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du phénomène, les conclusions précédentes peuvent être étendues au cœur des mammifères, qui, séparé de l’embryon, peut continuer à battre, et possède en lui-même la cause de son fonctionnement régulier (1).
Qu’advient-il de cette propriété à mesure qu’on s’adresse à des degrés plus élevés d'organisation chez l’individu ?
La précocité du fonctionnement du tube cardiaque primitif a pour corollaire (2) son allongement considérable, lui aussi disproportionné avec celui du reste de l’organisme. De très bonne heure, ce tube, trop long, est obligé de se replier sur lui-même; dès ce moment, des conditions mécaniques (3) différentes sont réalisées aux différents niveaux par suite des courbures; des dilatations ne tardent pas à se produire, séparées par des portions relativement rétrécies ; entre ces segments ainsi séparés, la division
(1) Ph. BoTTAzzI, — Sur le développement embryonnaire de la fonction motrice dans les organes et cellules musculaires. (Arch. Ital., de Biologie, 1897, XXVI, 443-465).
(2) Nous ne disons pas pour conséquence, car s’il n’est pas douteux que dans la série phylogénique la fonction crée véritablement l'organe et que la différenciation fonctionnelle conditionne la différenciation morphologique, chez l'individu les différenciations morphologiques transmises par ses ancêtres peuvent dans leur apparition précéder l’entrée en jeu de la fonction.
(3) Ces conditions mécaniques ont un retentissement nécessaire sur l’évolution morphologique du cœur ; de même que chez les êtres inférieurs, l’apparition d’une paroi vasculaire irrégulièrement renforcée par des éléments musculaires, paraît être la résultante mécanique de la circulation même du sang (MINE Edwards) ; de même que chez l’adulte, une paroi veineuse amenée par greffe à remplacer une paroi artérielle, ne tarde pas à s’épaissir (CAREL).
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du travail se réalise peu à peu en vue d’un rendement maximum ; à la différenciation fonctionnelle correspond la différenciation morphologique et, chez l’embryon, on distingue de très bonne heure (poulet, mammifère), un sinus veineux, une oreillette, un ventricule. Par des mouvements de torsion et des cloisonnements, par des différenciations graduelles des éléments endogènes et la pénétration d’éléments exogènes, le cœur arrive progressivement à ce qu’il est fonctionnellement et morphologiquement chez le nouveau-né.
Pour bien comprendre le fonctionnement d’un cœur achevé, pour voir à quelle différenciation fonctionnelle correspond telle différenciation morphologique, il faudrait poursuivre pas à pas, chez l’embryon, l’étude parallèle des propriétés physiologiques et de la structure macroscopique et microscopique, en étendant cette étude aux premiers stades de la vie extra-utérine. Cette étude n’a été que partiellement faite; malgré sa difficulté considérable, nous estimons qu’elle devrait être reprise systématiquement à ce double point de vue ; les documents publiés jusqu'ici, malgré leur nombre déjà considérable, ne permettent pas encore de reconstruire cette hisoire anatomofonctionnelle, soit que n’embrassant qu’une partie restreinte du développement, soit que faite uniquement du point de vue fonctionnel ou uniquement du point de vue morphologique.
Si l’on compare les stades embryonnaires successifs à l’état du cœur chez les différents êtres, on remarque que, morphologiquement, le développement intra-utérin d’un mammifère paraît représenter, quoique très en raccourci, le développement phylogénétique. Le cœur d’un animal
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inférieur, d’un batracien, par exemple, présenterait ainsi. d’une façon permanente, certains caractères qui ne se peuvent observer que tfransitoiremen! au cours de l’évolution embryonnaire d’un mamzmifère; comme, d’autre part, rana esculenta, rana virida, bufo, ete., constituent un matériel courant, facile à se procurer, on s’est particulièrement attaché à leur étude.
Il serait plus exact de dire qu’un stade embryonnaire d’un animal « supérieur » peut être considéré comme représentant, dans .la théorie évolutionniste, le point de bifurcation à partir duquel le cœur de cet animal et celui de l’animal plus « inférieur » ont cessé de se développer parallèlement (soit que placés dans des conditions différentes, soit que réagissant différemment à ces conditions). Cette distinction nous paraît extrêmement importante; elle fait comprendre ce que l’on est en droit de demander à la physiologie comparée; mais aussi, quelle est l’erreur d’autant plus à éviter qu'elle a été plus fréquemment commise.
Ces réserves faites, que devient cette propriété d’automatisme quand on s'adresse aux divers échelons de la série phylogénique ?