‹ Étude expérimentale sur les effets physiologiques des fluorures et des composés métalliques en généralChapitre 18 sur 22 · C2H30 (UO · texte numérisé non relu

C2H30 (UO

Il cristallise en prismes rhomboïdaux, jaunes, transparents et facilement solubles. lgr, 92 d'acétate d'uranium contiennent 1 gramme de métal.

Le 21 mars, j'injecte, à l'aide d'une sonde œsophagienne, 25 centigrammes d'acétate d'uranium dans l'estoimac d'un chien de taille moyenne et à jeun. Je n'observe :aucun symptôme, si ce n'est un vomissement aqueux, qui a llieu cinq quarts d'heure après l'absorption du sel. Le chien dîne une heure plus tard avec son appétit ordinaire.

Le 23, je lui administre 50 centigrammes d'acétate d'uramium dissous dans 20 grammes d'eau. Un vomissement semiblable à celui de la veille arrive cinq quarts d'heure après. lL'état général est satisfaisant, cependant le chien éprouve iune soif considérable ; il boit 500 à 600 grammes d'eau. Son appétit est conservé, et il n'a pas de constipation.

Le 25 mars, il reçoit 1 gramme d'acétate dissous dans M) grammes d'eau. Il a encore un vomissement aqueux cinq quarts d'heure après l'ingestion du sel. Je le vois uriner deux fois dans l'espace de deux heures ; son urine, que je peux rrecueillir en partie; ne renferme ni sucre ni albumine. Ses > [pupilles, que je n'avais pas examinées les jours précédents, me me paraissent ni dilatées, ni contractées.

RAMJTEAU. 9

Le 26 mars, à trois heures et demie, je lui fais avaler 2 grammes d'acétate dissous dans /i0 grammes d'eau. Trois quarts d'heure après l'absorption du sel il a un vomissement aqueux renfermant un peu de mucus; puis, vingt minutes plus tard, deux vomissements successifs de matières spumeuses et blanches. Les pupilles ne sont pas dilatées. L'animal semble abattu, il n'a pas de fièvre; la respiration me paraît peu ample et un peu moins fréquente. A quatre heures un quart, je recueille un peu de son urine; je ne puis y trouver du sucre; la chaleur et l'acide nitrique y produisent un louche imperceptible. Enfin, loin de présenter de la constipation, le chien a une selle renfermant des glaires et des matières ramollies. Il refuse de manger à cinq heures et demie.

Le 27 mars au matin, je l'ai trouvé un peu moins abattu, mais il avait peu d'appétit. Je l'ai laissé sans traitement ainsi que les jours suivants jusqu'à sa mort, qui est arrivée dans la nuit du 31 mars au 1" avril. Pendant tout ce temps, je n'ai jamais observé de fièvre; son urine, examinée chaque jour le matin, n'a jamais renfermé de sucre ni d'albumine. Son appétit est allé toujours en diminuant ; dès le 27 mars il a refusé tout aliment. Sa respiration était moins ample et moins fréquente qu'à l'état normal ; enfin la veille de sa mort, en l'auscultant, je n'ai rien entendu de particulier ; les battements cardiaques étaient ralentis.

Autopsie. — Rigidité cadavérique complète, pupilles extrêmement dilatées. L'encéphale, la moelle épinière, les poumons, le pancréas, la rate, ne présentent rien d'anomal ; les reins sont petits. Le cœur est volumineux, ses cavités droites sont remplies complètement de sang non coagulé. Les veines caves, les veines mésaraïques, les veines jugulaires et cru-

raies, celles du rachis, en un mot tout l'ensemble des gros vaisseaux veineux est distendu par le sang. La vessie est vide ainsi que le gros intestin et l'intestin grêle. L'estomac présente une vaste ecchymose siégeant sur sa face antérieure et le long de sa grande courbure, plus près du cardia que du pylore. Le mésentère est également ecchymosé en plusieurs points.

Élimination de l'uranium. — J'ai recherché ce métal dans l'urine, mais je n'ai pu le retrouver. La bile que j'ai recueillie à l'autopsie a été de même soumise à l'examen chimique ; elle ne contenait que des traces d'uranium. Je conclus de ces faits que ce métal, comme bien d'autres, est éliminé surtout par la bile.

2° Antimoine (Sb).

Poids atomique. . 122 — Chaleur spécifique.. 0,05077 — Densité.. 6,7

N'ayant fait aucune recherche sur ce métal, je constate seulement que son poids atomique est élevé, ce qui concorde ;ivir sou activité physiologique, et je passe immédiatement à l'étude du bismuth.

3° Bismuth (Bi).

