Œuvres complètes, t. !•' p
4. Rien n'égale la curiosité qa'excîtent tons ces prétendus sorciers, sinon la cmaoté de la répression. On lit dans les Mémoires de de Thou (ouvrage déjà cité), p. 247, Thistoire d'un
SUR TH.-AGRIPPA d'aUBIGNÉ. 173
Pendant une grande peste, qui ravagea le centre de la France, les loups venaient ravir les enfants jusque dans les maisons et le peuple crut aux loups-garous. Un misérable fou, s'accusant d'avoir dévoré toutes les victimes, allait subir le supplice, quand un magistrat d'Angers s'avisa de lui demander : « Qui avoit mangé Pierre Hérault? «Moi, repondit le monstre. » Pierre Hérault était le lieutenant criminel môme qui présidait le tribunal. On refit le procès et le pauvre homme fut trouvé innocent. D*Aubigné conclut que les sorciers doivent être punis sévèrement, « non pour leur fantaisie, mais pour leurs actions effectuelles qui ne paraissent que trop.» Rien de mieux, mais l'ignorance et le préjugé ne mettent-ils pas sur leur \ compte de prétendues «fantaisies» .qui sont réputées «actions effectuelles? »
A Pau, une belle fille, au sortir d'un prêche sur les sortilèges, s'en vint demander la prison comme criminelle de sorcellerie ^ Le président, un vieillard, «lassé des misérables procès qu'il avoit entre les mains, la renvoie ; mais le geôlier du Gh&telet l'écoute et l'enferme. Les auditions de cette fille furent trouvées si admirables par le Parlement, que le Roy fut prié de vouloir assister à la confrontation de plus de quarante personnes prisonnières sur le rapport de la fille. » Le roi accepta et mena avec lui plusieurs per^
nommé Beaumont, véritable spirite. « La ma^ie était ^ar lui Tart de converser avec les génies. » La doctrine du spiritisme avait déjà de nombreux adeptes en Europe. Cet infortuné» que de nos jours on eût considéré comme un médium remarquable, fut condamné à Angoulème, à Paris, et « puni d'une mort digne de sa vie. »