette chaise elle-même était placée dans un cadre qui tournait autour d'un pivot. Tout l'appareil est enfermé dans une grande cage en papier de façon à masquer au sujet la vue des ohjets extérieurs.
Si on imprime au corps un mouvement de rnlalion rapide, il arrive un moment où l'on ne sent plus cette rotation ; ce moment a lieu quand la rotation devient uniforme. Le mouvement de rotation n'est senti que lorsque la rotation s'accélère ou est retardée ; il en est de même dans les mouvements passifs de progression.
Mach en conclut que nous sentons, non la vitesse du mouvement communiqué, mais uniquement les accélérations angulaires (rotation) ou rectiUgnes (progression) de cette vitesse.
A cette sensation fait place, quand on ralentit et sur tout quand on arrête brusquement la rotation, une sensation de rotation dans unj direction opposée et, si l'arrêt est très brusque, il y a du mal de tête, des nausées, et il semble que la tête tourne avec difficulté dans une sorte de bouillie épaisse.
Celte sensation de contre-rotation disparaît quand on remet l'appareil en mouvement dans le même sens que primitivement.
En outre, un fait à noter, c'est que la sensation de ro-
tation persiste un certain temps après la disparition de l'excitant (accélération angulaire) ; il y a donc pour ce« sensations, comme pour celles de la vue et de l'ouïe, une sensation consécutive.
Pour ces sensations de rotation, Mach démontra que la position de la tête joue un rôle essentiel dans l'appréciation du seni de la rotation. Ainsi, pendant que l'appareil est en train, si on incline la tête, la rotation de tout le corps nous paraît se faire suivant l'axe de la tête. Ce qui prouve bien qu^c c'est l'inclinaison de la tête qui joue le rôle prépondérant, c'est qu'en imprimant des mouvements oscillatoires au tronc, la tête restant immobile, ces illusions du mouvement n'ont pas lieu et le vertige ne se produit pas.
Les sensations consécutives à une rotation passive déterminent des mouvements de sens opposé au sens de la rotation présumée.
D'après M. Beaunis (i), il s'agirait là probablement de sensations très complexes et dont l'analyse serait presque impossible à faire à cause du grand nombre de conditions qui se trouvent en jeu. Nous verrons cependant que M. Delage y est parvenu.
Cependant pour M. Mach, il y aurait six sensations de rotation dont chaque paire répondrait à des directions opposées ; l'organe de ces six sensations serait les six ampoules des canaux semi-circulaires.
11 conclut :
!• Que les phénomènes de Flourens et ceux de Purkinje sont produits par les mêmes causes.