Poids atomique. . 210 — Chaleur spécifique. . 0,03084 — Densité.. 9,9

Le bismuth se trouve dans la nature à l'état natif. Pour l'o!>t<>iiir, on chauffé son minerai dans des cylindres inclinés, la gangue reéte dans le cylindre, le bismuth s'écoule et est recueilli. Ce métal renferme souvent de l'arsenic; pour le purifier on le calcine dans un creuset avec du nitre; l'arsenic passe â l'état d'arséniate de potassium, tandis que le métal se rassemble en culot au fond du creuset.

On dit partout que le bismuth cristallise eu cube, il n'en est rien ; on sait depuis vingt ans bientôt qu'il cristallise en un rhomboïde se rapprochant du cube, en d'autres termes il appartient à la tribu des rhomboédriques de M. Delafosse [Cours de minéralogie). Il fond à 267 degrés; il est dur, mais fragile, aussi est-il facile de le réduire en poudre.

Le bismuth est considéré généralement comme un métal remarquable par son innocuité. J'ai partagé d'abord, comme tout le monde, cette opinion classique qu'a fait répandre l'usage du sous-nitrate ; mais ma croyance à ce sujet a été fortement ébranlée par une expérience que je rapporterai bientôt. D'ailleurs les propriétés dynamiques des sels de bismuth solubles sont très-peu connues, ce qui tient à ce qu'on n'a employé que des préparations insolubles de ce métal.

Aussi, pour trancher la difficulté, et pour rapprocher physiologiquement ce métal de l'antimoine, auquel il ressemble tant par ses fonctions chimiques, j'ai préparé et employé l'émétique de bismuth, sel déjà connu des chimistes.

Avant de rapporter l'expérience que j'ai faite, je vais dire quelques mots sur le sous-nitrate et le carbonate, qui ont été employés en médecine.

Sous-nitrate de bismuth. — Depuis les travaux de M. Monneret, qui a fait voir que lé sous-nitrate de bismuth peut être donné sans inconvénient jusqu'à la dose énorme de 60 grammes par jour, ce sel est un de ceux qui sont le plus employés dans l'art de guérir. Il est souverain dans la dysenterie et dans les diarrhées de toute nature, surtout dans celles qui accompagnent les maladies où s'effectuent des résorptions purulentes ou septiques. M. Bouchardat {Manuel de matière médicale) pense avoir établi la véritable théorie de l'efficacité

dii sous-nitrate de bismuth, en démontrant qu'il agissait surtout comme désinfectant, et que ses indications les plus nettes se rattachaient à cette action désinfectante ; en effet, il réussit surtout dans les gastralgies accompagnées de fétidité de l'haleine et dans les diarrhées putrides. Son action désinfectante, est double par l'hydrogène sulfuré absorbé et par l'acide nitrique mis en liberté; M. J. Regnauld a surtout insisté sur cette dernière condition.

Pour que le sous-nitrate de bismuth soit d'une innocuité parfaite, il faut qu'il ne renferme pas d'arsenic et qu'il ne soit pas acide, car le nitrate acide est toxique.

Sous-carbonate de bismuth. — Le sous-carbonate de bismuth, préconisé par Hannon, est tout aussi insoluble que le sous-nitrate. Cependant il se dissout en petite quantité dans l'estomac, mais le chlorure qui en résulte doit se décomposer, de sorte qu'il pénètre dans l'organisme moins de bismuth que ne le croyait Hannon. Il n'est point nécessaire d'ailleurs que le bismuth soit absorbé, puisqu'il est reconnu que le sousnitrate produit les effets les plus heureux en agissant localement dans l'intestin. Le sous-carbonate de bismuth n'a pas prévalu.

Emétique de bismuth. — L'émétique de bismuth est un corps blanc, solubledans l'eau; j'ignore encore son degré de solubilité et sa forme cristalline, mais je fais des recherches à ce sujet. On l'obtient en faisant bouillir pendant longtemps de l'eau contenant du bitartrate de potassium et de l'oxyde • le bismuth en excès. Il se dépose, par la concentration de la liqueur, un sel ayant pour formule C4H2K(BiO)'05. On voit que cette formule est analogue à celle du tartre stibié chauffe

à 200 degrés, le radical antimonyle clan! remplace parle radical monoatomique BiO appelé bismuthyle.

