MÉTAUX
Depuis longtemps déjà j'avais été frappé de ce fait que les imétaux lourds, tels que le plomb, le mercure, sont en généiral toxiques, tandis que les métaux légers, tels que le sodium, Lie magnésium, sont pour ainsi dire inoffensifs. Aussi avais-je Ipensé d'abord qu'il existait une certaine corrélation entre la ddensité des métaux et leur énergie physiologique. De nombreuses exceptions à cette règle, comme celle qu'offrent le unercure et le platine comparés entre eux, me l'ont fait abandonner, bien qu'elle soit vraie en général, et je me suis rattaché à l'idée des poids atomiques. C'est alors que j'ai trouvé Ijne loi dont le travail suivant sera la démonstration, savoir : mmie les métaux sont d autant plus actifs que leur poids ato- Ynique est plus élevé. Je ne veux point dire par là qu'un :lmétal dont le poids atomique est le double d'un autre, soit ^leux fois plus toxique que celui-ci, je veux exprimer seule- Iment qu'il l'est davantage. Guidé par cette idée théorique, j'ai ■interrogé les propriétés de divers métaux, et je suis arrivé à lies résultats qui ont prouvé la vérité de la loi que j'avais llrrouvée.
Le cuivre el le rubidium échappent à celte loi : en effet, le cuivre, dont le poids atomique est faible, est toxique à un haut degré, et le rubidium n'est pas plus actif que le sodium, bien que son poids atomique soit élevé. Mais quelle est la loi qui ne souffre pas d'exceptions?
La tâche que je me suis imposée est immense : elle m'occupe déjà depuis quelques mois, et il me faudra près d'un»1 année pour l'achever. Il s'agit en effet de passer en revue tous les métaux, de vérifier les faits qu'on possède déjà sur leur activité, et d'instituer des expériences entièrement neuves sur un grand nombre d'entre eux, qui n'ont jamais été éludiés par les physiologistes.
Dans mes expériences, j'ai employé de préférence les acétates métalliques. Voici les motifs qui m'ont guidé dans ce choix. D'abord, presque tous les acétates sont solubles; en second lieu, pour une même espèce de sel, le genre exerce une aclion indépendante du métal, action dont il faut tenir compte. Ainsi j'ai prouvé, dans la première partie de ma thèse, que les fluorures sont plus dangereux que les chlorures, lors même que dans chaque genre de ces sels il entre la même quantité de métal; on commettrait une grossière erreur en confondant le cyanure et le fluorure de sodium. De même un azotate, le nitre par exemple, n'agira pas de la même manière qu'un tartrate, le bitartratede potassium. Je m'explique ainsi quelques divergences qui ont existé entre les résultats trouvés par M. Leconte et par moi, en expérimentant chacun sur l'uranium. M. Leconte a employé l'azotate d'uranium, tandis que j'ai expérimenté sur l'acétate. D'un autre côté, on sait, depuis les belles expériences de M. Wohler, que plusieurs acides organiques, tels que les acides citrique, malique, tartrique, acétique, etc., son! bnï-
és dans l'économie en donnant naissance à de L'eau et à :,e l'anhydride carbonique. Il résulte de ce fait qu'en employant un citrate ou un acétate, etc., on arrive à des résultats comparables, l'influence de l'acide étant élilinée.