‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 102 sur 200 · Œuvres complètes, 1. 1«', p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, 1. 1«', p

. SUR TH.-AORIPPA d'AUBIGNIÏ. 437

fait aussi fermer les yeax sur ]a défection de Lesdi» guières qui abjurait à Grenoble, vingt-neuf ans, jour pour jour, après son roi^. Le nouveau Connétable jouait un rôle militairetrop. important dans le Midi, pour que notre réfugié ne s'efforçât pas d'entretenir avec lui, dans l'intérêt protestant, de bonnes relations* L'union du Parti, c'est pour lui la condition du salut. En 1622, il écrivait à M. Luteelmann, magistrat de Bàle : « Ce seroit une marque de nostre paix faite avec le Ciel, si, comme toute l'Europe infidelle renge ses hommes, ses trésors et ses desseins (qui estoyent divers) sonbs Testendart de persécution et de la croisade, ainsy, si tws nos dwers partis n'en faisoyent 9u*tm, et si nous prenions de bons yeux pour voir les desroutes eocores plus prochaines que celle de Prague, et que par tel exemple, nous poussions devenir ad* Visez, sans que ce fust à nos despends*. 9

Le passage suivant d'une lettre aux seigneurs de Berne est encore plus formel : «Il est certain que les divers intérêts de tous les Princes qui abaissent leur sceptres soubs le joug de Rome sont aujourd'huy

' i. Ces rapports n'empêchaient pas d'Âubigné de le jnj^er avec une juste sévérité : «M. le Connestable dict à ses familiers une sa révolte n*est par cognoissance de religion, mais au bien aes Eglises pour lesquelles il se damne. Nous devions estre preparez à ce langage, commencé par un Prince qui nous a dict les mesmes choses avec plus d'apparence et aussi peu de raison et moins de succez... Ce grand capitaine, pour nous rendre plus considérables, achevé de nous accabler. Voilà en quelles mains on a conseillé et on conseillera encores aux oprimez et à ceux qu'on veut oprimer d'avoir recours. » {Œuvres complètes, t. !•',

S. 227. Lettre au gouvernement de Berne, 1622.) On voit que 'Aubigné, sans se faire illusion sur la sincérité de cette conversion, comprenait Tutilité d'un aussi puissant allié. 2. Œuvres complètes, t. I«', p. 223.

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adunis et ameutez à un dessein qui est d'esteindre deux choses, premièrement la vérité de Dieu et puis les Republiques et leur liberté ^ Nous cognoistrons que Dieu aura faict la paix avec nous^ et que nos péchez seront hors de devant sa face, quand nous respondrons à la fureur de nos ennemis par la fermeté de nos courages, et sur tout à leur complot et conjuration générale par une générale et saine union '.d

Les intérêts politiques du parti font ici de d'Aubigné un franc républicain, ce qui n'infirme point nos assertions précédentes. Quand il aspirait à former des ré* publiques « une générale et saine union » contre les ennemis de la vérité de Dieu, il ne songeait nullement à combattre une forme de gouvernement, mais à unir contre les nations papistes leurs ennemis naturels, les républiques, même celle de Venise. Il tient son ambassadeur en méfiance contre la cour de France : c( Jamais monarque, lui écrit-il, ne fut bon support des republiques'. » C'est le même conseil qu'il donne à Berne, un instant partagée entre l'alliance française ou espagnole, a II l'engage, « si Tentreprise se tourne en vanité, d'estre armez pour le retour de la foire *. »

Quand d'Aubigné peut concilier ses sentiments de Français et de Calviniste, comme dans le différend de la Valtelinc, où la France et l'Espagne se disputent cette

1. Pour d'Aubigné l'ennemi véritable, le seul, c'est Rome. Il le déclare en adversaire passionné, sans mesure, mais loyal, dès le premier vers de ses Tragiques :

Paisqu'il faut s'attaquer aux légions de Rome, Aux monstres d'Italie....

{Œuvres complètes^ Tragiques^ liv. t*'*, Misères, p. 29.)

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