THÉORIE DE L'INTUSSUSCEPTION
Les fails accumulés précédemment ont montré suffisamment, je crois, que la turgescence ne joue qu'un rôle secondaire dans l'accroissement en surface. Mais ce rôle n’en existe pas moins ; la membrane subit, de la part du protoplasme et des liquides qu'il renferme, une pression qui tend à augmenter sa surface et détermine, par suite, un écartement de ses molécules. Celles-ci peuvent dès lors admettre entre elles de nouvelles molécules venues du protoplasme ; ces particules s'ajouteront aux premières, non
seulement dans le sens tangentiel, mais encore endireclion radiale, et la membrane s’accroîtra en surface aussi bien qu'en épaisseur par le procédé qu'on a appelé l’inlussusceplion.
Si l'on admet cette hypothèse, les difficultés d'interprétation rencontrées précédemment disparaissent d’'elles-mêmes, et il devient facile d'expliquer les plissements des parois du mésophylle des Pinus, aussi bien que les ondulations de certaines autres membranes et que les formations anormales du thalle des Mucor.
Ilnous faut donc exposer en détail celte théorie et dire dans quelles limites elle doit être acceptée.
L'hypothèse de l'intussusception fut introduite dans la science par Narceu en 1858 (25), dans son grand travail surles grains d'amidon. Elle fut soutenue, plus tard, par Sacus et FT. pe VRies.
Pour Nage, l'accroissement de la membrane se fait par Infiltration d'une solution aqueuse issue du protoplasme, qui laisse déposer entre les molécules de la membrane de nouvelles molécules de cellulose. La marche même de l'accroissement, la structure interne de la membrane, la faculté qu'elle a de se gonfler et les phénomènes qu'y provoque la lumière polarisée, tendent à la faire considérer comme formée de corpuscules solides qui seraient chacun entourés et séparés par une enveloppe d’eau. Ce sont les micelles. Dans l’esprit de NarGert, ces micelles sont des groupes de molécules qui ne se trouvent pas exclusivement dans la membrane, mais entrent dans la constitution de tous les corps gonflables. L'eau qui les entoure disparait quand les micelles sont desséchés ; ceux-ci se touchent alors. Ils s'écartent, au contraire, par admission d'une nouvelle quantité d'eau dans leur enveloppe, et se séparent ainsi, de plus en plus, les uns des autres. Au fur et à mesure que l’enveloppe d’eau augmente de volume, l'attraction des micelles les uns pour les autres diminue, tandis que leur affinité pour l'eau augmente. Ainsi se trouve expliqué le processus du gonflement, par une théorie qui ne manque pas d’être ingénieuse comme on voit, et qui a aussi l'avantage d’être générale.
Cette hypothèse rend compte, également, de la disposition si curieuse des lamelles de la membrane qui sont alternativement éclairées et sombres comme on sait.
Une fois constituées, les couches s'accroissent par interposition de substance, à la fois en épaisseur et en surface, Dès qu'une couche a