64° Expérience. — Je porte à l'aide d'une sonde œsophagienne, dans l'estomac d'un lapin, n'ayant mangé dans la journée que du pain à discrétion , une solution de quelques centigrammes d'émétique de bismuth dissous dans 25 grammes d'eau distillée. Aussitôt après, l'animal éprouve de violentes secousses, des efforts considérables de vomissement (les lapins m1 peuvent vomir), et tombe bientôt l'écume à la bouche; les battements cardiaques se ralentissent et il meurt, pendant qu'avec l'assistance de mes collègues du laboratoire je cherche à lui retirer une partie du liquide à l'aide de la pompe gastrique. Tout cela s'est passé en moins de trois minutes. Je l'ouvre presque immédiatement, après avoir fait toutefois des tentatives inutiles pour le rappeler à la vie, en comprimant alternativement le thorax. Le cœur bat encore. Ce qui me frappe, ce sont des ecchymoses à la surface et dans l'épaisseur des poumons, produites sans doute par les efforts de vomissement; ce sont surtout les fortes contractions de l'estomac et des intestins. L'estomac, ayant été vidé et lavé, a semblé se contracter encore. Les mouvements péristaltiques de l'intestin ont persisté longtemps; je les ai constatés, une demi-heure après la mort, sur le gros intestin qui reposait hors de l'abdomen sur une table, et, une heure après la mort, je les réveillais facilement encore sur l'intestin grêle par le simple toucher.

Le cerveau, le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière ne présentaient pas d'ecchymoses; L'encéphale était au contraire plutôt anémié.

Quelles conclusions tirer de celte expérience? Il est hors

de doute que, sans l'émétiquc de bismuth, le lapin ne serait pas mort. Mais l'ipéca ne produirait-il pas les mêmes effets? Je ne puis actuellement me prononcer sur les effets toxiques du bismuth; il faudrait des expériences nombreuses et variées, des injections de sels solubles de ce métal dans le sang et sous la peau. Toutefois, j'incline à penser que le bismuth doit être un métal actif; c'est ce que son analogie avec l'antimoine m'avait déjà suggéré.

Il" Osmium (Os).

Poids atomique. . 197 — Chaleur spécifique. . 0,03063 — Densité. . 10 environ.

L'osmium a été découvert en 1803 par Tennant, et a été étudié dans ces dernières années par M. Fremy. Ce corps se rencontre dans la nature, surtout à l'état d'osmiure d'iridium; on l'obtient en calcinant le chlorure ammoniaco-osmique.

L'osmium n'est ni fusible ni volatil ; il est peu tenace et peu malléable ; cependant il est possible de le réduire en lames qui ont l'aspect du platine. Ce métal devrait^ par ses fonctions chimiques, être rangé à côté de l'arsenic. Il s'enflamme dans ('oxygène à 100 degrés et donne de l'acide osmique; l'acide azotique lui fait subir la même oxydation, et le nitre le transforme en osmiatc de potassium.

Les combinaisons les mieux étudiées de l'osmium sont : l'acide osmique, les osmiates et les osmites, bien que l'acide osmieux lui-même n'ait jamais été isolé. Je ne traiterai que du premier de ces composes.

Acide Qfflàqm&i — Ce corps, te plus remarquable des composés de l'osmium, csl un produit de l'oxydation directe de ce

métal; on le prépare en décomposant un osmiate ou un osmite par les acides. Il cristallise en prismes incolores, brillants, flexibles, fusibles à AO degrés et très-solubles dans l'eau, l'alcool et l'éther. La solution aqueuse abandonnée à l'air en laisse dégager une partie, et la solution alcoolique ou éthérée le réduit bientôt en osmium métallique, qui se dépose sous forme d'une poudre brune. 11 est réduit également par le tannin et par plusieurs métaux, tels que le fer, le zinc, l'étain, le cuivre.

L'acide osmique est un acide faible qui ne rougit pas la teinture de tournesol et ne décompose pas les carbonates. Il forme, avec les alcalis, des sels incristallisables, que l'ébullition décompose en partie, en laissant dégager l'acide.

Je renvoie, pour les détails sur les autres combinaisons osmiques, au travail de M. Fremy, auquel j'ai emprunté une partie de ce qui précède.

Propriétés physiologiques. — Les vapeurs de l'acide osmique produisent sur les yeux une sensation de chaleur, et, si leur action est un peu prolongée, elles déterminent de de la conjonctivite. L'acide osmique produit également une inflammation des arrière-fosses nasales. Enfin les chimistes qui traitent l'osmiure d'iridium pour en obtenir soit de l'acide osmique, soit de l'iridium, voient des aphthes, des ulcères couvrir leur visage, leurs mains et quelquefois leur corps presque tout entier. Il faut conclure de ce fait que l'osmium est un métal délétère. C'est ce que pouvaient faire prévoir d'ailleurs ses analogies avec l'arsenic, et son poids

atomique élevé.

Le professeur Schulze (de Bonn) est le premier qui ait employé l'acide osmique dans l'étude micrographique des nerfs.

Il me resterait maintenant à parler du tantale et du niobium, mais ces métaux sont très- peu connus.

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