‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 10 sur 200 · Œuvres complètes, t. I«, p · texte numérisé non relu

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ladie, la fièvre, les traces du eharbon contracté à la peste d'Orléans, ont défiguré le misérable. Nul ne veut reconnaître ce fâcheux revenant. Son spoliateur lui soutient qu'il a disparu dans une charge aux dernières guerres; son fermier, en retard de trois termes, est du même avis ; ses parents maternels du Blaisois, fervents catholiques, Taiment autant mort que vivant. Que va devenir Agrippa ? Il se fait transporter demi-mort par bateau à Orléans et, comme Démosthènes, défend son bien et plaide sa cause avec des accents si pathétiques que le juge est convaincu, et les parties repentantes s'écrient que seul le fils d'Aubigné a pu plaider avec tant d'éloquence.

Notre enseigne se trouvait à Paris le 24 août 1 572. Les suites d'un duel, en le forçant à fuir, et peut*étre aussi le conseil d'un huguenot prévoyant ' , le sauvent du massacre. Il se retire dans la maison de Talcy, dont il courtise la fille aînée, Diane Salviati, celle même qui lui a inspiré son Printemps* .Le vieillard fut séduit par la délicatesse d'un amoureux pauvre qui, pouvant faire argent de pièces compromettantes pour le chancelier l'Hôpital, préféra les brûler, « de peur qu'elles ne le bruslassent», et lui accorda sa fille; mais le mariage fut rompu « sur le différent de religion. »

« L'amour et la pauvreté avaient empoché d'Aubi-

1. «Langoiran, depuis Montferrand, va prendre coneé de TAmiral et ne rephana anx questions « Pour quoi il s*en alloit, » que ces paroles : « Je m'en vai pour la bonne chère qu'on vous » fait, aimant mieux estre au rane des fols que des sots, pour » ce qu'on guérit du premier, et de Tautre jamais. » « Cestui-là mesme, sgoute d'Aubigné, me trouva en peine pour un coup d'espee, dont me print bien de le suivre, et ne mespriser son conseil. » [Histoire universelle, t. II, col. 537.)

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