CONCLUSIONS
Deux données essentielles se dégagent de cette étude : l'existence pour le cœur de propriétés particulières, sinon absolument spécifiques, l’existence de variations dans la répartition de ces propriétés, de variations aussi dans leur grandeur.
Ces conclusions soulèvent de nombreuses questions; nous allons les indiquer sommairement et justifier du méme coup le plan que nous avons adopté pour la suite de ce travail, après quoi nous indiquerons quelles conclusions peuvent être dès maintenant retenues.
Conclusions générales
Ces différentes qualités, excitabilité et ses variations, propriété rythmique, faculté plus ou moins grande d’actualisation de cette propriété rythmique et néo-automatisme, conduction, etc., dans les conditions normales et hétérotropes correspondent-elles à une structure histologique particulière ? |
Ces différentes propriétés ont-elles le même support morphologique ou des supports différents; leur inégale répartition correspond-elle à une hiérarchisation des mêmes éléments ou à la présence, en certains points, d’éléments particuliers ?
En un mot, quel est le support histologique des différentes propriétés du cœur et spécialement de son automatisme ?
Ce n’est plus dans le système nerveux cérébro-spinal, ce n’est plus dans le système sympathique extra-cardiaque qu’il faut chercher le « primum movens » de l’activité du cœur. Mais, pour être intrinsèque, le moteur normal principal (sinusal), les moteurs accessoires, notamment de la région atrio-ventriculaire, sont-ils nécessairement museulaires, puisque le cœur lui-même est un complexe neuromusculaire ? |
Le conflit neuro-myogène, après avoir opposé au muscle cœur l’encéphale, puis la moelle, puis les nerfs périphériques et enfin le sympathique extra-cardiaque, oppose au-
Jourd’hui dans le cœur neuro-musculaire la fibre musculaire à l’élément nerveux (ganglion ou fibre).
Enfin, depuis la découverte des éléments unissants (His), et ultérieurement des noyaux (KEITH, FLACK, TAWARA) (1), la question s’est posée de leurs propriétés non seulement conductrices, mais automatiques.
La présence, dans ces formations particulières, d’éléments musculaires et d’éléments nerveux, a amené à localiser encore le conflit neuro-musculaire; ce conflit a une acuité d’autant plus grande que les limites du problème se restreignent, la question devenant plus difficilement soluble.
La question ne se pose pas seulement de la présence ou de l’absence de tel élément morphologique, mais il s’agit de déterminer si cet élément morphologique peut jouer le rôle qu'on lui attribue et s’il joue réellement ce rôle.
Une question nouvelle s’est peu à peu fait jour, bien mise en lumière dans l’enseignement de M. le professeur
(1) Cf. notamment :
W. His Junior. — Die Thätigkeit des embryonalen Herzens und deren Bedeutung fur die Lehre von Herz bewegung beim Erwachsenen. Travail de la Clinique médicale, Leipzig, 1893, pages 14-49.
A. KeITH and W. FLacx. — The auriculo ventricular bundie of the human heart, Lancet, 1906, IT, p. 359-363.
— The form and nature of the muscular connections betwen the primary divisions of the vertebrate heart, Journ. Anat. and Physiol., 1907, XLI, p. 172-189.
S. TAWAR4A, — Das Reiïzleitungssystem des Säugetierherzens, Iéna, 1908.
Th. Lewis. — The Mechanism of te heart beat, chap. I, Recent Anatomical discoveries, Londres, 1911,
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MEYER : celle de savoir si l’automatisme reste limité à ce qui constitue, ou peut être considéré comme un vestige ancestral du tube cardiaque primitif, et quelle est la manière de se comporter des éléments surajoutés.
Si l’on considère que la cellule embryonnaire la moins différenciée possède en puissance les propriétés fondamen- tales aussi bien de l’élément nerveux que de l’élément musculaire, une solution embryogène apparaît peut-être comme possible dans le conflit neuro-musculaire.
Une solution éclectique semble d’autant plus justifiée que la physiologie comparée présente les cas les plus divers «le répartition des éléments morphologiques en même temps que la plus grande diversité des états fonctionnels.
Mais s’il est possible peut-être d’assigner à chaque propriété cardiaque un support morphologique, les variations mêmes de ces propriétés dans le temps, dans l’espace, suivant les circonstances normales, expérimentales ou pathologiques, doivent trouver une explication ailleurs, et ici S’impose la nécessité de bien préciser quelles sont les conditions physico-chimiques du fonctionnement du cœur. Parmi ces conditions, les unes apparaissent comme essentielles, d’autres comme accessoires; certaines conditions normales sont irremplaçables, d’autres remplaçables ; parmi les conditions anormales, les unes sont indifférentes, d’autres possèdent une action positive ou négative. Certaines conditions enfin sont nécessaires chez tous les êtres, d’autres deviennent nécessaires seulement chez les plus élevés d’entre eux.
Non seulement l’état de la nutrition du cœur conditionne l’automatisme, mais il renseigne sur les manifestations de l’automatisme normal et hétérotrope. La vieille conception