Jelenffy. Der musculus crico-thyrecideus, loc. cit
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souvent impossible de savoir si elle résulte d'une manœuvre de l’expérimentateur ou simplement de la volonté de l'animal.
2° Puis — et ici j'ai surtout en vue les expériences de Segond — il est difficile de comparer absolument l’aboiement et le pleurer d’un chien, ou le ronron et le miaulement du chat, aux deux registres de poitrine et de fausset de la voix humaine: d'autant plus que le larynx des animaux ne ressemble pas à celui de l’homme, l'organe vocal étant de tous les appareils un de ceux qui subissent les plus fortes transformations en passant d’une espèce à une autre. Cependant je sais qu’on ne manquera pas de me dire que quoique aucun animal ne soit bâti sur le modèle exact de l’homme, cela n'empêche que toutes les grandes lois de la physiologie aient été déduites de viviseclions d'organismes souvent très distincts du notre, et que la méthode qui a fourni de si beaux résultats pour le cœur, le pancréas, le foie, ne peut être que profitable au larynx. Aussi bien je pense que des expériences de ce genre peuvent être dans l'espèce d’une utilité grande : et plus loin je ferai des emprunts à ce procédé. Et malgré tout, Je prétends qu'il y a une méthode qui bien mieux que la vivisection peut servir à établir les lois de la phonation.
3° Le larynx artificiel
Je me bornerai à rappeler que les tuyaux à anches membraneuses de Mueller ‘ inaugurèrent ee genre de
1. J. Mueller. lanuel de physiologie, traduction Jourdan, t. IL, 1845.
de recherches, et que, plus tard, les larynx artificiels de Harless et de Fournié furent construits dans une même intention. Plus récemment Spilta ‘ présenta à la Société royale médico-chirurgicale de Londres un appareil métallique figurant le larynx avec des muscles en caoutchouc. Enfin il faut signaler l’instrument qu'a construit Koschlakoff”, dans le but d’analyser la polyphonie dans les enrouements.
[Je m’empresse de dire que je ne fais ici aucune allusion à ces appareils de prothèse laryngée, destinés à rendre une voix artificielle aux malades, rendus aphones par l’extirpation chirurgicale du larynx.]
Tous ces larynx artificiels sont d'excellents instruments de démonstration : mais 11 me semble qu’à vouloir s’en servir comme appareils de recherche et d’expérimentation on risque fort de faire une pélition de principe.
En effet, chaque auteur construit son larynx artificiel d’après les lois du larynx provisoirement supposées connues; puis, à l’aide de cet instrument, né d’une hypothèse, mais devenu, pour les besoins de la cause, base de raisonnements, il tente de démontrer ces mêmes lois laryngées : malgré lintervention de ce terme intermédiaire — le larynx artificiel — il n’en est pas moins vrai que, dans le cas actuel, on se contente, pour démontrer une théorie de la phonation, de supposer tout d'abord qu’elle est démontrée. C’est un raisonnement analogue à celui-ci : « Je suppose que
1, Spitta. The Lancet, 30 octobre 1875.
2. Koschiakoff. Die Kunstliche Reproduction und graphische Darstelluag der Stimme und ikrer Anomalien, in Archiv f. die gesammte Phys. des Menschen und der Thiere. Bonn, 1884, t. XXXIV, p. 38.
vous soyez men père. Alors je suis “otre fils. Donc vous êtes mon père. »
Et franchement, croit-on qu’il y ait analogie absolue entre deux membranes de caoutchouc simplement tendues au bout d’un tube de verre et le larynx si compliqué de l’homme? Mueller, dont on ne saurait trop, en celte matière, admirer la prudence, ne considère ses recherches sur les anches membraneuses que comme une simple introduction à l’étude de l’anche humaine ; et maintes fois, au cours de ses expériences, il avoue que les résultats fournis par les larynx de cadavres s’écartent notablement des lois qu'il avait formulées pour les anches artificielles.
4 Le cadavre
Détacher un larynx du corps, mettre la glotte en position vocale en imitant artificiellement l’action d'ensemble des muscles laryngés, puis la faire parler par le passage d’un courant d'air, constitue, à mon avis, le meilleur mode d'étude de la phonation.
Au reste, à deux époques différentes, espacées de près d’un siècle, deux théories marquèrent, l’une la rénovation, l’autre la fixation définitive de la physiologie vocale dans ses grandes lignes : or, et ceci est un fait digne de remarque, toutes deux, analogues d'origines et de résultats, étaient déduites d'expériences pratiquées sur le larynx de cadavre : c’est à Ferrein, puis à Mueller que la science est redevable de ce progrès.
