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des éléments anaboliques et cataboliques prend une importance nouvelle en même temps qu’elle agrandit son cadre, au point qu'une conception « biophysique » se dresse en face des conceptions anciennes.
Quand on a déterminé ainsi les éléments morphologiques intrinsèques et les éléments d’origine extrinsèque apportés par le sang, il est possible d’arriver à une conception d'ensemble de l’automatisme dans les conditions normales et pathologiques.
On peut préciser la question de la nature des excitations, continues où rythmiques, partant des points centraux, comprendre les modalités de la r'action du cœur aux excitations normales ou artificielles, la loi du tout ou rien, et les limites dans lesquelles elle est vraie, prévoir la mise en activité de l’automatisme assoupi des formations embryonnaires, essayer de déterminer enfin les conditions de production des excitations hétérotropes au point de vue physiologique et pathologique avec toutes leurs conséquences : arythmie, extra-systole, rythme inversé, etc.
On comprend pourquoi les difficultés de la détermination du primum movens ne sont rien à côté de celles auxquelles on se heurte dans la détermination de ce que l’on pourrait appeler le grimum caus°ns : elles tiennent à la disproportion entre le phénomène résultant (explosion) et le phénomène déterminant (étincelle). Cette disproportion n’est d’ailleurs sans doute qu’apparente. D’une façon analogue, dans les oxydations, dites à basse température, des températures intra-moléculaires extrêmement élevées ne sont-elles pas en jeu ?
Cette disproportion relativement à nos moyens d’investigation, à nos procédés de mesure, est une règle biologi-
que générale. Le cœur, ses différents segments, sont aptes à se contracter; il suffit d’une excitation très faible en un des points, provoquant un commencement de réalisation localement de la contraction, pour que tout le processus se déclanche. De nême, « un œuf qui ne demande qu’à se développer, à qui il ne manque qu'un coup de fouet, que la mise en train, il pourra suffire de déclancher le mécanisme, et de forcer la cellule à faire les premiers pas vers la division pour que celle-ci se poursuive ensuite d’ellemême ». (DZREWINA) (1).
Pour être automatique, le cœur n’en doit pas moins être adapté aux besoins de l’organisme.
Les mêmes raisons qui nécessitent l’automatisme, c’està-dire l’indénendance du cœur, en ce qui concerne l’essence même de son activité, nécessitent sa dépendance étroite, en ce qui concerne les manifestations de cette activité vis-à-vis du reste de l’organisme, en vue de lui permettre de s'adapter au but à remplir.
Du point de vue finaliste, c’est une nécessité : qui veut l'effet veut les moyens. Du point de vue évolutionniste, la sélection naturelle aboutit au même résultat.
A l’état normal, les variations physiologiques reientissent sur le Cœur : c’est un processus de régulation, et à l’état pathologiqu2 la mise en jeu des mêmes processus peut se produire.
Quel est le rôle et le mode d’action des relations extrinsèques du cœur, relations nerveuses et relations Aumorales (physiques et chimiques) ?
Aux réflexes régulateurs à point de départ extrinsèque et aboutissant cardiaque, aux réflexes qui ont leur cause et
(1) DRZEWINA, — Biologica, 15 août 1913, XXXII, p. 229.
leur conséquence au niveau du cœur, mais dont le centre de réflexion est extrinsèque, convient-il d'ajouter de véritables réflexes intra-cardiaques ? |
Le perfectionnement croissant des appareils de régulation et de coordination, à mesure que l’on s'élève dans la série phylogénique et ontogénique, appelle des conditions à la fois de plus en plus complexes et de plus en plus instables et explique cette fragilité plus grande de l’équilibre fonctionnel.
D'une part, la plus grande individualité de l’organe dans des conditions normales de nutrition nécessite le fonctionnement permanent d’un appareil modérateur, d’un frein moyennement serré (tonicité permanente du pneumogastrique) et explique. la: facilité plus grande d’échappement de ce cœur où de ses segments aux actions frénatrices eXCESSIVES.
