‹ Étude expérimentale des hydrates de gazChapitre 21 sur 33 · IV · texte numérisé non relu

IV

vapeur, pourvu qu’il y ait excès de liquide. Mais elle varie avec la nature du gaz inerte auxiliaire ; à une température donnée, eile est beaucoup plus faible dans l’azote que dans l'hydrogène, et moindre encore dans l’oxygène. Dans l'air les résultats sont à peu près les mêmes que dans l'azote. ,

Le Tableau suivant permet de comparer l'influence de ces divers gaz :

Pressions.

a —————— Températures. Hydrogène. Azote. Oxygène.

atm atm atm IE ES 0 0e : 23 » 2,5 HOT Or crime 40 » »

AU BU ICONE © » 12 8 AO) RE oc piere : » 69 38

En dehors de la présence d’un gaz auxiliaire, une pression simplement mécanique exercée sur l’hydrate, en présence d’eau et de chlorure d’éthyle liquide, est sensiblement sans influence sur sa température de décomposition. Sous une pression de 40°", exercée dans ces conditions, l’hydrate se décompose à +4°,8, comme dans l’air à la pression ordinaire et saturé de vapeur de chlorure d’éthyle.

Les gaz étrangers n’interviennent pas dans la combinaison à l’état de composants; car, vers o°, on peut obtenir lhydrate hors de la présence d’un gaz, et, quand, après l'avoir formé dans un gaz comprimé, on le décompose par diminution de pression, aucune bulle gazeuse ne se dégage des cristaux en décomposition.

L’hydraie de chlorure d’éthyle cristallise dans le système cubique, comme les hydrates de gaz. Ses cristaux sont

sans action sur la lumière polarisée ; ils offrent les mêmes aspects que les cristaux d’hydrate de protoxyde d’azote ou d’hydrate carbonique (fig. 22). J'ajouterai que les cristaux d’hydrate de chlorure d’éthyle provoquent, par leur contact, la cristallisation de l’hydrate sulfureux.

Todure de méthyle CH3T. — Un hydrate d’iodure de méthyle a été déjà signalé par M. de Forcrand(!) et, suivant cet auteur, fondrait à —4°. Ce n’est évidemment pas le même composé que j'ai obtenu, et l’hydrate dont il est question ici peut être préparé et conservé, sous la pression ordinaire, jusque vers +5”. Dans l’air comprimé on peut le conserver jusqu’à +18°, sous une pression de 100%; même à cette température, si on le laisse se détruire partiellement, il se reforme rapidement sous une pression de 150%".

Les cristaux de cet hydrate sont sans action sur la lumière polarisée.

L'hydrate d’iodure de méthyle provoque, par son contact, la cristallisation de l’hydrate de chlorure d’éthyle, de l’hydrate sulfureux et de l’hydrate de protoxyde d'azote.

Chlorure de méthylène CH CP. — Le chlorure de méthylène employé dans ces expériences a été séparé, par distillation fractionnée, du chloroforme qu’il contient généralement. Son point d’ébullition était compris entre +41 et +42°.

Le chlorure de méthylène se combine avec l’eau comme les corps précédents, et le composé obtenu se conserve jusqu’à 02° à la pression ordinaire.

Cette température de décomposition n’est pas modifiée par une pression de 40*!" exercée sur le chlorure en présence de l’eau.

Dans une atmosphère de gaz inerte, l’hydrate de chlorure de méthylène se comporte comme celui de chlorure

(:) Comptes rendus, t. XC, p. 1491.

d’éthyle. L'hydrogène est presque inefficace. Dans l’azote et l’oxygène, on a les résultats suivants :

Pressions.

Températures. Azote. Oxygène.

. s atm atm go Destruction des cristaux. ..... 23 15 TP: | Formation rapide des cristaux. 25 18 Destructionsent Pere certe 5 55 +15,5. $ ; 7 Formation rapide............. 100 70

Les cristaux d'hydrate de chlorure de méthylène sont sans action sur la lumière polarisée.

