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que l’inflammation loin de favoriser l'absorption la diminuait ?
Tel est également l'avis de quelques expérimentateurs de nos jours. N'entendons-nous pas fréquemment des cliniciens faire part de leur étonnement de voir des sujets dont la vessie est malade, obligés de se sonder à chaque instant, se servir pour cet usage d'instruments qui sont loin d’être aseptiques et ne présenter néanmoins aucun phénomène d'infection ? N’a-t-on pas vu au contraire des personnes qui ont la vessie saine présenter tous les symptômes d’une infection à la suite d’une seule exploration faite à l’aide d’un instrument d’une propreté douteuse ?
Dernièrement nous entendions un chirurgien nous dire qu'il ne pouvait penser sans frémir aux doses énormes de cocaine qu’il avait vu‘injecter dans des vessies malades au moment où ce médicament n'était pas encore bien connu.
Quoi qu’il en soit, qu’elle absorbe beaucoup plus ou beaucoup moins que la vessie saine, la vessie malade absorbe, tout le monde l’admet.
1l est loin d'en être de même pour la vessie saine.
Dans la première partie de ce siècle, Ségalas et Magendie se sont occupés de la question et ont conclu à l'absorption par la membrane vésicale. Pour eux les substances médicales sont très bien absorbées. L'opinion de Ségalas fut reprise par Ségalas le fils dans sa thèse de Parisen 1862 qui affirme que cette absorption est des plus rapides. C’est aussi l’avis de Béclard, mais sans aller aussi loin, Civiale lui n’admet plus cette absor-
ption que dans des proportions très faibles. C’est aussi l'avis de Longet, bien que pour lui toutes les expériences faites à ce sujet ne soient pas toujours très concluantes.
Demarquay, Paul Bert, Brown-Séquart s'étaient eux aussi ralliés à la théorie de l'absorption.
Les paroles de Paul Bert à la séance de la société de biologie, 13 novembre 1869 sont à citer.
« 11 a été fait, dit Paul Bert, des expériences sur des chiens, des chats, des rats avec de la strychnine et de l’iodure de potassium qui semblent prouver l’absorption par la muqueuse vésicale. En injectant de la strychnine dans la vessie de ces animaux on a eu des accidents toxiques au bout de 10 minutes et en injectant de l'iodure de potassium, on a retrouvé assez vite l'iode dans les sécrétions. Ce fait est d’autant plus à signaler que l'opinion contraire avait fourni matière à des considérations générales ayant pour but de démontrer les avantages du défaut d'absorption de la muqueuse vésicale qui mettait ainsi l’organisme à l'abri de l’intoxication ».
Brown-Séquart répondant à Paul Bert faisait remarquer qu'en Italie, en Allemagne, on soignait les cholériques avec des injections dans la vessie, la muqueuse digestive absorbant peu dans le choléra à cause des vomissements, de la diarrhée et de l’hypersécrétion dont elle est le siège. A lui-même, il lui arrivait souvent, quand la sécrétion urinaire était peu abondante d’injecter dans les vessies des cholériques des carbonates alcalins et de l’opium. Au bout d’une demi heure, l’ab-
ns LAVE
sorption s'était produite et on pouvait noter des phénomènes se rattachant à l’action de l’opium.
C’est alors que Gubler dit : « Le fait de l’absorption par la muqneuse vésicale est incontestable. Mais il faudrait en chercher le degré qui doit être moindre que par les autres muqueuses. La nature de la substance doit modifier le degré d'absorption, l’urée par exemple doit être difficilement absorbée. »
Deux ans auparavant en 1867, Susini dans sa thèse de Strasbourg avait nié complètement l'absorption par la vessie. Reprenant les expériences de Küss, il badigeonnait avec du perchlorure de fer l'extérieur d’une vessie, préalablement remplie de ferrocyanure de potassium et il ne voyait, disait-il, apparaître qu’une heure après la mort de l’animal, la celoration caractéristique du bleu de Prusse. Sur deux cobayes vivants cette coloration ne s'était pas produite. Une injection d’acide chromique poussée dans la vessie d’un cadavre encore chaud n'avait complètement traversé l'organe que 31 heures après la mort. Mais si on détruisait l’épithélium, Susini déclarait qu'immédiatement on voyait apparaître la réaction.
Opérant ensuite sur lui-même, Susini s’est injecté dans la vessie de l’iodure de potassium, de la belladone et même du ferrocyanure de potassium et il n’a paraîtil, pas été incommodé le moins du monde par ces différentes substances.
C'est en se basant sur ces expériences qu'il en vient à nier tout pouvoir absorbant à la vessie.
Ce sera aussi la conclusion de la thèse d’Alling faite