VII
Action de différents antiseptiques sur la végétation et la virulence du micrococcus septicus puerpéralis
Nos expériences eussent été bien incomplètes si, après avoir étudié l’action de certains antiseptiques sur le virus pur, nous n'avions pas mis ces mêmes antiseptiques en contact avec nos cultures qui toujours s'étaient montrées plus actives que le virus précédemment expérimenté. Cette nécessité s’imposait
EN
d’ailleurs à nous pour bien classer les antiseptiques d’après l’ordre de leur activité.
Nous avons donc fait avec de l’eau distillée les solutions antiseptiques suivantes :
1° Sulfate de quimme 1/100;
2° Sulfate de cuivre 1 /100 ;
3" Acide chromique 1/100 ;
4° Chloral 30/100 ;
9° Sublimé 1/100 ;
6° Acide phénique 5/100; Permanganate de potasse 5/100; 8° Nitrate d'argent 1/1000 ;
9° Essence de téréhenthime pure.
À nos matras chargés de la quantité habituelle de bouillon de bœuf salé et ensemencés d’une goutte de culture active, nous avons ajouté les antiseptiques ci-dessus énumérés dans les proportions suivantes:
Sulfate de quinine ; Sulfate de cuivre; Acide chromique ; |
Chloral ; |
Î cent. cube.
Sublimé ;
Acide phénique ; | Permanganate de potasse ; Nitrate d'argent ;
1/2 cent. cube.
Quant à l'essence de térébenthine, nous n’en avons mis que trois gouttes.
Ainsi préparés, les matras ont été portés à l’étuve à 35°, où nous les avons laissés pendant cinq Jours.
Nous les avons alors retirés et nous les avons trouvés aussi purs qu'au moment de l’ensemencement.
Les antiseptiques avaient donc empêché au micrococeus de se reproduire.
Le matras témoin donnait une superbe végétation.
Cependant deux de nos matras nous donnaient quelques mquiétudes.
C'était ceux dans lesquels nous avions introduit le sulfate de cuivre et la térébenthine.
Le ballon au sulfate de cuivre s'était troublé ; 1l nous semblait bien que le trouble n’était dû qu'à un précipité chimique, le mélange d’ailleurs ne contenait pas de microcoques.
Il n’en était pas de même pour la térébenthine sur laquelle il nous était permis d’avoir un doute réel.
Dans l’état, 1l ne nous restait donc qu'à demander à l'inoculation la preuve de la virulence ou de l’innocuité de ces cultures.
C'est ce qui fut fait, et les deux lapins inoculés dans le péritoine avec ces différents mélanges n’en ont pas paru incommodés.
Il faut même croire que nos bouillons n'avaient plus aucune virulence, puisque réimoculés un mois après avec une culture active nos sujets ont succombé avec les lésions ordinaires de l'infection puerpérale aiguë.
Aucune imimunité ne leur avait donc été conférée par la première moculation.
— 1e Ces résultats ne pouvaient encore pleinement nous satisfaire, nous voulions des données plus précises afin d'établir un classement spécial parmi les antiseptiques qui modifient le virus puerpéral.
Dans ce but, les neuf solutions suivantes étant préparées avec de l’eau distillée:
1° Sulfate de cuivre 6/100;
2° Chloral 30/100 ;
3° Sublimé 6/100 ;
4 Acide chromique 30/100;
D° Sulfate de quinine 6/100 ;
6° Acide phénique 6/100 ;
7° Thymol (solution alcoolique) 6/100 ; 8° Permanganate de potasse 30/000; 9° Essence de térébenthine.
Nous avons chargé nos matras avec trois centimètres cubes sept dixièmes de bouillon de bœuf salé.
Le bouillon une fois ensemencé, nous avons ajouté un dixième de centimètre cube de chacune de nos solutions antiseptiques, de facon à agir dans les proportions suivantes:
Les solutions à 6/109 devenaient à 3/1900 et celles à 30/100 égalaient 3/380.
Nos matras ont été portés à l’étuve à 35 et, au bout de einq jours, un seul avait son bouillon troublé, c'était celui dans lequel nous avions ajouté la solution de thymol.
Le bouillon examiné au microscope contenait bien quelques rares microcoques, qui n'avaient plus aucun mouvement.
se
Cinq gouttes de ce bouillon moculées dans le péritoine d’un lapin n’ont pas paru incommoder le sujet.
Nos mélanges, dans les proportions précédentes, nous ayant paru complètement imoffensifs, nous avons voulu diminuer encore la dose des antiseptiques.
Aussi, avons-nous ajouté une goutte des solutions précédentes et d’une solution d’acide borique à 2/50 à des ballons chargés de deux centimètres cubes et demi de bouillon et ensemencés d’une goutte de culture très active.
Les matras furent portés à l’étuve à + 35 et déjà, dès le lendemain, les bouillons additionnés d’une goutte d'acide borique et phénique étaient troublés et très riches en microbes.
Ces liquides furent mjectés à la dose de cinq gouttes dans le péritoine de deux sujets, qui moururent très rapidement avec des lésions caractéristiques (1).
Quatre jours après l’ensemencement, on remarquait un léger trouble dans le matras contenant une goutte de la solution de sulfate de quinine. Le liquide examiné avait quelques rares microcoques très petits.
L'inoculation de cette culture à été négative.
Au bout de dix jours les trois matras qui restaient à l’étuve et qui contenaient le bouillon additionné de: une goutte des solutions de sulfate de cuivre, de sublimé et de permanganate, n'avaient pas le plus
(1) Ces résultats vont absolument à l'encontre des idées de Bergmann de Vürzbourg qui prétend que les microcoques se développent mieux dans le bichlorure que dans l'acide phénique.
léger trouble et le liquide examiné au microscope ne contenait pas d'éléments de végétation.
Ces expériences nous amènent naturellement à établir un classement entre les différents antiseptiques dont nous nous sommes servis.
Le tableau suivant indique l’ordre dans lequel ils ont révélé leur pouvoir destructeur vis-à-vis du virus de la septicémie puerpérale.
TABLEAU CLASSANT LES ANTISEPTIQUES D'APRÈS LEUR POUVOIR MICROBICIDE RELATIVEMENT AU MICROCOCCUS SEPTICUS PUERPERALIS.
Substances émninenunent anltiseptiques Sublimé.
Permanganate de potasse.
Sulfate cuivre, Nitrate d'argent.
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Substances très anthisepliques.
Essence de térébenthine.
Thymol.
Sulfate de quinine.
Chloral.
Substances moins antisepliques.
Acide phénique.
Acide borique.
Acide chromique.
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TS
Substances non efficaces.
Alcool.
Acide salycilique.
Chlorure de zinc.
Eau oxygénée.
Acide carbonique.
Nous verrons dans le paragraphe suivant comment la température peut servir d'adjuvant aux différents antiseptiques.