Les organes latéraux, chez quelques Invertébrés
maïs surtout chez les Cyclostomes, les Poissons et les Amphibiens, sont des différentiations épiderraiques, des sortes de papilles, qui sont distribuées selon deux lignes latérales à la surface du corps; d'autres lignes sont situées sur la tête et leurs organes sont orientés dans toutes les directions.
Ces organes perçoivent :
La pression et les variations de pression du milieu ambiant (perceptions baresthésiques) ;
Ces mêmes variations quand elles deviennent rapides et périodiques, perception des ébranlements (fonctions selsesthésîques).
Ils analysent l'incidence des ébranlements {orientation objective) ainsi que la distribution des variations de pression à la surface du corps selon les variations d'attitude, les mouvements et les déplacements de l'animal {orientation subjective).
Enfin, la résistance du milieu inerte au mouvement de l'animal qui se déplace {sens de Paccélération).
L'oreille n'est qu'un développement admirable de ces mêmes organes latéraux et les fonctions labyrinthiques dérivent des fonctions de ces organes.
5° Les organes labyrinthiques sont des appareils otocysliques dans lesquels Y inertie du liquide va peu à peu jouer le principal rôle dans la physiologie de l'organe.
M. Bonnier étudie les différentes formes d'appareils labyrinthiques en passant des simples aux complexes.
C'est ainsi qu'il passe du labyrinthe du Céphalopode, la eiche, qui fait la transition la plus directe entre l'oto-
— 7Ô — cyste des Mollusques et l'oreille des Vi labyrinthes auriculaires propreinent dits.
L'auteur conclut de ses recherches que l'i canaux semi-circulaires sont l'organe périf cipal de V orientation subjecti.ve directe, • faculté pour l'animal de reconnaître son atti milieu, son attitude par rapport à la pesant* fi cation s de son attitude, les mouvements pa du segment qui porte les organes auriculaîi tion, le sens et la durée de ces mouvements mot, la source sensorielle directe de l'exerc bration réflexe ou voulue. Pour lui, les donneraient aussi bien les sensations de ti celles de rotation. En un mot, il accepte Breuer.
M. Gilles de la Tonrette dans ses leçons pîtal Cochin en 1895 sur le « Vertige de î traitement » et qui paraîtront bientôt dans Médicale », émit une hypothèse qu'il a b communiquer. Il s'exprime ainsi :
« II faut cependant dire, avant d'aller pli cause déterminante du syndrome de Ménièrt toute ntière dans la compression du labyrîn lions auriculaires qui la réalisent sont très pourtant tous ceux qui en sont porteur?
heureusement d'ailleurs, des vertigineux. ' ment de premier ordre est nécessaire et 1 dsns \'h^pere.Tc Habilité labyrinthiqiie trè: vant les sujets au point qu'à compression chez qui la surdité ou la diminution de
root «croies la lésian aoatoioiqttCy tandis que daotres «eroot ocnstitoés rertigiiieiLS.
Il est difScfle d'apprécier la cause intime de cette hjperexcitabilité. On a «nu la troorerdans le tempérament des malade?» ; les nenrasthéniqnes, les liTStériqoes, les néTropatbes en on mot^ auraient des réactioiis labyrinthiques beaœoop plus accentuées qne ceux chez lesquels l'élément neuropathique n'est que peu ou pcMut marqué.
Xous Terrons qu'il existe dans IliTstérie un rertîge tout particulier; pcmr ce qui est de la neurasthénie nous croTons que bien souvent ceOe-ci est secondaire et non primltiTe. que dans tous les cas le Tertige neurasthénique proprement dit n*a rien à faire arec le syndrome de Meniére dont nous nous efforcerons d'ailleurs de le différencier. Quelle que soit Interprétation qu'on adopte il n'en reste pas moins que Vhyperejrcitabilitè du labyrinthe est nécessaire dans l'espèce et qu'elle joue dans la pathogénie du syndrome un rôle au moins aussi considérable que la compression qui la met en œuvre. »
Cest d'ailleurs, selon M. Gilles de la Tourette, probablement en détruisant cette hyperexcitabilité que la quinine donne ses bons résultats dans le vertige auriculaire.
Eivaldj depuis 1887, étudie les rapports entre l'oreille interne et les mouvements du corps. 11 obtint les résultats suivants (i).
11 enlève le labyrinthe chez le chien, puis les couches les plus superficielles de la zone excitable des deux côtés
I. Voir F. Santschi. La £one eœcitable du cerveau, et le labyrinthe. Reoae Scientifique^ 8 mai 189;.
du cerveau correspondant au:r membres antérie postérieurs. Tant qu'il reste une zone excitable, lei hles ordinaires disparaissent au bout de quelque I et le chien peut marcher, courir, sauter et exécut mouvements d'initiative (par ex.: donner la patte, .e un bandeau qu'on lui met sur les veux, etc.) Qua deux zones excitables ont été enlevées, alors les tr et perturbations sont intenses.
