‹ Étude expérimentale sur la phonationChapitre 50 sur 62 · D. — PREUVES ANATOMIQUES, PHYSIOLOGIQUES, LARNYGOSCOPIQUES, ETC · texte numérisé non relu

D. — PREUVES ANATOMIQUES, PHYSIOLOGIQUES, LARNYGOSCOPIQUES, ETC

1° Au point de vue anatomique la théorie s'accorde parfaitement avec ce que nous savons de la structure des cordes vocales Imférieures.

Il n’y à point, ainsi qu’on l’a enseigné longtemps, d’adhérence entre la couche musculaire et la couche fibreuse. Toutes les digitations du thyro-aryténoïdien que Battaille et Rossbach et d’autres ont fait insérer en divers points de la corde ligamenteuse sont des subuilités de dissection. Ludwig, Ruehimann, Michael et bien d’autres auteurs allemands nous disent qu’il n’y a aucune adhérence entre ces deux couches; et Henle se trompe quand il admet une union mtime entre ces deux tisssus dont les fibres se pénétreraient mutuellement d’une façon à peu près inextricable. Ruchlmann est surtout affirmatif sur ce point : « Il faut ré,éter encore ici (p. 291) qu’il n’y a aucune insertion du muscle sur la corde ligamenteuse. »

L'opinion suivante du professeur Sappey* doit être prise en grande considération. « En dedans ce faisceau (fibres horizontales du thyro-aryténoïdien) répond aux ligaments thyro-aryténoïdiens inférieurs.

4. Ruchlmann. Unlersuchungen ueber das Zusammenwirken der Muskeln bei einigen hüufiger vorkommenden Kehlkopfstellungen, Loc. cit. 2. Sappey. Traité d'anatomie descriplive, dEdit Raris 1079, Eu LM

Aucune des fibres qui le composent ne s’y insèrent, en sorte qu'on l'en détache toujours facilement. Chez quelques individus, il n’existe même entre le muscle et Le ligament qu’un tissu cellulaire séreux. Sur un homme dont tous les muscles du larynx étaient très développés, j'ai trouvé des deux côtés une bourse séreuse, »

La figure 13, que j’emprunte à Gruetzner, montre | que les faisceaux qui composent le thyro-aryténoïdien » jo interne sont à peu près parallèles, s’anastomosent peu entre eux et dans tout leur trajet ne font que s’accoler au bord externe des cordes fibreuses sans s’y attacher le moins du monde.

En disséquant des larynx d'hommes et de chiens, J'ai toujours pu décoller très aisément, même avec le manche du scapel, la couche ligamenteuse du muscle sous-jacent; j'ai seulement remarqué qu’à leurs deux extrémités les cordes fibreuses reçoivent sur leurs bordsexternesles insertions de quelquesfibresémanées des bords internes des muscles thyro-aryténoïdiens.

Puisque ces deux couches des cordes vocales ne

contractent entre elles aucune adhérence, rien n’empêche qu’il se produise un nœud de vibrations longitudinal en leur point de séparation et que l’une d’elles puisse vibrer sans l’autre. Au reste, l'existence du tissu cellulaire lâche et la possibilité d’une bourse séreuse signalée par Sappey ne peuvent se comprendre que si l’on admet un mouvement incessant de va-et-vient entre elles, mouvement qui n’existerait point si ces deux couches vibraient ensemble.

De la même façon il peut arriver que la membrane muqueuse ait un mouvement de vibration propre, car elle w’adhère pas non plus à la couche ligamenteuse sous-jacente. Sans remonter à Claude Perrault‘ qui admet la vibration isolée de la muqueuse, on peut trouver dans les auteurs modernes des démonstrations probantes de ce fait anatomique. D’après Fournié? la couche muqueuse est unie à la membrane fibreuse par un tissu cellulaire excessivement lâche qui permet d’assimiler, jusqu'à un certain point, cette partie des rubans vocaux à la bourse séreuse qui entoure certains tendons.

Krishaber a peine à admettre ladhérence intime de la muqueuse à la corde fibreuse, car elle ne s’accorde pas du tout avec les données laryngoscopiques.

.… Quant à la muqueuse quiles recouvre, dit-il#, elle est suivant les anatomistes très intimement liée à la trame sous-muqueuse. L'observation laryngoscopique nous fait voir cependant que des suffusions sous-

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