On sait, car on les lit dans tous les livres de physio-
logie, les tentatives de Ferrein' pour faire parler un larynx séparé du corps, bien que Dodart? eût assuré «qu’on ne pouvait rendre l'organe de la voix visible en action ni le faire sonner quand il n’est plus animé par le principe de la vie (Ferrein, loc. cit., p. 426) », et sa joie, quand il raconte que, tandis qu'il rapprochait les lèvres de la glotte et soufflait fortement dans la trachée-artère, « à ce coup l'organe parut s’animer et fit entendre, je ne dis pas seulement un son, mais une voix éclatante plus agréable pour moi que les concerts les plus touchants ».
Mueller reprit les expériences de Ferrein, les compléta, les accommoda au goût d’une physiologie plus avancée et plus positive : il ne put que confirmer les faits fondamentaux annoncés par le chirurgien français, mais 1l apporta dans ses expériences une clarté et une précision telles qu'aucune des théories récentes nées de l’examen laryngoscopique et de l’expérimentation sur les animaux ne peut se soutenir si elle ne s'accorde avec la sienne.
Cependant, malgré les merveilleux résultats émanés des expériences de Ferrein, de Liscovius, de Merkel et surtout de Mueller, il s’est trouvé des physiologistes qui, rééditant le scepticisme de Dodart, ont avancé que toutes ces recherches ont une valeur au moins contestable, attendu que les tissus d’un larynx mort ne sont plus dans les mêmes conditions de vibration que ceux du larynx vivant; et que, quelque imitation
1. Ferrein. De La formation de la voix de l'homme, in Mémoires de l'Académie des sciences, 1741, p. 405.
2. Dodart. Mémoire sur les causes de La voix de l’homme el de ses différents tons, in Mémoires de l'Académie des sciences, 1700, p. 244; — 1706, p. 136; — 1707, p. 66.
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approximative qu’on obtienne du jeu musculaire vocal, on ne produira jamais qu'une reproduction imparfaite de l’action de certains muscles, si bien que le larynx que l’on fait ainsi parler est dans un état de passivité absolue nullement comparable à l’activité vocale d'une glotte saine.
Il est aisé de répondre à ces objections.
A.— D'abord il estévident qu’un larynx mort n’a pas conscience qu’il parle, de même qu’un œil de cadavre regarde sans voir. Je m'explique. Dans un œil fraichement séparé, dont les milieux ont conservé leur parfaite intégrité, .les rayons lumineux se réfractent sans gène, et l’image des objets va se faire plus ou moins nette, suivant leur situation sur la rétime : il n’y a donc rien de changé dans cet œil mort, sauf que l’image rétinienne n’est plus perçue par le cerveau. Il en est de même pour l’organe de la voix. Du moment que les tissus vibrants ne sont point altérés par la putréfaction cadavérique, si artificiellement on produit le degré de tension des cordes vocales et d’occlusion glottique nécessaire à la formation de la voix, en d'autres termes si on met le larynx en position vocale, si on l’accommode, tout courant d'air suffisant pour mettre la glotte en vibration le fera parler, sans se préoccuper de savoir si celte accommodation vocale est obtenue par la volonté des muscles vivants ou par l’'artifice de l’expérimentateur. Ainsi donc un larynx accommodé en position vocale n’est plus qu'un passif instrument de musique qui, en présence d’un courant d’air,se comporte avec autant de fatalité qu'une anche de hautbois. Je me servirai plus tard de cette donnée qu’un larynx accommodé présente la passivité d’un
instrument quelconque, pour démontrer que dans l’aphonie hystérique, il doit toujours y avoir une altération du larynx, paralysie ou spasme. Pour le moment, il me suffit de faire remarquer que les phénomènes physiques de la phonation sont identiquement les mêmes, que le larynx ait été accommodé vivant par son propriétaire ou mort par son expérimentateur.
B.— Et pourquoi, après tout, un larynx mort ne parlerait-il pas comme un larynx vivant? pourquoi, du moment qu'iln’est plus animé du principe de vie, dire comme Dodart qu’il cesse d’obéir aux lois des vibrations des corps ?
4° D'abord il est un fait hors de toute contestation, c’est que le larynx mort, quand il est convenablement préparé, parle avec la plus grande facilité; que, par simple modification de la tension des cordes vocales il peut fournir une gamme de quinze notes; et qu’enfin suivant les circonstances il donne deux ordres de sons bien nets, différents de timbre et de hauteur, les uns anchés, les autres flutés, les uns mordants, les autres doux, auxquels chacun donnera les noms qu’il voudra, mais que je suis parfaitement en droit de comparer aux registres de poitrine et de tête : cette opinion es au moins aussi soutenable que celle de Segond, qui assimilait les divers cris des animaux aux registres de la voix humaine, d'autant mieux que j’opère ici sur des laryox humains, et que je n'ai pas besoin de faire précéder mes comparaisons vocales d’analogies anatomiques plus ou moins forcées selon les besoins de la cause. Et quant aux quinze notes que me fournit un larynx de cadavre, pris le premier venu au hasard, je suis tout à fait désolé d’y trouver une contradiction
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