‹ Étude expérimentale sur les actes mécaniques du vomissementChapitre 3 sur 15 · PLAN GÉNÉRAL DU SUJET · texte numérisé non relu

PLAN GÉNÉRAL DU SUJET

On peut théoriquement diviser le vomissement en deux temps principaux ; un premier dans lequel le contenu de 1 estomac passe dans l’œsophage (phase préparatoire); un second dans lequel les matières sont rejetées au dehors (phase d expulsion). Ce dernier est le phénomène terminal O est lui qui constitue en réalité le vomissement ; c'esi

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seconde qu’à la première de ces périodes. L’importance de celle-ci est cependant considérable.

Quelles que soient les puissances qui interviennent pour faire passer le contenu de l’estomac dans l’œsophage, elles ne peuvent arriver à produire ce résultat qu’à la condition expresse que la pression thoracique soit inférieure à la pression abdominale. L’œsophage et l’estomac sont en effet des cavités à parois souples et dépressibies qui n’ont pas de pression propre et n’ont que celle du thorax et de l’abdomen qui les renferment ; jamais ces parois ne peuvent devenir assez rigides pour se soustraire aux influences manométriques du milieu où elles sont contenues. L’inégalité de pression que nous venons d’indiquer comme nécessaire à la production du vomissement, est donc un fait que l’on peut accepter à priori : nos expériences l'ont d’ailleurs suffisamment démontré. (Test de la considération de ce fait même que nous sommes partis pour commencer nos recherches en suivant une série d’idées que l’on voudra bien nous permettre de rappeler.

Dans la théorie du vomissement, telle qu’elle est acceptée depuis Magendie, l’inégalité des pressions thoracique et abdominale existe-t-elle au moment présumé du passage des aliments, de l’estomac dans l’œsophage. C’est un point que les auteurs ne mentionnent point et qui ne ressort pas de leur description même. Voici en effet ce qu’elles indiquent : forte inspiration, abaissement exagéré du diaphragme, occlusion delà glotte, contraction convulsive des muscles abdominaux qui, pressant l’estomac entre eux et le diaphragme immobilisé, en expulsent le contenu par celui de ses deux orifices qui cède le premier, c’est-à-dire par le cardia. Cette description est vraie dans la plupart de ses traits ; mais ce n'est en somme que celle de l 'effort. Qu on la rapproche de celle que les traités de physiologie font de

ce dernier acte, on n’y trouvera point de différences essentielles. L’effort et le vomissement seraient-ils donc des actes identiques ? On ne saurait nier qu’ils ne présentent entre eux les rapports les plus intimes ; il est même évident que dans, la phase expulsive, le vomissement se confond avecl’effort. Mais s’il en est ainsi dès le début du phénomène, comment tout effort n’aboutit-il pas au vomissement ? Gomment, dans l’accouchement par exemple, alors que tous les muscles qui limitent l’abdomen se contractent pour aider aux contractions utérines, comment n’y â-t-il pas de rejet des aliments ? Il y a là un point qui nous échappe ; il y a sans doute entre les deux actes que nous mettons en présence, une différence initiale qu’il importe d’établir. Cette recherche, pour être logique, doit procéder de la façon suivante : étude comparée des pressions thoracique et abdominale pendant la respiration régulière, pendant l’effort, pendant le vomissement.

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