Œuvres complètes, t. !•', p
SUR TH. -AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 147
pas le résultat de ce traité que notre proscrit entrevoit et cberdie à combattre dans ce plan ? A supposer que cette lettre eût été surprise, évidemment il encourait une cinquième condamnation capitale, comme coupable de conspiration àTétranger contre la sécurité de l'Etat.
Au milieu des obscurités forcées d'uno telle correspondance, quelques phrases trahissent Tattitude de d'Aubigné et la politique des principaux chefs du parti français. En 1621 , il écrit au duc do Roban: « Vostre lettre au Roy a esté reveuë, jugée utile et admirée en ce pays, sur tout pour vostre souplesse et dextérité à confire vos hardiesses et fermes advertissements en la douceur des respects et du debvoû^.» On ne saurait mieux dire; Roban, comme d'Aubigné, en ces circonstances, excellait à envelopper la résistance sous une forme respectueuse. Ils plient et ne rompent point. D'Aubigné, exilé, assagi par la connaissance des hommes, de rang et de fortune plus modestes, se bornera au rôle de VrocwreuTy de conseiller, de correspondant et d'ingénieur ; Rohan, jeune et ardent, une des plus illustres têtes du Parti, restera jusqu'au bout l'homme d'action, il luttera pied à pied, et, réduit aux abois, finira par traiter avec TEspagne. Quelque jugement qu'il encourre pour cet acte de folie et de désespoir, Rohan, du moins, n'a jamais trahi son parti et ses amis. Quand il reprend les armes, deux ans après la paix, et publie son éloquent Discours sur la paix de Montpellier , c'est quo les engagements de la cour n'ont pas été remplis envers ses coreligionnaires.
Sans instituer un parallèle entre deux hommes de conditions si inégales, placés dans des circonstances si