III. — DE LA PRODUCTION DE LA VOIX DE TÊTE OU DE FAUSSET
ExPéRIENCE IV. — Le larynx étant en position vocale c'est-à-dire la glotte postérieure étant fermée et les cordes inférieures moyennement tendues, le courant d'air passant à travers la glotte lui fait successivement prendre les aspects suivants :
D'abord L'air sort silencieusement, produit une tension transversale qui bombe les cordes vocales et dilate la glotte laquelle prend l'aspect de la figure 2. Aussitôt
on voit deux membranes grises se détacher de chaque | 6
côté des lèvres glottiques, et venir vibrer duns. la lumière de la glotte qu’elles rétrécissent : à cet ins- Lant précis le son se produit. Ges deux lèvres vibrantes
Fig. 1. Fig. 2. Fig. 3.
Glotte au repos. Glotte dilatée par l'air au Glotte au moment où le son moment où leson va se se produit. (On voit la muproduire. queuse se séparer des
cordes vocales et venir vi brer dans la lumière de la glotte.)
sont constituées par la muqueuse : jamais elles n’arrivent à se toucher et luissent entre elles un espace fusiforme vide (Fig. 3). |
EXPÉRIENCE V. — Si l’on vient alors à piquer avec une aiguille la partie vibrante, on ne traverse que la membrane muqueuse.
Martel! fait une expérience analogue. En faisant parler un larynx frais, il voit la muqueuse se plisser (?) sous l’influence du courant d’air et venir vibrer dans
1. Martel. Physiologie de La phonation, in Revue bibliographique universelle des séiences médicales, t. II, n° 13, 31 janvier 1885.
l'ouverture glottique; et en piquant avec une aiguille la partie vibrante, il n’atteint jamais le muscle.
EPÉRIENCE VL. — Si avec un fin bistouri on enlève délicatement toute la muqueuse, le larynx devient aphone dans les circonstances actuelles.
Fournié” avait eu la même idée que moi. « Pour rendre le phénomène plus démonstratif, dit-il, nous avons eu la pensée d’enlever toute la muqueuse. Après une dissection longue et difficile, nous y sommes parvenu, et, en employant les mêmes moyens que précédemment, nous n’avons pu réussir à obtenir un son: le souffle sortait à travers la fente glottique en produisant un certain bruissement, mais nous n’avons pu constater la plus légère vibration dans les rubans vocaux, Gette expérience, à elle seule, peut démontrer l'action exclusive de la muqueuse dans les vibrations qui font le son de la voix. »
Le tort de Fournié est d’avoir généralisé cette loi qui n’est vraie que dans les circonstances particulières de l’expérimentation présente.
EXPÉRIENCE VII. — Le larynx est laissé vingt-quatre heures à l'air libre de façon que les cordes vocales commencent à subir une légère dessiccation. Si l’on vient alors à souffler dans la trachée, quelque forte que soit la tension aérienne, la glotte se laisse dilater mais demeure absolument silencieuse; car la muqueuse agqlutinée, par suite de cette dessiccation, à la corde ligamenteuse, ne peut plus s’en détacher pour venir vibrer dans l'espace gloltique.
1. E. Fournié. Physiologie de la voix et de la parole. Paris, 1866, p 385.
ä4 ÉTUDE EXPÉRIMENTALE SUR LA PHONATION.
Cette expérience, que je n'ai trouvée relatée dans aucun travail de physiologie expérimentale donne la clef de bien des symptômes dysphoniques observés au cours des inflammations du larynx.
Expérience VILL — Au cours de l'expérience, on peul toucher La partie musculaire et même la partie ligamenteuse de La corde vocale sans aucunement altérer le son émis par la glotte; mais dès qu'on vient en contact de la membrane grise vibrante, on étoujfe la voix.
ExPéRIENCE IX. — On place un point noir sur lapartie blanche ligamenteuse de la corde vocale, el on fait parler La glotte; ce point noir reste absolument vmmobile malgré les vibrations vocales.
Ces deux expériences démontrent clairement que ni la portion musculaire, ni la couche ligamenteuse des cordes vocales ne participent actuellement à la formation du son.
Expérience X.— Tandis que la glotte parle, on introduit la pointe d’un stylet dans l'espace fusiforme qui sépare les deux membranes vibrantes; ilwen résulte aucune altération du son.
Ce qui prouve que, à ce moment, les cordes vocales ne viennent point en contact.
Remarque. — Le son ainsi obtenu à un caractère doux et flûté.
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