ET ABDOMINALES
L’exploration des mouvements des parois thoraciques et abdominales a été jointe dans quelques expériences à celle des pressions. Mais en raison même de la violence des actes musculaires qui président aux différentes phases de l’acte du vomissement, les courbes fournies par les appareils explorateurs appliqués sur les parois thoraciques et abdominales, ont donné des indications compliquées, d’une interprétation difficile et variable du reste suivant le point d’application des appareils. Nous avons insisté, dans le chapitre relatif à la Technique , sur la nécessité de contrôler par l’exploration des pressions intérieures les indications fournies par l’exploration des mouvements des parois. Nous ne reviendrons pas ici sur ce point. La meilleure preuve que nous puissions donner de cette nécessité, c’est l’erreur dans laquelle nous semble être tombé M. Toussaint qui a plutôt étudié les mouvements des parois que les pressions intérieures.
Au moment de la phase préparatoire du vomissement, M. Toussaint constate l’affaissement des côtes ; et comme la pression trachéale qu’il explore ne peut lui indiquer la forte aspiration thoracique qui se produit alors , il conclut logiquement, d’après les prémisses dont il dispose, que cet affaissement des côtes est un mouvement
actif, et poussant plus loin le raisonnement, il établit que la pression augmente dans la poitrine avant le vomissement. Il est beaucoup plus simple d’admettre que le vide créé dans la poitrine par l’abaissement exagéré du diaphragme et non compensé par une entrée suffisante de l'air, entraîne une dépression de la paroi thoracique sous l’influence de la pression extérieure. C’est un phénomène analogue au tirage sus-sternal ou épigastrique, qui se produit quand un obstacle arrête l’entrée de l’air à la partie supérieure des voies aériennes. La notion que nous avons acquise des pressions exactes intra thoracique et intra abdominale nous fait paraître ces phénomènes tout naturels ; mais l’analyse n’aurait pu en être faite par la seule étude des mouvements pariétaux.
Enfin une nouvelle cause d’erreur se présente; mais celleci, du moins, peut en partie être évitée. Lorsque l’appareil explorateur est appliqué au niveau des fausses côtes, on ne peut savoir de quelle cavité : thorax ou abdomen, le tracé représente les modifications. Tout dépend alors du type respiratoire de l’animai : a-t-il le type costal supérieur, on inscrit les mouvements de l'abdomen ; a-t-il le type inférieur, ceux du thorax . La région des fausses côtes, en effet, constitue une sorte de zone neutre au niveau de laquelle les deux cavités se pénètrent réciproquement, et l’augmentation de son périmètre peut tenir aussi bien au refoulement des viscères abdominaux vers le thorax qu’à la dilatation propre de cette cavité. Il faut donc appliquer les ceintures pneumographiques soit vers le haut de la poitrine, soit vers le bas du ventre.
Pour toutes ces causes nous n’avons pas insisté longuement dans nos expériences sur l’étude des mouvements dé la paroi antérieure du tronc. Cependant il est une phase dé Vomissement dans laquelle ces indications superficielles
Figure 12.
Mouvements de la paroi abdominale pendant le vomissement.
Pr. pl, Pression pleurale. M. ab , Mouvements de la paroi abdominale. P, aby Pression abddminale.
Arnozan. 5
peuvent avoir leur utilité, c’est la phase d’expulsion. Alors en effet, bien des causes d’erreur sont supprimées : la pression devint égale et positive dans les deux cavités, le diaphragme cesse d’agir, la pression atmosphérique inférieure aux pressions internes ne peut plus manifester son influence, et les appareils explorateurs indiquent alors en toute réalité les mouvements des parois sur lesquelles ils sont appliqués. Deux figures (11 et 12) montrent bien quelle est alors l’action des muscles du thorax et de l’abdomen. Dans la première qui représente un vomissement véritable, bien que non suivi d’expulsion (voy. plus loin chap. IX) , les côtes s’abaissent dans un mouvement expiratoire exagéré, mouvement que traduit la descente de la ligne Th. du tracé. Dans la seconde, l’explorateur appliqué sur la paroi abdominale indique une contraction permanente des muscles qui la composent, contraction qui atteint son plus haut degré au moment où va commencer l’expulsion et se maintient, avec d’imperceptibles oscillations, jusqu’à ce que la réjection soit complète. Cette exploration confirme donc les résultats que nous avait donnés l’étude des pressions, mais elle y ajoute en réalité peu de chose.