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ment maintenus en contact du cricoïde, que ces cartilages ne forment qu’un levier unique coudé à angle droit, et qui se meut tout d’une pièce sous l’influence des contractions des muscles antérieurs: sur le cadavre, on ne peut reproduire directement cette adhérence absolue des deux cartilages, mais il est aisé
de l'obtenir indirectement, en attachant le chaton du
cricoïde à la planchette sur laquelle sont déjà fixés les aryténoïdes ; de sorte qu’en définitive l’appareil laryngien sur lequel on expérimente ne se compose plus que de deux parties mobiles l’une sur l’autre: l’une formée par le thyroïde, l’autre constituée par le système combiné de la planchette, du cricoïde, et des arylénoides immobilisés entre eux.
La trachée est intimement fixée à un tube de caoutchouc, de même calibre qu’elle : mais au lieu de faire communiquer ce tube avec une soufflerie, jy adapte une embouchure dans laquelle je souffle directement. A cela je trouve deux avantages :
Îe Que l'air expiré par mes poumons, étant dans les conditions d’hygrométrie normale, ne dessèche pas les cordes vocales, tandis que les courant d’air d’une soufflerie les met rapidement hors d’état de servir ;
2° Qu'en opérant ainsi, je me rapproche au mieux des conditions normales, que je gradue et dirige l'effort de mon expiration à ma volonté; de telle sorte que, par l’intermédiaire de ce tube de caoutchoue, il semble que ma propre trachée se soit considérablement allongée, et que le larynx préparé ait pris le lieu et la place du mien: comment imaginer une meilleure installation expérimentale, puisque j'ai en
main un larynx humain, mis en vibration par des poumons vivants, les miens ?
Dans mes premières expériences, J'avais adaplé à cette trachée de caoutchouc un petit manomètre à mercure, destiné à mesurer la tension de Pair sousglottique; mais j'ai ensuite supprimé cette complication qui ne m'était d'aucune utilité, attendu que je ne m’occupe point ici de mesurer la pression sousglottique : je renvoie pour cela aux travaux connus de Cagniard-Latour!, Mueller? , et Guillet°.
II. — DE L’OCCLUSION DE LA GLOTTE ExPÉRIENCE [. — La glotte postérieure étant ouverte,
dans toute sa largeur, aucun son ne peut être obtenu quelles que soient La tension des cordes vocales et la pression de Pair.
Mueller est moins absolu dans ses conclusions; il dit: « Les cordes vocales parlent surtout avec facilité, quand la partie postérieure de la glotte, entre les cartilages aryténoïdes, est fermée. » Mais il est au moins bizarre que Harless ‘ ait pu conclure de ses expériences cadavériques, que la glotte inter-aryténoïdienne reste toujours ouverte pendant la phonation, et qu’elle sert
1. Cagniard-Latour. Sur la pression à laquelle l'air contenu dans la trachée se trouve soumis pendant l'acte de La phonation in Compte rendus de l'Acad. des sciences, t. IV, 1837.