‹ Étude Expérimentale et Critique sur l'automatisme du cœurChapitre 36 sur 103 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

On trouvera plus loin (page 63), des exemples graphiques qui confirment la réalité de cet arrêt diastolique, relativement facile à obtenir, même avec de simples ligatures sans l’emploi de pinces spéciales.

Nous allons en discuter ici la signification.

PREMIER Cas. — Arrêt diastolique.

Lorsque l’arrêt diastolique est obtenu, on peut s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un effet d’inhibition, car non seulement l’arrêt s’obtient sur cœur atropinisé, mais aucune modification bathmotrope, inotrope ou dromotrope, visà-vis de l’excitant artificiel, ne se manifeste.

D'ailleurs, l’arrêt ne s'obtient qu'autant que la ligature est faite lentement, c’est-à-dire qu’autant que les chances d’excitation sont réduites au minimum. Si la ligature est serrée brusquement, nous verrons qu’elle peut agir comme excitant; mais, même dans ce cas, il n’y à pas excitation inhibitrice, au contraire.

De même E. GLey, dans son Traité élémentaire de Physiologie, 1910, discute l’interprétation des résultats, mais donne des expériences elles-mêmes l'exposé suivant :

« Si, après avoir fait cette expérience (7 ligature), on place une ligature dans le sillon auriculo-ventriculaire, Le ventricule se met à battre rythmiquement et ces contractions durent assez longtemps, tandis que les oreïllettes restent au repos (10° expérience de Stannius).

« Si on place une ligature exactement sur le sillon auriculoventriculaire à la limite du ventricule, les deux moitiés du cœur ainsi séparées continuent à présenter des contractiôns rythmiques, mais qui ne sont ni synchromes, ni en nombre égal ; il se produit généralement deux ou trois contractions des oreillettes et des veines-caves pour une seule du ventricule (® expérience de Stannius) ».

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Là encore, la ligature a agi en séparant le ventricule, en le soustrayant ainsi à l’excitation habituelle.

Pour les mêmes raisons exposées plus haut, il ne saurait être question d’un excitant local supprimé par les perturbations chimiques consécutives à la ligature. On peut faire d’ailleurs la même expérience sur un cœur mis en circulation artificielle à la manière de BooD1ITCH, c’est-à-dire au moyen d’une canule introduite par l'oreillette et plongeant jusqu’au fond du ventricule. Les chances d’excitation sont seulement plus nombreuses et l’arrêt plus difficile à obtenir.

Lorsqu'il s’agit d’un cœur précédemment arrêté par la séparation du sinus, on observe, dans les mêmes conditions, la persistance de l’arrêt diastolique et cela beaucoup plus aisément (1).

La seule modification consécutive à la ligature est la rupture de la conduction au niveau du sillon auriculoventriculaire. Des excitations artificielles du sinus ou de l'oreillette ne parviennent plus au ventricule et réciproquement. La cause de l’arrêt se trouve donc bien dans la suppression de l’impulsion venue du sinus.

DEuxIÈME Cas. — Le Ventricule continue à battre.

L'arrêt, tel que nous venons de le décrire, n’est pas la règle. Souvent, en dépit des précautions indiquées, presque toujours lorsque la ligature est serrée sans précautions, ou avec l’intention de provoquer la reprise, c’est-à-dire énergiquement, le ventricule présente des battements

(1) C’est dans ces conditions que ce phénomène a d’abord été observé par GASKELL (Phil. Trans. Part. III, 1882), qui dit avoir, « dans d’autres cas, réussi à isoler le ventricule sans causer de contractions ventriculaires indépendantes »,

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