CHAPITRE PREMIER
DE L’AGENT DE LA VIRULENCE DANS LES HUMEURS PATHO- LOGIQUES ET DE SON INOCULABILITÉ
Un on
Du micrococcus septicus pucrpéralis dans les humeurs pathologiques.
Si l’on examine les lochie; de femmes atteintes de septicémie puerpérale, on aperçoit, parmi les cellules épithél ales et les globules purulents qui en forment la masse principale, des microorganismes punctiformes 1solés ou associés et quelques autres qui, au premier abord, simulent des bacilles doués de mouvements plus où moins vifs. Le diamètre des chainettes est imégal. Les microcoques sont réunis deux à deux ou en chainettes ondulées. Gà et là, microcoques, diplocoques et chainettes sont rassemblés en petits essaims.
En colorant les lochies diluées avec le violet
d’aniline, après dessiccation sur la lame porte-objet, on constate que les microorganismes bacilliformes sont eux-mêmes constitués par des cocci rapprochés en séries linéaires.
Dans les fausses membranes et la sérosité purulente du péritoine, nous avons toujours vu les mêmes microorganismes, ainsi que dans le pus des autres séreuses et des abcès métastatiques.
Ces liquides d’ailleurs, empruntés à un assez orand nombre de malades, dont les une sont guéri et dont les autres ont succombé, nous ont confirmé dans l’idée de l’existence d’un microorganisme unique et toujours identique.
Quant au sang, 1l contient des microcoques isolés ou de courtes et orêles chaïnettes mobiles.
SRE De l'inoculabilité du micrococecus septicus puerpéralis.
Une fois en possession des humeurs virulentes, nous avons tenu à déterminer les terrains animés propres à la culture du virus et à nous renseigner sur les lésions que produirait l’inoculation.
M. Chauveau ayant déclaré que le cobaye présente une immunité à peu près absolue contre le microphyte mfectieux de la septicémie puerpérale, qu'il est même impossible de le rendre malade par des inoculations de matières très virulentes, tandis que le lapm, au contraire, est très sensible à l’action de ce
microbe, nous avons commencé par expérimenter sur ces deux espèces animales.
La différence de réceptivité qu'elles présentent était du reste un moyen précieux pour distinguer le microbe de la septicémie puerpérale des autres agents septiques ; le cobaye ne résistant pas au vibro septieus, par exemple.
« Nous verrons, à propos des cultures, qu'ilest des circonstances où le cobaye lui-même ne résiste pas à l'action du micrococcus septicus puerpéralis. »
Les séreuses constituant la voie d'introduction la plus favorable au développement des effets de l’inoculation, c’est dans le péritoine que nous avons dabord imoculé le lapin et le cobaye.
Le premier de ces animaux seul a succombé à l'inoculation des lochies ou de la sérosité péritonéale de la femme. Le cobaye a constamment résisté. Ces liquides naturels emportent le lapin en trois, ciaq, SHC HUE CI OS. RN
Pendant la maladie, on observe constamment une diarrhée très abondante, une grande prostration et enfin de la parapléoie.
Voici ce que donne l’autopsie :
Au point où la sermgue a perforé la peau pour pénétrer dans le péritoine, se développe presque toujours une sorte d'infiltration purulente plus ou moins concrétée. Dans le péritoine, on trouve les lésions d'une péritonite plus ou moins grave ; quelquefois l'injection vasculaire est peu marquée ; d'autrefois, l'injection est vive, l’épanchement est abondant, surtout chez les femelles pleines.
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Il est constitué par une sérosité louche dans laquelle on trouve en grande quantité le micrococceus sous forme de point unique ou de double point. Dans le liquide flottent des fausses membranes blanchâtres, fibrmopurulentes, remplies de microbes. La péritonite peut s'accompagner de pleurésie généralement double et de péricardite simple ou purulente, surtout dans les formes chroniques.
Les lymphatiques cutanés correspondant à la plaie d'inoculation sont remplis de pus et les ganglions où ils aboutissent présentent la même lésion.
