FONCTIONS DE LA MEMBRANE
En outre de la fonction générale de protection que les membranes exercent sur le protoplasma, elles ont diverses autres fonctions qu'il importe de passer en revue, et qui varient comme, nous le
verrons, avec les modifications subies ultérieurement par elles.
Tant qu'elles sont jeunes, les parois cellulaires sont peu élastiques el, par contre, très extensibles pour qu'elles puissent suivre l'accroissement de la cellule. Plus tard, c'est le contraire qui a lieu. L'osmose, qui peut s'effectuer à travers les membranes, est une de leurs fonctions principales, dans la nutrition de la cellule: encore n est-elle que secondaire el mème passive, par rapport à la même fonction exercée par le protoplasme. On sait très bien, en effet, à l'heure actuelle, que c'est le protoplasme qui est surtout le siège des phénomènes osmotiques, et reçoit, ou non, dans sa masse les nombreuses substances que la paroi cellulaire laisse passer entre ses molécules. Ces substances peuvent être des gaz ou des liquides, et, dans le dernier cas, elles ne le traversent que très peu ou pas du tout, si ce sont des colloïdes, ainsi que nous l'ont appris depuis très longtemps GRAHAM et DUBRUNFAUT.
* La membrane est donc perméable. Elle est, de plus, perméable dans les deux sens, mais les travaux de Wiesner et Mousou (4) ont montré qu'en ce qui concerne les gaz, il était nécessaire pour qu'ils puissent traverser la membrane que celle-ci soit imbibée. L'osmose des gaz ne s'effectue pas à travers des membranes sèches.
Au furet à mesure que la paroi cellulaire se développe, ses fonclions changent avec les progrès de l’âge ét avec les modifications dont elle est le siège. Ces modifications peuvent être, on le sait, de
929 — ns nature physique ou de nature chimique et nous les étudierons séparément. «2
Les modifications physiques consistent surtout dans l'apparition des sculptures de la membrane, épaississements ou ponctuations, qui ont évidemment leur raison d'être.
Les épaississements augmentent la solidité de la membrane. Quand ce sont des bandes, elles sont toujours dirigées dans le sens de la plus grande pression qui s'exerce sur la cellule, de façon à s'opposer à celle pression.
Le fait est manifeste même chez les parenchymes, comme le fait remarquer Baranerzki (2,197) ; mais il est bien plus apparent chez les vaisseaux. Comme ceux-ci perdent de bonneheure leur protoplasma et leur force de turgescence, leurs épaississements annelés, rayés ou spiralés, les empêchent d’être écrasés par la turgescence des parenchymes voisins.
IlLest intéressant de remarquer, au sujet de la sculpture des vaisseaux, qu'elle n'existe dans les organes jeunes que sous forme . de spirales ou d'anneaux. Les vaisseaux doivent, en effet, suivre l'organe pendant sa croissance en longueur, et les anneaux ou les spirales qui sont extensibles leur permettent de s'étirer, pendant qu'ils sont déjà le siège d'une active circulation de l'eau.
Si les épaississements consolident la cellule, les ponctuations facilitent les échanges entre les cellules voisines. Largement ouvertes et perforées,comme on l’a vu dans les cribles des Angiospermes, où elles permettent la libre circulation du contenu cellulaire entre les différentes parties des tubes criblés, elles sont probablement fermées ailleurs par une fine cloison, à travers laquelle les échanges se font par osmose, el sans doute aussi par le concours des plasmodesmes.
Les ponctuations aréolées, si curieuses, des Conifères paraissent avoir une fonction fort intéressante aussi. On sait que leur fine Jamelle de fermeture est épaissie en disque à son centre. Pour Russow et Parrexueim (8), ce disque fait office de soupape Lorsqu'un vaisseau vient à se vider de son contenu, la pression se trouvant plus forte dans les vaisseaux voisins, le clapet vient s'appliquer contre l'orifice de l'aréole et le ferme. L'air se trouve ainsi raréfié, et comme il ne peut plus passer d'un vaisseau à l'autre, c'est l'eau
qui vient rétablir l'équilibre de tension.