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d'une solution de strychnine et de suc gastrique et il les a injectés dans le rectum d’un animal. Il observait alors des effets toxiques au moins aussi rapides et aussi énergiques qu’en employant une solution de strychnine non mélangée de suc gastrique.
Dans une autre série d'expériences, Savory a démontré que la présence d'aliments dans l'estomac n'exerce aucune influence sensible sur la rapidité et l'énergie des effets toxiques d’une solution de strychnine.
Si enfin au lieu d’administrer la strychnine en solution, on la donne en poudre, Savory a remarqué qu’elle est absorbée beaucoup plus rapidement dans l'estomac que dans le rectum, ce qui tient à l’action plus dissolvante du suc gastrique.
Claude Bernard dans ses lecons sur les substances toxiques est lui aussi d'avis que la strychnine est très bien absorbée par le rectum. Sur un chien, il introduisait en lavement 5 centigrammes de curare dans de l’eau, cinq minutes après l'animal mourait. Chez cet animal, si on examinait soigneusement le rectum, on ne trouvait aucune déchirure, aucune écorchure de la paroi. Le poison semblait donc bien avoir été absorbé par la muqueuse seule.
Nous voyons tous les jours combien l'opium et la belladone sont facilement absorbés par le rectum, les lavements laudanisés ef les suppositoires belladonés produisent des effets non douteux. Les solutions de chloral sont très fréquemment administrées par cette voie et elles produisent d’une manière certaine l'effet calmant attendu. Pour le sulfate de quinine, cependant,
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Briquet a constaté qu'il fallait des doses formidables pour oblenir le résultat désiré. Contre la blennorrhagie, Velpeau ordonnait des lavements de Copahu, de Cabèbe, dont il disait obtenir les meilleurs résultats, En définitive, l’usage des lavements médicamenteux est très répandu de nos jours et donne d’excellents résultats. Aussi l'absorption des poisons et des médicaments par la voie rectale n'est-elle plus mise en doute par personne.
Il n'en est malheureusement pas de même pour la vessie.
III. — L’absorption des médicaments et des poisons 83 fait-elle par la voie uréthrovésicalo ?
Sur ce point les avis sont loin d’être unanimes. Tout d’abord il faut diviser la question et l’examiner successivement pour l’urèthre et la vessie.
L'absorption par l’urèthre est généralement reconnue sans contestation et les auteurs qui refusent tout pouvoir absorbant au réservoir urinaire l’accordent volontiers au canal uréthral. Alling, par exemple, dit dans sa thèse de 1871 que le sulfate de strychnine est très bien absorbé par l'urèthre.
On trouve rapportées dans le Lyon médical du 2 septembre 1888 plusieurs expériences de Philip tentées dans le but de démontrer le pouvoir absorbant de l’urèthre.