HYDRATES DE LIQUIDES
On ne voit pas, & priori, pourquoi des corps, liquides dans les circonstances ordinaires, ne seraient pas suscepubles de former avec l’eau des combinaisons analogues aux hydrates de gaz. On sait d’ailleurs que le bromure de méthyle, par exemple, se combine avec l’eau.
Dans cet ordre de recherches il était à craindre de rencontrer des composés dont la tension de dissociation fût supérieure à la force élastique maxima de vapeur des liquides considérés, et cela à des températures à peine supérieures à 0°, ou même déjà à o°.
Le caractère principal auquel on peut reconnaître qu'il s’est formé un hydrate, à savoir que le corps solide obtenu peut se conserver au-dessus de 0°, pouvait par suite faire défaut.
Mais on a vu, à propos de l’hydrate de protoxyde d’azote, qu'à partir de la température au-dessus de laquelle la tension de dissociation serait supérieure à la force élastique maxima du gaz, on peut encore conserver et former l'hydrate avec l’aide d’un gaz inerte comprimé. En utilisant cette propriété, j'ai pu obtenir sans difficulté un certain nombre d’hydrates de liquides, les conserver jusqu’à la température ordinaire, et constater qu'ils se rapprochaïent, par leurs propriétés, des hydrates de gaz.
Chlorure d'éthyle C?HSCI. — L’hydrate de chlorure d’éthyle se forme facilement à o° dans les mêmes condiüons que l’hydrate de chlorure de méthyle; mais s’il n’est en présence que des produits de sa décomposition, il se détruit à quelques degrés au-dessus de o°, à 4°. II n’en est plus de même dans une atmosphère de gaz inerte, hydrogène, azote, oxygène ou air. L’hydrate peut alors être conservé, sous pression, bien au-dessus de + 4°. Dans ces conditions on peut l'obtenir de la même manière qu’un hydrate de gaz, par compression suivie de détente par exemple.
L'hydrate une fois formé dans un des gaz précédents, on constate qu'il existe à chaque température une pression au-dessous de laquelle l’hydrate se décompose, audessus de laquelle ikse reforme, s’il n’a pas été entièrement détruit. Cette pression s'élève avec la température, est indépendante de l’espace offert au mélange de gaz et de