‹ Étude générale de la membrane cellulaire chez les végétauxChapitre 61 sur 117 · HYDRATES DE CARBONE DE RÉSERVE · texte numérisé non relu

HYDRATES DE CARBONE DE RÉSERVE

Les membranes épaissies et très dures de certains albumens comme celui de CofJea arabica, de Phœnix dactylifera, de Phytelephas macrocarpa (Ivoire végétal ou noix de Corrozo du commerce), de Strychnos Nux vomica et de beaucoup de Légumineuses, présentent des caractères si spéciaux qu'elles ont, depuis longtemps, attiré l'attention des biologistes. On sait que, lors de la germinalion, elles sont digérées par la jeune plantule, d'où le nom de cellulose de réserve donné par Reiss (26) à la substance qui les forme.

Les parois de ces albumens cornés sont si épaisses qu'elles occu-

Mort de pent presque tout le volume de l'albumen. Mais tandis qu'elles demeurent dures chez le Phytelephas macrocarpa par exemple, chez le Caroubier et la plupart des Légumineuses, elles se gonflent dans l'eau et forment un mucilage, en se dissolvant, en parle, à la manière des gommes.

E. Scnuze, E. Sreicer et W. MaxweLL (148,231) ont extrait des graines de Lupinus luteus un hydrate de carbone qu'ils ont nommé Paragalactane. Cet hydrate de carbone est insoluble dans l'eau, soluble dans les acides dilués à l'ébullition, en fournissant du galactose. Il est insoluble dans l'oxyde de cuivre ammoniacal, etne se colore pas en bleu par le chlorure de zinc iodé. Girsox (47,414) qui à fait l'analyse micrographique de cette graine, a constaté qu'après avoir débarrassé les coupes de leur paragalactane par l’'ébullition dans l'acide sulfurique à 2 1/2 °/., elles ne paraissent pas avoir diminué d'épaisseur et se colorent fortement par le chlorure de zinc iodé. Comme, d'autre part, on peut facilement en extraire de la cellulose cristallisée, celle-ci se trouve done, dans la membrane, mêlée au paragalactane.

SCHULZE (44), de son côté, en étudiant l'albumen du café, y trouve une substance qui fournit par hydrolyse du dextrose et du mannose, el lui donne le nom de’mannoso-cellulose. Guison 1(47,410) reprend cette étude et fait l'analyse microchimique des graines de caféier, en débarrassant d'abord les cellules de leurs corps gras, par l’alcool et l'éther, des matières albuminoïdes par l’eau de Javel, et lavant ensuite à l'eau distillée. Après ce premier traitement, les cellules sont ‘entièrement vides et les membranes apparaissent distinctement formées de trois parties : lamelle moyenne, couche secondaire et couche tertiaire.

Par le chlorure de zinc iodé, seule la couche tertiaire se colore en bleu pâle (elle est donc cellulosique) ; le restant de la membrane ne se colore pas.

Les membranes résistent énergiquement aux acides (sauf à l’acide sulfurique concentré qui les dissout) et aux alcalis, polasse ou soude, en solution concentrée.

On obtient des réactions fort instructives, en soumettant les coupes aux opérations suivantes : en les traitant à l’ébullition pendant six heures, avec une solution d'acide sulfurique à 12 °;,, leur aspect général ne change pas, bien qu'une partie de la substance

de la membrane se soit dissoute. Après lavage, toute la membrane, sauf la lamelle moyenne, prend une teinte bleu-foncé, avec le chlorure de zinc 1odé.

Ces premiers résultats montrent : 1° que la couche secondaire contient, comme la couche tertiaire, de la cellulose colorée par le chlorure de zinc ; 2° qu'elle renferme en outre une substance ne se colorant pas en bleu par ce réactif, mais se dissolvant par une ébullition prolongée, dans une solution d'acide sulfurique à 12 ?/,.

