Œuvres complètes, t. I", p
sonnes parmi lesquelles Duplessis-Moraay et d'Aubigné. La lllle confessa être allée aux grands sabbats en esprit, aux petits en corps, avoir, sur Tordre du Mature, déterré un enfant qui fut partagé entre quatre-vingts personnes. Sur ces révélations, trente-quatre d'entre elles furent condamnées: la fille assista à leur supplice, une corde au cou, à son grand regret de ne mourir point, « ayant esté, dés Tage de neuf ans, menée au sabat et marquée du Diable. »
Nous ne craignons pas d'insister sur cette curieuse correspondance. Quelles terribles et douloureuses révélations sur rignorance et la crédulité d'un siècle, où les dénonciations d'une hallucinée, affolée par une sotte prédication, envoient au supplice trente-quatre victimes, condamnées sous les yeux du roi et des plus doctes personnages I
La troisième lettre à la Rivière semble démentir quelque peu le passage de la Vie où d'Aubigné se défend d'avoir « essayé aucun experiment » de la magie^. Il nous confesse que la folle vivacité de sa jeunesse n'a rien trouvé de difficile de quoy elle n'ait voulu pouvoir parler* ; » qu'il « s'accosta » neuf mois à Lyon d'un aventurier, Loys d'Arza, se donnant pour «magicien et bastard d'un duc de Milan. » Ce charlatan le fit passer de l'astronomie à la judiciaire (l'astrologie), lui interpréta le quatrième livre d' Agrippa', La Cla-