‹ Étude historique et littéraire sur Agrippa d'AubignéChapitre 115 sur 200 · Œuvres complètes, t. I«r, p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, t. I«r, p

4. Voir sur la lettre de ce jeune homme la note 1, p. 44. En voici un passage d'une touchante naïveté : « On dit que les vieillards et les enfants s'entraiment tendrement ; je veux bien que Ton m*estime enfant pour estre aimé de tous. Aussi bien ne suis-je pas encores mineur, et, guand je le serais, si aurai-je tousjours besoin de vostre disciphne que j*ai trouvé de si bon suc durant tout un hiver. »

5. Dans une correspondance manuscrite de Claude de la Trémoïlle avec sa femme, dont nous devons communication à la bienveillance de son descendant, M. le duc Louis de la Trémoïlle, nous n'avons pas relevé moins de dix-sept passages où il parle de son ami « Dobigni. » Ces lettres, à défaut de révélations nouvelles pour notre biographie, attestent, de 1599 à 1604. rintimité, la familiarité, la connance réciproques de d*Aubigné et du duc de Thouars, 1 un des plus nobles caractères de Tepoque. Citons quelçiues passages : « Je n'ay point veu Obigni ; je croy qu'il ne m'aime plus. » « Si ne fust venu, j'estois en grand colère contre luy. » « Je n'ay sn jouir de la présence de

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Plusieurs épitres de consolations, adressées à ses amis dans leurs deuils et afflictions, prouvent «ou influence morale et son autorité sur leur esprit. Nous avons déjà cité une belle lettre de ce genre à M. de Rohan. La lettre à la sœur du roi\ la Duchesse de Bar, n'a pu être dictée que par une sympathie, une véritable affection mutuelle. Elle renferme des lignes d*une tendresse quasi paternelle, d*autant plus charmante qu*elle est plus discrète. Quand il rappelle à cette sœur si longtemps sacrifiée par Tégoïsme fraternel', si ferme en sa foi, ces airs de musique dont il fournissait autrefois les paroles, ces larmes qui semblaient mieux séantes à sa beauté que la gaieté même; quand il la fortifie « pour le bon Combat, » on sent que cet ami, jadis poète de chambre, aujourd'hui directeur d'une conscience endolorie, est l'ami fidèle, éprouvé, des bons et surtout des mauvais jours.

La lettre à Catherine prouve les sentiments de d'Aubigné pour la princesse ; deux fragments de lettres

M. Dobigni que trois jours. » « Je suis après à marier M. Dobigni, je ne scay encore se qui en sera. » Claude écrit encore des eaux de Barootan : « M. Dobigni m'empesche de m'ennuyer, sans luy jorais à souffrir » et ailleurs : « M. Dobigny me faict jouer tous les jours et luy gaigne son argent. » Enfin, dans un autre passage, où Ton voit que M^e de Rohan le voulait charger de lever un petit corps d*armée à Tétranger, d'Aubigné répond, et nous aimons à relever cette réponse : « qu*il estoit fransois et qu'il desiroist mourir en France. »

1. Lettre à Madame, sœur unique du Roy, {Œuvres complètes, t, 1er, p. 531.)

2. Dans le Discours par Stances {Œuvres complètes^ t. IV, p. 320), le poète rappelle un mot dont 1 historien a également consigné le souvenir. (Voir la note 2 de la page suivante.)

Ta as persécuté Ion sang, ta sœur unique, Qui ût voir en sa mort comment la loi salique N'avait point partagé la constance chez loi.

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de> celle-ci ^ montrent que d'Aubigné était payé de retour par la duchesse de Bar: «M. d'Aubigné vous avez satisfait.., aux devoirs d'un amy, en ce que vous n'avez point craint la bayne des puissances qui dominent aujourd'buy, pour m Instruire à mespriser ce que ces lasches et ignorants adorent, en me faisant part de vostre entendement et de vostre cœur... je n'ay que fayre de vous exhorter à la continuation de tous ces bons offices. Gela ne peult venir en doute qu'à ceux qui ne vous ont pas cognu, ou qui malureusement voudroient oublier les preuves de Vostre magnanimité. » Dans un autre passage de cette lettre, la princesse remercie d'Aubigné du bel éloge qu'il lui a décerné en disant «que la loy salique n'avait pas partagé la constance en sa maison», c'est-à-dire l'avait donnée aux femmes et refusée aux hommes*. D'Aubi-

1. Voir aux Documents inédits et pièces justificatives ces deux fragments de lettres de Catherine de Bourbon, tirés du tome III. feuillets 75 et 76, des manuscrits de Bessinges. L'un d'eux a été imprimé dans le Bulletin de tHistoire du Protestantisme françaiSf 24« année (IS''^)» p. 28. Ces fragments, où l'on sent l'expression d'une affectueuse vénération, pourraient bien faire partie de cette « response » de Madame au Traité des douceurs de raffliction que d'Aubigné promet «» au recueil qu'il espère faire. » (Préface des Tragiques.) Ce serait le brouillon d'une copie qui n'a sans doute pas été livrée à l'impression. On sait que M. Ch. Read a réimprimé (1866) ce Traité des douceurs de t affliction, communiqué pour la première fois au Bulletin par M. uhayannes. On lira encore avec un vif intérêt, au Bulletin (2« année, p. 1 H) dix pièces inédites « Lettres et poésies de Catherine de Navarre avec deux lettres de Th. de Bèze, écrites de 1598 à 1605, publiées par M. J. Bonnet.

2. Voici le passage de VHistoire auquel la princesse faisait allusion dans ses remerdments : « Les Jésuites déclarèrent au Duc de Bar sa damnation pour avoir accointance avec une hérétique, ainsi nommaient-ils ceste Princesse qui n'eust rien pour

Sarer à tout cela que des pleurs et de la fermeté. EnGn elle se t laisser en paix, mais elle acquit la colère du Roi pour avoir

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gné n'est pas seulement un ami, c'est, nous Tavons dit, un véritable dtraoteur de consdenee pour Catherine.

Le roi, fatigué de voir sa sœur se rendre « opiniastre en sa Religion, » veut la mettre aux prises avec quelques docteurs choisis par lui. Il aime ces conférences, où triomphe l'éloquente érudition de du Perron. Ce sont tournois qui amusent sa curiosité et rassurent peut-être les inquiétudes de sa conscience. Catherine, obligée de subir cette nouvelle inquisition imposée à sa foi, cède et « lui laisse le choys des douze, horsmis de trois qu'elle a voulu nommer. » Ces trois hommes de son choix sont, avec M. de Courde, son Pasteur et d*Aubigné. Elle n'a qu'une terreur» « c'est qu'il ne fraude son espérance, par la profession qu'il fait d'un autre mestier et par les haines qu'il a deqa acquises. »

En cela elle se trompe, d'Aubigné est bon sur tous les champs de bataille et s'inquiète moins d'encourir de nouvelles haines que de perdre d'anciennes amitiés.

dit à ceux qui la pressoient par Texemple du frère, gue cest exemple lui estoit loi en tout ce qui ne touchoit point Tbonneur de Dieu, qu'elle savoit les bornes de Tobeissance et qu'enfin la loi salique n'avoit pas fait les partages de la constance en leur maison. » {Histoire universelle, t. II, col. 676.) C'était opposer la faiblesse du père et du ûls k la fermeté de la mère et de la fille.

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