EXPÉRIENCES SUR LES GADAVRES DE CHOLÉRIQUES
A la suite des expériences précédentes, et bien qu’elles n’aient avec elles que peu de points de contact, je rapporte ici quelques recherches faites l’an dernier en collaboration avec mon collègue Jeanselme pour déterminer l'état de la contractilité posé mortem et l’action de certains muscles. Si l’on veut prendre la peine de lire le mémoire qui les relate’ on verra que
‘les conditions exceptionnellement avantageuses qui
nous ont été offertes par l'épidémie de choléra de 1884 à l'hôpital Bichat, nous ont permis d'étudier le rôle de plusieurs muscles, à une époque assez rapprochée de la mort pour que l'excitation électrique ait pu encore y produire des contractions totales et utiles. Je ne parlerai naturellement ici que de ce qui à trait aux
muscles du larynx; on y remarquera en plusieurs en-
1. E. Jeanseline et M. Lermoyez,. Étude sur La contractilité post mortem
et sur l'action de certains muscles d'après des expériences [ailes sur des
cadavres de cholériques, in Archives de physiologie normale et pathologique, 15 août 1885, n° 6.
Dr UM
droits la concordance parfaite du résultat de nos recherches avec les données fournies par les expériences qui précèdent. Il n’est d’ailleurs pas besoin de faire remarquer combien la constatation directe de ces actions musculaires se substitue avantageusement aux considérations théoriques tirées de la direction des muscles et deleurs insertions.
« Nos recherches électriques sur les muscles du larynx ont toujours eu lieu dans les deux ou irois premiers quarts d'heure qui suivaient la mort des sujets. Dans plus de la moitié des cas, les scalpels qui faisaient office d’électrodes, portés sur les muscles laryngés, ont été impuissants à les faire entrer en contraction; et même dans les cas les plus favorables, jamais nous n’avons vu l’excitabilité fonctionnelle laryngée survivre plus de quarante minutes.
« De plus, il y a certains muscles du larynx que nous n’avons pas pu exciter, à quelque période que ce fût, même dans les autopsies les plus précoces : ce sont les faisceaux musculaires extérieurs à l’organe de la voix, les crico-thyroïdiens et les crico-aryténoidiens postérieurs.
« Les crico-aryténoïdiens latéraux n’ont point été étudiés; ils sont dureste très difficiles à atteindre et presque impossibles à isoler du muscle de la corde vocaie avec lequel ils se confondent.
« Restent donc l’ary-aryténoïdien et le thyro-aryténoïdien avec toutes ses expansions aryténo-épiglottiques et périventriculaires.
QI. — L’ary-arylénoiïdien excité transversalement à travers la muqueuse pharyngienne qui le recouvre, et