‹ Étude Expérimentale sur l'hyperthermieChapitre 10 sur 22 · RER ERA ER RES EN · texte numérisé non relu

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à un chien, et 24 heures après il dosa lalcalinité du sang. Malgré la concentration, l’alcalinité du sang total ne variait pas.

Quoiqu'il en soit, notre attention étant attirée de ce côté, nous avons profité de l’occasion qui nous était offerte d'étudier comparativement les variations de l’alcalinité du sang, de l’hémoglobine et de la densité du sang.

Nous devons avouer que le parallélisme invoqué plus haut, quoique fréquemment observé, n'a point toujours été manifeste.

Cette digression étant, et revenant aux faits constatés plus haut, nous voyons le sang prendre aux tissus l’eau nécessaire à la lutte thermique, maintenant avec la plus grande énergie sa constitution normale. En est-il de même dans la déshydratation résultant de la transpiration ?

J. P. LANGLOIS et PELLEGRIN (1902) ont étudié la déshydratation chez le crapaud par la transpiration ; les Batraciens anoures perdent une quantité considérable de leur poids. Si on les pèse au sortir de l’eau, et si on les abandonne ensuite dans un milieu dépourvu de tout liquide, on constate que leur poids diminue progressivement. La rapidité de la diminution dépend de la température et de l’état hygrométrique, du repos ou de lagitation de l’atmosphère, et aussi, dans une certaine limite, des individus mis en expérience.

Le mode opératoire des auteurs est des plus simples : les crapauds sont pesés au sortir de l’eau après avoir

élé essuyés, puis enfermés dans des boîtes en bois recouvertes d'une toile métallique et placées à l'abri des courants d'air.

La température a varié de 15 à 2%,

Voici les résultats obtenus :

| | | No Re Poids Perte Perte 0/0 I 48 heures 56 g.6 17 &. 30 2 » 55 5 AT 93 3 » DURS TOME 37 4 » ETS) TES 34 5 » 21) LS 10 8 02 6 » 260 8 0416 34 7 » SON 5 16 » 45 8 72 heures 20. 8 TE, 39 9 » DO D) HR GY oe + S 40 10 » DORE) TOPANI 30 11 96 heures 200 122270 49

Les pertes obtenues sont plus fortes que celles obtenues par M. Epwaps (1824) sur les grenouilles, et cependant les crapauds sont des animaux beaucoup plus terrestres.

LANGLois et PELLEGRIN se sont proposés d'étudier dans ces conditions de déshydratation les variations de la densité du sang. Ils ont employé la méthode D'HAMMERSCHLAG ; le sang était prit dans le cœur même.

Toutes les déterminations ont été faites à la tem-

pérature de 20 degrés. Chez les crapauds, à leur

point de saturation, les auteurs ont trouvé les chif-

fres suivants :

I. — Crapaud. Poids : 25 gr. 5. Densité : 1028 à 1029 IT. — Crapaud. Poids : 37 gr. Densité : 1029 à 1030 III, — Crapaud. Poids : 25 gr. 7. Densité : 1030 à 1032

On voit donc que chez le crapaud pesé au sortir de l’eau la densité du sang oscille entre 10928 et 1032 à 20 degrés, chiffre très voisin de celui trouvé par Burrox-OpPrrz chez la grenouille-bœuf 1034, à la même température de 20°.

Sous l'influence de la transpiration, LANGLois et

PELLEGHIN ont obtenu les résultats suivants :

N° 1. — Crapaud : 56 gr. 6. Perte 30 0/0. Densité 1054 N°4. — Crapaud : 32 gr. 5. Perte 34 0/0. Densité 1054 N°9. — Crapaud : 26 gr. Perte {0 0/0. Densité 1046

Pour une perte totale de poids oscillant entre 30 et 4o ofo la densité du sang a donc oscillé de 1030 à

LANGLOIS et PELLEGRIN n'ont pu malheureusement, étant donné le mode d'extraction du sang, étudier parallèlement les variations de la densité et la déshydratation sur un même animal. |

Le mécanisme régulateur de la composition du sang que LŒœPER (1903) a décrit dans l’état de santé nous le retrouvons donc chez l'animal soumis à la déshydratation. |

La fixité de l'équilibre sanguin, dit LœpPer, est maintenue à l’état normal par une sorte de balancement

entre les phénomènes osmotiques des tissus et les phénomènes osmotiques des émonctoires.

Quel que soit le procédé employé pour lemodifier, cet équilibre du sérum a tendance toujours à se rétablir à l’état normal,

L'ingestion d’eau d'alimentation, les injections concentrées ou autres, ne sont suceptibles de le modifier que momentanément.

Et Lœper cite à l’appui de sa thèse un grand nombre d'expériences.

Opérant pour ainsi dire d'une façon inverse, déshydratant l'animal par un procédé dont la rigueur mathématique est en rapport avec la sensibilité de la balance, nous assistons nous aussi au maintien de T'équilibre humoral. L'animal perd de grandes quanütés d’eau ; et cette eau1l emprunte à tous les tissus, sauf au sang, qui, lui, s’alimente au détriment de ceux dont il a charge de maintenir l'équilibre ; mais cet équilibre vital n’est réalisé que tant que le centre de gravité du système, si l’on peut s'exprimer ainsi, centre de gravité résidant dans le milieu intérieur, n’est point déplacé. Aussi le sang, envers et contre tout, résiste-t-il aux influences extérieures, vivant en parasite aux dépens de l'organisme entier.

Et lorsque ses efforts sont épuisés, lorsque le poids perdu par l'animal est trop considérable, quand la déshydratation des tissus à été poussée trop loin, lesang ne peut plus lutter, il se déshydrate lui aussi; l'équilibre humoral, et partant l'équilibre de tout le

système, est rompu.

LS

Telle est donc la conclusion que nous tirons de l’expérimentation, et à laquelle LPER (1902) est arrivé également en étudiant les modifications de l'équilibre physico-chimique de sérum en pathologie. A la période critique des maladies infectieuses et des asystolies avec œdème par exemple on observe le système régulateur en défaut ; le sang présente une augmentalion de la concentration moléculaire, une augmentation de l’urée et de l’acide urique, tandis que les chlorures se modifient peu et qu'il y a diminution du taux de l’albumine totale et du nombre des globules rouges. Il semble qu'il y ait donc dilution du sang,et passage dans celui-ci des liquides et des substances solubles retenues dans les tissus pendant la maladie.

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