CAN
De la persistance de l'activité du virus dans les humeurs pathologiques
Maintenant que nous avons suffisamment prouvé l’existence d’un microbe, cause des accidents puerpéraux ; que nous avons montré la façon de le cultiver et que nous avons examiné le résultat des différents modes d’inoculation dans la série animale, nous sommes naturellement amenés à nous enquérir des conditions de résistance de ce virus aux causes de destruction.
Est-il facile à atténuer ? Quels sont les agents physiques où chimiques auxquels 1l résiste le moins ?
Tels sont les pots qui vont faire le sujet de notre examen.
Au début de mes expériences, j'avais recueilli
dans des pipettes stérilisées et fermées ensuite hermétiquement, une certaine quantité de sérosité péritonéale qui, expérimentée à ce moment, s'était montrée extrêmement virulente. Mon intention, dès lors, était de conserver ce virus le plus longtemps possible afin de m'assurer si sa virulence resterait la même, ou bien si, au contraire, le temps l'aurait atténuée ou détruite.
Le 21 avril, c'est-à-dire au bout de cinq mois et demi, je résolus d'employer ce virus.
La sérosité contenue dans mes pipettes était aussi limpide que le jour où je l’y avais imtroduite, elle n'avait que l'odeur fade perçue autrefois, et nous pouvons affirmer qu'aucune fermentation ne s'était produite dans ce liquide.
L'examen microscopique vint ensuite nous satisfaire plemement en nous montrant l'existence des mêmes mieroorganismes que nous avions constatés au moment de la cueillette du virus. Des micrococei et des chaînettes en abondance, agités de mouvements extrêmement rapides. Micrococci et chaïnettes légérement plus gros et plus appréciables que ceux de nos cultures, différence que nous avions toujours observée dans les liquides organiques des sujets morts d'infection puerpérale.
Le virus provenant de deux sources différentes, j'inoculai quatre lapins à la dose de cinq gouttes chaeun de la sermgeue de Pravaz.
Deux furent imoculés dans le péritoine et les deux autres dans le tissu conjonetif sous-cutané,
Les deux sujets inoculés dans le péritoine, chacun
avec un virus de provenance différente, moururent au bout de trois et quatre jours avec toutesles lésions de l'infection puerpérale. (Péritonite et fausses membranes.)
Chez ces sujets, la durée de la maladie a été la même que chez ceux qui avaient été imoculés avec le pus frais et dont la mort pouvait être mise sans hésitation sur le compte de la septicémie puerpérale.
Quant aux deux autres lapins, inoculés dans le üssu cellulaire, ils moururent à des dates plus reculées : huit jours et treize jours. L'un et l’autre présentaient à l'autopsie des signes non douteux d'infection chronique et dans leurs liquides organiques, on trouvait le microorganisme mfectieux, sous les formes déjà décrites. |
Il est donc permis de supposer que le microorganisme de la septicémie puerpérale se trouve très bien dans un milieu humide et peut y végéter en conservant son pouvoir pathogène tant que ce milieu ne s’altère pas.
Mais que devient-il, si on le soumet à l'influence du calorique ou des anti-septiques ? Nous aurons à nous en enquérir plus lom.
SII
De la persistance de l’activité du virus, dans les bouillons de culture,
Nous avons déjà parlé de la grande activité pathogène des microoganismes élevés artificiellement dans les bouillous de culture.
Li ESS
Ce virus la manifeste en entrainant plusrapidement: la mort que les liquides directement recueillis dans les séreuses ou cavités phlezmoneuses des sujets qui ont succombé à la septicémie puerpérale.
Mais cette activité se maimtenait-elle longtemps au même degré, s’atténuait-elle, ou disparaissait-elle complétement? tels étaient les problèmes que nous nous posions et que nous désirions résoudre. Afin d'arriver à cette solution, nous avions conservé hors de l'étuve, mais à l'abri de tout contage extérieur, dans des matras fermés, des cultures de générations diverses dontnousavionséprouvél’extrême virulence, à la sortie de l'étuve.
Au bout de deux mois, nous lesavonsinoculées à des sujets très vigoureux, qui succombaient en vingtquatre heures avec tous les symptômes et toutes les lésions de l’intoxication puerpérale aiguë. Symptômes et lésions que nous avons déjà décrits et sur lesquels nous ne voulons pas revenir ici.
Qui plus est, nos bouillons n’exhalaient aucune odeur et, examinés au microscope, ils ne contenaient pas d’autres éléments que ceux que nous y avions constatés autrefois, microcoques, diplocoques et chaîinettes en abondance, tous doués de mouvements très actifs.
Ainsi donc, au bout de deux mois, nos virus n'avaient pas changé de caractères et leur activité ne s'était pas modifiée.
Depuis, nous nous sommes rendu compte que des cultures ainsi conservées depuis quatre mois agissaient avec la même intensité.