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sans dissection préalable de ses faisceaux, a rempli son rôle classique de constricteur de la glotte en rapprochant en masse les deux cartilages aryténoïdes et en accolant leurs faces internes dans toute leur portion verticale, de façon à effacer complètement la glotte intercartilagimeuse : simple mouvement de translation qu’autorise parfaitement la laxité de l'articulation ericoarylénoidienne.
QIL. — De tous les muscles du larynx que nous avons pu exciter, le thyro-aryténoïdien interne est celui qui s’est laissé électriser le plus aisément et le plus efficacement. Le larynx étant encore intact, nous obtenions une forte contraction des cordes vocales inférieures soil en portant les pointes de nos scalpels dans les commissures antérieure ou postérieure de la glotte, soit même en mettant un pôle au-devant de l’ang e du thyroïde et l’autre sur la face postérieure des aryténoïdes : ce dernier mode d’électrisation de la glotte, qui donne sur le cadavre d'excellents résultats, est le meilleur qui puisse être appliqué sur l’homme vivant. Duchenne (de Boulogne)" avait déjà conseillé, comme le plus simple et le plus sûr moyen de bien faradiser la glotte, de placer une électrode cutanée au-devant du thyroïde, et de promener l’électrode pharyngienne en arrière du chaton du cricoïde et des aryténoides. II est inexplicable que cette méthode soit tombée en désuétude et ait été remplacée par d’autres procédés d'effets bien moins certains.
« Ainsi électrisées, les cordes vocales inférieures se contractaient violemment sous nos yeux, mais ne pro-
1. Duchenne (de Boulogne). Électrisation localisée, 1879, p. 94.
saient point du tout ée qu’on observe au laryngoscope sur le vivant. Au contraire, sans se rapprocher, elles se gonflaient et déplaçaient fortement les cartilages aryténoïdes qu’elles entrainaient en avant vers le thyroïde, leur point d'insertion fixe, de façon à diminuer sensiblement le diamètre vocal antéro-postérieur.
Q III. — Si fendant le larynx sur sa face postérieure et l’ouvrant en dépliant l’angle thyroïdien, nous venions à exciter isolément chacune des cordes vocales, nous observions encore une contraction bien nette de celles-ci avec gonflement et raccourcissement déjà mentionnés ; mais, par suite de la diffusion électrique impossible à éviter dans ces parties, dont nous eussions totalement anéanti l’excitabilité par la dissection,
nous notions des actions de voisinage. Cette remarque nous donna l’idée de porter nos électrodes sur les cordes vocales supérieures; nous les vimes se contracter nettement, en même temps qu'elle se transportaient en masse vers l’axe du larynx.
€Y a-t-1l donc un muscle dans la corde vocale supérieure? Les auteurs classiques n’en font aucune mention; Gay, dans sa thèse d’agrégation, le nie absolument:. Mais en Allemagne, dès 1874, Ruehlmann avait signalé dans le repli thyro-aryténoïdien supérieur la présence de fibres striées, disposées en faisceau antéropostérieur ; et, en 1876, Ruedinger? décrit le premier nettement le muscle de la corde vocale supérieure ; il s’insère en arrière à la corne antérieure de l’aryténoïde et se porte en avant vers la partie supérieure du bord latéral de l’épiglotte en éparpillant ses faisceaux ; ce
1. Gay. Théorie physique de la phonation (Th. agrég., 1876). 2. Ruedinger, Monatsschr. für Ohrenheilk., sept. 1876.
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