Celte substance isolée par Gizson, non seulement du Coffea arabica, mais encore du Phylelephas macrocarpa (48), où on la retrouve avec les mêmes caractères, a reçu le nom de paramannane. Le paramannane crislallise, comme la cellulose, en petits sphérocristaux, mais ne se colore pas par le chlorure de zinc iodé. Il est insoluble dans l'eau et dans les alcalis, facilement soluble dans la liqueur de Scuwerzer et l’acide sulfurique concentré à froid.Il se dissout aussi dans l'acide dilué,mais seulement par une ébullition prolongée, en se transformant en mannose. Sa formule serait CEH?20" ou un multiple de celle-ci.

La mannoso-cellulose de Scaurze n'est donc qu'un mélange de cellulose et de paramannane.

Les recherches plus récentes de BourqueLor et Hérissey, de Lau- RENT, de GorET, de CuamPenois, faites sur des graines appartenant aux plantes les plus diverses (Légumineuses, Ombellifères, fève de Saint-Ignace, Noix vomique, etc.), ont montré que, d’une manière générale, les hydrates de carbone de réserve contenus dans les albumens cornés de ces graines sont des mannanes et des galactanes ou manno-galactanes qui sont hydrolysés en mannose et galactose, par les acides étendus. L'hydrolyse peut être obtenue de la même facon, à l’aide d'un ferment soluble ou d'un ensemble de ferments solubles spéciaux rencontrés par BourqQueLor et HÉRISSEY dans les graines des Légumineuses et nommé par eux séminase (27).

Tout dernièrement, Hérissey (28) est arrivé aux mêmes résultats à l’aide de ferments solubles, sans doute analogues à la séminase, et provenant de végélaux très différents tels que Champignons, Orchidées, etc.

AMYLOÏDE

Scucetnex (20) désigne sous ce nom un produit qui se colore directement en bleu par l'iode, tout comme l'amidon, mais s'en distingue cependant par certaines propriétés. On entend actuellement par amyloïdes, des hydrates de carbone sans doute voisins de l'hydrocellulose de Mana et comprenant deux variétés de corps : la première existe en dissolution dans le suc cellulaire de certaines plantes, la seconde se rencontre dans la membrane de, quelques graines, notamment dans les cotylédons de Légumineuses (ymenæa Courbaril, Schotia latifolia, Muenna urens, Tamarindus indica, quelques Lupins) dans les albumens des Pæonia, dans les cotylédons de Tropeolum majus, de quelques Primulacées, etc. On la rencontre dans les membranes du cambium de nombreux arbres, ainsi que dans la couche tertiaire des cellules libériennes du pédoncule des fruits de petit-pois L'amyloïde existe aussi dans la Lichenine. Ilest considéré comme une réserve dissoute ultérieurement, pendant la germination. Aussi sa présence exclue-t-elle presque toujours celle de l'’amidon.

L'amyloïde des graines de Tropeolum majus a élé bien étudié au point de vue chimique par WinrersTeIN (22) et au point de vue micrographique par Gicson (47, 416). Ces auteurs ont montré que si, comme l’amidon, il se colore en bleu par l'iode, il n'est du moins pas attaqué par la diastase. Il est insoluble dans l’oxyde de cuivre ammoniacal et s'éloigne donc à cet autre point de vue de la cellulose.

L'ébullition avec les acides étendus le transforme en galactose, en même temps qu'il se forme probablement ur peu de xylose et de dextrose. Il diffère donc à ce point de vue, non seulement de l’amidon, mais encore de la cellulose, qui tous les deux, dans les mêmes conditions, donnent, comme on sait, du dextrose.

La localisation de l’amyloïde est intéressante à étudier, dans les cellules des cotylédons de la graine de Tropeolum majus. Ces cellules possèdent des membranes fortement épaissies et perforées de nombreuses, ponctuations (fig. 44). Elles sont remplies par une substance jaunâtre dont on peut les débarrasser par traitement à

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