‹ Étude Expérimentale et Critique sur l'automatisme du cœurChapitre 29 sur 103 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

litæt) ou bien de la capacité d'absorption (Aufhebung der Auspruchsfæhigkeit) de ce que l’on pourrait appeler la réceptivité. Il s’agit alors d'actions inotrope ou bathmotrope négatives (1).

L’une de ces actions inhibitrices est-elle en jeu ici ? Telle est la première question qui se pose.

Il suffit de piquer le cœur arrêté avec une aiguille ou de le toucher légèrement pour mettre en évidence que sa contractilité est conservée. Après comme avant la ligature, il est possible de provoquer ainsi, par des excitations électriques appliquées à l’oreillette ou au ventricule, une révolution cardiaque d'amplitude et de durée comparables.

En ce qui concerne la réceptivité (2), le choc liminaire d’induction nécessaire pour provoquer pendant la pause

(1) Tandis qu'ENGELMANN considère ces propriétés (excitabilité, contractilité et aussi conductibilité), comme des propriétés distinctes et pouvant varier indépendamment l'une de l’autre, il n’y a là pour HERING (*) que des modalités diverses d’une mème propriété essentielle fondamentale (la faculté de réaction). Mais, dans l’un et l’autre cas, la question peut et doit se poser ici de la même manière.

(2) D'une façon générale, pour mesurer la réceptivité (capacité de réaction des auteurs allemands) du cœur ou de ses segments, on opère comme pour un muscle où un appareil neuro-musculaire de la vie de relation, en substituant à l’excitant physiologique de nature et de grandeur inconnues un excitant connu et mesurable, tel qu’un courant de rupture, avec un appareil d’'induction. On détermine ainsi pour quel écartement de l'inducteur et de l’induit, l’excitation est juste suffisante pour provoquer une réponse du cœur. Cette excita-

() HERING, — Ueber die vermeintliche Existenz « bathmotroper » Herznerven. (Arch. f. d. ges. Physiol., 1910, XCII, p. 391-397).

diastolique une systole avant la ligature produit après la ligature également une systole. Même dans les premières secondes qui suivent la ligature, la capacité de réaction est conservée et ne subit pas de diminution appréciable. Ceci résulte des expériences d'ENGELMANN (1). Cet auteur a, en outre, observé que peu de temps après la ligature la capacité de réaction était sensiblement augmentée (2).

tion liminaire est déterminée quand, après toute diminution du courant (éloignement des bobines), les chocs de rupture sont inefficaces. Si, au cours d’une expérience des chocs liminaires, identiques à eux-mêmes (écartement constant des bobines) deviennent inefficaces et qu’il soit nécessaire de rapprocher les bobines pour provoquer une systole cardiaque, c’est que la capacité de réaction du cœur à diminué.

Cette détermination d'un seuil serait insuffisante comme l’a indiqué LaprCque (“), s’il s'agissait de définir l'ercitabilité générale du tissu cardiaque et de mesurer la valeur de ses variations ; mais elle suffit à renseigner sur l’existence de variations de l’excitabilité et sur le sens de ces variations, vis-à-vis de l’excitant employé.

(1) ENGELMANN. — Ueber die bathmotropen Wirkungen der Herznerven. (Archiv. f. Anat. u. Phys., 1902, part. phys. supplt., page 5).

(2) « Cette modification positive bathmotrope est en général trop considérable pour qu’elle puisse dépendre de circonstances fortuites secondaires. Quand, par exemple, des excitations artificielles de l'oreillette, de seconde en seconde avant la ligature, ne donnaient un effet certain qu'avec une force de 32 unités, cet effet se manifestait immédiatement après la ligature pour une force de 25 » (ENGELMANN). Lies unités indiquées varient en sens inverse de l'éloignement des bobines, le maximum de force (100) correspondant au rapprochement maximum de l’inducteur et de l’induit.

(*) L. LAPICQUE, — Définition expérimentale de l’excitabilité. C. R. soc. Biologie, 1909, 2, LXIX, p. 280-283. (Note renfermant en outre des indications bibliographiques sur la question).

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Ce phénomène paraît avoir sa cause ou une de ses causes dans la suppression de l’action bathmotrope négative des systoles. Puis on observe une diminution progressive qui peut aller jusqu’à zéro si aucune systole spontanée ou artificielle ne survient.

Mais le seul fait à retenir pour le moment est que dans les premiers instants de la ligature, c’est-à-dire au moment où se produit l'arrêt diastolique, il n’y a pas diminution de la faculté de réponse ou capacité de réaction (1).

L'ordre de grandeur très petit de l’excitant physiologique comparé à l’excitant artificiel n’est pas une objection lorsqu'on fait des mesures précises.

Enfin et surtout, le fait mentionné plus haut, à savoir que peu de temps après la séparation sino-auriculaire ia capacité de réaction augmente (2) sans que réapparais-

(1) C’est de la capacité de réaction vis-à-vis de l’excitant artificiel qu’il s’agit évidemment. Mais il paraît légitime d'étendre cette conclusion à la capacité de réaction vis-à-vis de l’excitant physiologique.

En admettant même, avec HERING, que les deux phénomènes sont indépendants et ne peuvent être identifiés, il y a entre les deux modes d’excitation, lorsqu'on emploie comme ici l’excitation artificielle liminaire, un parallélisme suffisant sur lequel on s'appuie d’ailleurs constamment en physiologie neuro-nusculaire, et notamment en physiologie cardiaque.

(2) Cette augmentation peut également être provoquée expérimentalement en soumettant le cœur à une série d’excitations artificielles périodiques (GASKELL-ENGELMANN). Pratiquement nous avons observé couramment, à la suite d’une série d’excitations rythmiques, une augmentation de la capacité de réaction sans reprise spontanée du cœur, |

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