D'autre part, cette même individualité exige des conditions rigoureuses de nutrition; ainsi s’explique la difficulté de la survie de l’organe isolé.
Enfin, par le fait même de la fragilité de la synergie fonctionnelle des différents états du cœur, on assiste plus facilement chez les animaux supérieurs au réveil des propriétés individuelles des segments cardiaques (néo-automatisme), ou même des éléments morphologiques (fibrillation, par exemple (1).
(1) Il nous semble même que parmi les divers types de fibrillation décrits par les auteurs (*) certains constituent véritablement une forme de passage entre la fibrillation proprement dite et la systole synergique.
() Cf F. BATTELLI — Les trémulations fibrillaires du cœur chez les différentes espèces animales. (Journ. de Phys, et Path., 1900, p. 423 à 436).
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Tout compte fait, de même que le cancer est une victoire de l’indivitualism? cellulaire sur l’agrégat tissulaire et de l’individualisme tissulaire sur l’agrécat organique, les phénomènes néo-automatiques apparaissent comme une victoire de l’automatisme cellulaire sur l’action organique coordonnée, les phénomènes de fibrillation comme une victoire de l’individualisme cellulaire sur l’activité synergique.
Dans le premier cas, c’est en se reproduisant que la cellule affirme son individualité. Dans le deuxième cas, c’est par la manifestation d’une autre forme de sa vitalité : son pouvoir de contractilité. |
Nous pensons bien résumer cet aperçu général que nous venons de donner du problème en disant que l’automatisme cardiaque est une des questions qui se prête le le mieux, en même temps à l’analyse expérimentale la plus minutieuse et aux conclusions les plus étendues, tant au point de vue immédiatement pratique de la pathologie humaine, qu’au point de vue moins restreint de la biologie générale.
Conclusions particulières
À ces conclusions générales — ou plutôt à cet apercu sur la question dans sa généralité — il convient que nous aJoutions les conclusions particulières relatives aux points Sur lesquels a porté plus A enEnt notre étude critique et expérimentale.
Voici ce que, successivement, nous avons mis en lumière :
I. — La précocilé du fonctionnement du cœur dans la série ontogénique comme dans la série phylogénique, sa préexistence aux autres organes.
II. — La conservation de son activité après que les autres organes sont fonctionnellement morts, après la désintégration de ces organes et la mort même de leurs éléments morphologiques, lorsqu’enfin toutes les connexions du cœur avec l’organisme ont été rompues.
III. — L'identité du fait de l’automatisme à quelque degré de perfectionnement que l’on s’adresse chez l’individu ou dans la série.
IV. — La difficulté, par contre, de mettre ce fait en évidence à mesure que l’on s'élève, à cause de la complexité des conditions normales et leur fixité nécessaire qui compliquent l’observation expérimentale.
V. — La diffusion de la propriété automatique chez les organismes les plus inférieurs et chez l’embryon aux premiers jours de son évolution.
VI. — La hiérarchisation précoce à ce point de vue des différents segments, dont bientôt un seul conserve la propriété automatique dans les conditions normales habituelles.
VIT. — La différence entre propriété rythmique poten-
telle et automatisme, c’est-à-dire propriété rythmique actualisée spontanément.
VIII. — La diffusion de la propriété rythmique et la possibilité de son actualisation dans des conditions expérimentales.
IX. — La hiérarchisation à ce point de vue des différents segments selon la plus ou moins grande facilité d’actualisation de leur propriété rythmique potentielle.
X. — La possibilité de l’entrée en jeu des régions où s’actualise le plus facilement la propriété rythmique et du conflit entre les régions néo-automatiques et les régions normalement automatiques, la possibilité de suppléances fonctionnelles.
XI. — Les modalités de ce confit, où entrent en jeu : le point de départ des contractions, la fréquence absolue et relative et la période de leur rythme, l’intégrité plus ou moins complète de la conduction dans l’un et l’autre sens, la réceptivité des divers segments.
XII. — L’étendue du cœur fonctionnel qui, par son sinus et par son bulbe, dépasse les limites du cœur anatomique pour conserver celles que lui assigne l’embryologie et la physiogénie.