Chloroforme CH CF. — L’hydrate de chloroforme a été étudié déjà par MM. Chancel et Parmentier, qui ont pu le conserver en vase ouvert jusqu’à +1°,6.

Dans l’air comprimé, on peut aisément le conserver et le former jusqu’à la température ordinaire. Ses cristaux sont sans action sur la lumière polarisée et présentent les aspects déjà décrits. Leur contact provoque la cristallisation de l’hydrate de chlore et de l’hydrate sulfureux.

Chlorure d’éthylidène CH3.CHCE. — L'hydrate de ce composé s’obtient facilement à o° et un peu au-dessus de o°, sous la pression ordinaire.

Dans l’air comprimé, sa dissociation peut être observée jusqu’à la température ordinaire sans dépasser root", Ses cristaux sont sans action sur la lumière polarisée. Leur formation est provoquée par le contact des cristaux d'hydrate d’iodure de méthyle.

Éthylène chloré C?H3CI. — L'hydrate d’éthylène chloré peut, comme les précédents, être obtenu et conservé jusqu’à la température ordinaire, dans l’air comprimé. Ses cristaux n’agissent pas sur la lumière polarisée.

Les hydrates des composés suivants ne peuvent être obtenus à o° sous la pression ordinaire.

Sulfure de carbone CS?. — On ne peut obtenir l’'hy-

drate de sulfure de carbone à o° sous la pression ordinaire : on ne l’obtient pas davantage sous une pression de 75%" exercée mécaniquement sur l’eau et le sulfure ; mais il se forme facilement entre o° et +1° dans l’air comprimé à 50o*®. Une congélation partielle de l’eau suffit pour amorcer la réaction. Par élévation de température, les cristaux se décomposent sans dégager de gaz; l’air n’intervient donc pas dans la composition du produit formé dans ces conditions.

Dans l’azote, les cristaux d’hydrate de sulfure de carbone se détruisent à o° sous une pression de bo*t". Ils se reforment rapidement, si l’on élève la pression à 60%"; à + 1°, ils se détruisent sous 6o*t",

Dans l'oxygène, les cristaux se décomposent à o°, si la pression descend au-dessous de 32*t*, et se reforment à 4o%®; à +, ils se détruisent au dessous de 80°".

On voit que, pour le sulfure de carbone, comme pour le chlorure d’éthyle, la pression mécanique est ineflicace pour obtenir l’hydrate, et la pression exercée par l’oxvgène comprimé produit beaucoup plus d’effet que celle exercée par de l'azote.

Chlorure d'éthylène C?H*Cl. — La liqueur des Hollandais donne, dans l’air comprimé, un hydrate qui peut être conservé jusqu'à +18°, sous une pression de 100%", Cet hydrate ne peut être conservé au-dessus de o° sous la pression ordinaire.

Lodure d’éthyle C?HST. — L’hydrate d’iodure d’éthyle peut être conservé dans l’azote jusqu'à 8° sous une pression de 100".

Bromure d’éthyle C?H5 Br. — Une pression de quelques amosphères suffit pour obtenir, dans l’azote, l’hydrate de ce composé. On peut facilement le conserver jusqu’à + 13° sans dépasser 6o°!".

Tétrachlorure de carbone CCI'. — Dans l’azote com primé, lhydrate de tétrachlorure de carbone se détruit

14° au-dessous de 45% et se reforme rapidement si la

pression s'élève à 60°!7.

Les hydrates que j'ai obtenus avec les liquides volatils paraissent donc offrir une grande ressemblance avec les hydrates de gaz. La forme cristalline s’est montrée la même que pour ceux-ci, dans tous les cas où j’ai pu observer les cristaux au microscope.

On les obtient dans les mêmes conditions que les hydrates de gaz; mais à quelques degrés au-dessus de o°, et même souvent à 0°, ils possèdent une tension de dissociation supérieure à la pression que peut exercer sur eux la vapeur du liquide, et se comportent comme le fait, audessus de + 12°, l'hydrate de protoxyde d’azote. Il est alors nécessaire, pour obtenir ces hydrates, d’avoir recours à Pemploi d’un gaz auxiliaire inerte.

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