Chez quelques animaux, la péritonite est peu prononcée ; elle peut même complètement faire défaut. Ces animaux sont morts cependant très rapidement après l’moculation. Ils ont succombé à une infection générale. Leur sang renferme en abondance le microphite infectieux ; 1l pullule surtout dans le sang des vemes sushépathiques. Aussi, le sang pris dans ces veines montre-t-1l toujours une extrême virulence ; quel qu’ait été le mode d’inoculation.
L'njection sous-cutanée à la paroi abdominale donne à peu près le même résultat. Quelquefois, il se développe une péritonite partielle par propagation , ct les animaux peuvent également succomber à l’infection générale.
L'inoculation dans le corps muqueux de la peau, c'est-à-dire sous-épidermique, reste quelquefois sans effet,cependant elle peut réussir quand on inocule le sang des veines sus-hépatiques.
Parmi les animaux ainsi inoculés, il y eut six cas de mort très rapide ; tous les autres présentèrent des abcès.
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Ce microbe est vraiment pyogénique, car il provoque la suppuration dans tous les tissus où 1] pénètre.
L'injection de matières septiques danslesjugulaires ne produit pas d'accidents de nature Imflammatoire. Les animaux succombent à l'infection générale. On ne trouve que quelques lésions pulmonaires, qui ne vont Jamais jusqu'à la bronchopneumonte. Elles consistent surtout en hyperémies et hémorrhagies.
Un fait important à signaler, e’est que dans un nombre très considérable d'expériences faites, tant par M. le professeur Chauveau que par nous-même et dont les résultats ne se sont jamais démentis, nous avons pu reproduire toutes les variétés de la septicémie puerpérale, et jamais nous n'avons vu l'agent infectieux se modifier dans sa forme et sa nature.
Ainsi donc, quoi qu'en ait dit M. Doléris, ce ne sont pas des microorganismes différents qui produisent les formes variées de l’intoxication puerpérale, mais bien un seul et même agent qui se comporte différemment suivant les circonstances. Les cultures parleront dans le même sens.
Les résultats de nos inoculations ont toujours été identiques, quelles que soient les matières septiques employées, pus de la péritonite puerpérale, de la pleurésie, de l’arthrite, des abcès, et même sang des malades.
Nous serions incomplet, si nous n’ajoutions que les imoculations en série nous ont montré, comme à Frænkel, que le virus prend plus d’activite en passant dans l'organisme du lapin. Les humeurs pathogènes
recueillies chez ce dernier tuent plus rapidement et avec des lésions plus intenses que celles qui sont directement recueillies chez la femme.
Le sexe et l'état du sujet qui reçoit l'imoculation ne paraissent pas modifier beaucoup le résultat. Qu'il s'avisse d'un mâle ou d'une femelle, les symptômes et les lésions observés sont à peu près semblables. L'état de gravidité ne modifie même pas sensiblement la marche de la maladie expérimentale : peut-être chez les femelles pleines où qui viennent de mettre >as le péritoine s'enflamme-t-1l plus rapidement.
Des injections imtra-péritonéales chez des femelles de cobayes pleines n'ont eu aucune imfluence sur leur état.
Quant à l’âge, nous avons remarqué que les jeunes sujets offrent moins de résistance que les adultes.
Quelques rares lapins se sont montrés réfractaires à des injections de virus dont l’activité se manifestait cependant d’une facon non douteuse chez des sujets de la même espèce.
On pourrait maintenant nous reprocher de n’avoir pas indiqué comment agit le micrococcus septieus puerpéralis.
C'est à dessein que nous ne l'avons pas dit. N'ayant pas étudié ce côté spécial de la question, nous ne voulons pas endosser une lourde responsabilité, car toutes les idées qui jusqu'à ce jour ont été émises sur le mode d'action des microbes, ne nous paraissent pas basées sur des données scientifiques suffisamment sérieuses. Tout au plus, eroyons-nous pouvoir affrmer que le mierococcus septieus puerpéralis appartient à la famille des bactériens.