DESCRIPTION DE L'APPAREIL EMPLOYÉ
Une lampe L (fig. 1) éclaire la fente f, d’un collimateur C;. Les rayons parallèles sortant du collimateur traversent deux nicols N, N' dont les sections principales sont à angle droit; le deuxième de ces nicols est mobile au centre d’un cercle divisé. Entre les deux nicols et normalement aux rayons se trouve un compensateur (2?) Soleil C en quartz droit (constitué par deux prismes de quartz de mème angle, placés comme l'indique la figure; l'axe du quartz est parallèle aux rayons lumineux, l’un des prismes est mobile devant l’autre au moyen d’une vis micrométrique munie d’un tambour divisé).
Le compensateur permet de faire tourner d’un angle connu le plan de polarisation d’une couleur déterminée :
(:) J'ai essayé deux autres procédés d’atténuation de la lumière, d’abord les verres colorés : je faisais déplacer devant la fente d’un des collimateurs un prisme de verre coloré (par exemple de verre de cobalt) compensé, pour éviter les déviations, par un prisme de même angle en verre blanc; ce procédé très simple est à l’abri de toute critique, si la matière qui constitue le prisme est bien homogène, condition malheureusement très difficile à réaliser. En regardant au microscope des lames minces, taillées dans différentes directions, dans des verres colorés en apparence très homogènes, j'ai vu des stratifications de la matière colorante très probablement dues aux inégalités de température pendant le refroidissement du verre après sa fusion.
J'ai essayé aussi les disques tournants à secteurs évidés, j'ai vérifié qu’un faisceau lumineux ou calorifique est atténué dans le rapport lorsqu'on interpose sur son trajet un disque tournant, dans lequel on a découpé un secteur d'angle = J'ai abandonné cette méthode à
cause des trépidations communiquées aux appareils voisins par la rotation des disques.
Le procédé de l’œil de chat est évidemment inapplicable à l’appareil de M. Gouy.
(:) Ce compensateur a été taillé par M. J. Werlein.
8 C. CAMICHEL.
lorsque l'angle de rotation est —; l’intensité de la couleur
correspondant à la sortie du nicol N' est maxima; soit Î cette intensité. L’angle de rotation du plan de polarisation devenant «, l'intensité de la couleur correspondant à la sortie du nicol N’ devient TI sin?o.
Fig. 1.
Après le nicol N’se trouve une lentille L/ qui concentre les rayons lumineux sur la fente f, d’un collimateur C:.
Un autre faisceau de rayons émanés de la lampe L se réfléchit sur un miroir concave M,, traverse une lentille convexe L/, tombe sur un miroir M, et forme sur la fente f3 d'un collimateur C; une image réelle de la flamme de la lampe L.
Le cristal absorbant est placé entre f; et C; dans une cuve renfermant un liquide d’indice convenable. Cette cuve est posée sur le chariot d’une vis micrométrique. Derrière le cristal se trouve en N/ un nicol mobile au centre d’un cercle divisé. En tournant la vis micrométrique V, on amène le cristal en regard de la fente f..
Devant l'objectif du collimateur C; se trouve une glace
M; argentée sur la moitié de l’une de ses faces; la ligne L qui limite l’argenture est horizontale. Sur cette glace se réfléchissent les rayons sortis du collimateur C, dont l’axe rencontre la ligne / au même point que l’axe de C;. La position du miroir M, est telle qu’un rayon qui suivrait l’axe de C; se réfléchirait sur le miroir suivant le prolongement de l’axe de C;.. Les rayons parallèles sortant du collimateur C;, et ceux qui proviennent du collimateur C: et se sont réfléchis sur le miroir M;, traversent un prisme de flint P et tombent sur une lentille C;, munie dans son plan focal d’une fente f,. D’après ce que nous venons de dire, lorsque les fentes /:, /; sont éclairées, on a dans le plan focal de la lentille C, deux spectres en coïncidence : l’un provient du collimateur C:, l’autre du collimateur C;. Ces deux spectres viennent se peindre dans le plan focal de la lunette C, sur un écran percé d’une fente f; parallèle aux arêtes du prisme P et aux fentes f,. jf, des deux collimateurs.
La lunette C; n’a pas d’oculaire, on met l’œil derriére la fente f, et, par une accommodation convenable, on voit à travers l'objectif C, deux demi-cercles lumineux de même couleur : le demi-cercle supérieur est la moitié supérieure de l’objectif de C; réfléchie par l’argenture de la glace M, ; le demi-cercle inférieur est la superposition de la moitié inférieure de l’objectif de C; vue directement et de la moitié inférieure de C: réfléchie sur le verre de la glace M:.
On peut amener les deux demi-cercles au mème éclat en modifiant, au moyen du compensateur, l’intensité du faisceau qui tombe dans le collimateur C;:. Lorsque l'égalité des deux plages est obtenue, la ligne de démarcation disparaît complètement.
La fente f, a un demi-millimètre de hauteur et au plus un quart de millimètre de largeur; par suite, tous les
rayons sortant de la lunette C; pénètrent dans l'œil, et C. 2
10 C. CAMICHEL.
l'éclat des deux plages contiguës ne dépend pas de la position de la tête de l'observateur. Ce dispositif a un très grand avantage : il permet d'étudier des cristaux de très petites dimensions ; le cristal est placé devant la fente f;, à une très petite distance de cette fente, et la région du cristal utilisée est l’image de la fente , donnée par les lenuilles C; et C;; cette image a pour superficie une fraction de millimètre carré (!).