Le chien ne peut ni marcher, ni sauter, ni cour même se tenir debout; la tête n'est pas atteinte au degré que le reste du corps, car la zone excitabt respondante n'a pas été enlevée.
Le chien réapprend peu à peu à se lever, à mi et même à courir si on ne le prive pas de la lui mais il lui manque tout mouvement réflexe com (donner la patte, etc.) Si on interrompt la lumière, i faisse et devient tout à fait impuissant.
Pour M. Ewald les slatolithea (otolitlies du sacc de Tutricule) nous renseignent sur la progression ( tre corps, et les excitations nerveuses, dues au m ment de l'endolymphe dans les canaux demi-circul sur les rotations de la tête.
Mais l'auteur ne pense pas que cela suffit à exp tous les troubles non acoustiques provoqués après lèvement des labyrinthes ; ses animaux ont présent troubles de tout autre nature, et concernant to musculature striée. Ces troubles se manifestent: une diminution remarquable de la force muscui ainsi à Naples, l'auteur a vu des requins qui ài daîent quatre braa vigoureux pour les maintenir, st
ser faire par une seule main après la section des nerfs acoustiques, et pourtant, après l'enlèvement de grandes pièces du cervelet, ce qui constitue une opération plus grave, cet affaiblissement musculaire n'est pas survenu.
2" Les mouvements manquent de coordination, surtout quand ils exigent une grande précision comme pour le saut, le vol, etc. Cette incoordination trahit le manque de sensibilité musculaire et M. Ewald l'explique par une hypothèse appuyée sur certaines observations biologiques.
Il suppose que les incitations continuelles partant du labyrinthe produisent des excitations de certaines parties du système nerveux central, et que celui-ci agit de son côté continuellement sur les muscles et produit en •eux le « tonus labyrinthal, y>
La musculature, sans ce tonus, est anormale ; cette anomalie se manifeste par la perte de la sensibilité musculaire, par l'amoindrissement de la force et de la pré- -cision des mouvements.
Vice versa, le tonus labyrinthal renforcé aboutit à la contraction, et la manière de fonctionner du labyrinthe
consiste à augmenter ou à diminuer ce tonus particulier dans tels ou tels groupes de muscles, suivant les mouvements de la tête.
Enfin, à mesure qu'un animal est placé plus haut dans l'échelle des Vertébrés, le manque du tonus labyrinthal est plus aisément compensé après un certain espace de temps ; non que les troubles soient moindres chez les animaux supérieurs, bien au contraire, ils sont beaucoup
plus manifestes ; mais parce que chez ces animaux les troubles diminuent plus rapidement et plu» complètement.
Ainsi chez la grenouille privée de ses deux labyrinthes les troubles musculaires se maintiennent les mêmes quelque soit le laps de temps qu'on lui donne àvivre après l'opération.
Chez le pigeon ces troubles perdent peu à peu de leur intensité, de même chez les chiens qui se remettent si bien et si vite. Chez l'homme on a réussi à constater quelques cas d'absence des labjrinthes avec des troubles insignifiants.
Selon M. Ewald, après l'extirpation des labyrinthes, la diminution des troubles ne peut provenir que de ce que, en réahté, ils ne se perdent pas du tout, mais deviennent seulement latents ; la fonction anéantie est compensée par d'autres fonctions, et n'est rétablie qu'en apparence.
Mais quelles sont les fontions qui puissent fournir cetic compensation '? M. Ewald croit avoir démontré par ses expériences que c'est d'abord le sens tactile, puisque chez le chien l'extirpation de la zone excitable correspondant aux extrémités fait reparaître les troubles devenus latents après l'extirpation des labyrinthes.
Nous avons vu qu'il n'enlève que les couches les plus superficielles de la zone excitable, celles qui, pour Horsley, seraient le siège des sensations tactiles.
L'auteur anglais, en effet, admet que le faisceau sensitif s'irradie en partie dans les zones rolandiques et que là il y a une stratification des sensations : les tactiles siégeant dans les couches superficielles, le sens musculaire
dans les couches moyennes, tandis que la motricité est représentée par les grandes cellules pyramidales.
Mais si chez les grenouilles et les pigeons quelques mois après l'extirpation des labyrinthes, on peut enlever tout le cerveau sans observer qu'une différence à peine perceptible dans les mouvements locomoteurs, c'est que la zone excitable correspondant aux extrémités ne peut être indiquée avec certitude,
M. Ewald conclut que chez le chien les zones excitables et le labyrinthe se compensent mutuellement ; après l'extirpation des labyrinthes les troubles deviennent latents car ta sensibilité musculaire abolie est compensée par le sens tactile. Ensuite une seconde fonction compensatrice chez le chien est la vue, comme l'expérience le démon-