Préface de ÏMistoirey p
3. Un maître d*hôtel du maréchal lai remontrait que, sur trois cents officiers de sa maison, il n'y en avait que quarante utiles. « Me jurez-vous, en foy d'homme de hien, cfemanda Biron, que je me puis bien passer de tous ceux là ? — Ouy, et que c'est le seul moyen que vous soyez servy. — Or bien, repart le Maréchal, voilà un poinct vidé que je me peus bien passer d'eux, mais, monsieur le Maistre, dites moy en conscience si eux se peuvent bien passer de moy? {CEuvres com-
Êlètes, t. 1[«r, p. 188.) Mot touchant^ s'il s'agissait de soldats Bsogneux ; mais à quoi bon une pareille maison d'officiers inutiles? Qui donc solde l'entretien de cette domesticité, sinon le roi ? Et certes, le Maréchal, enorgueilli d'une si grande puissance, ne paie pas de retour le monarque en soumission et en déférence.
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cet orgueil, cet insolent dédain, même de ses plus illustres pairs, qui sied aux grands seigneurs non moins qu'aux grands capitaines. Gomme il demandait qui l'on avait envoyé à une rude escarmouche : « M. de Chastillon y est, » lui fut-il répondu. «Il falloit y envoyer un homme de guerre, » reprend Torgueilleux maréchal, au grand étonnement de tous ceux qui, pour bien connaître Ghàtillon, le tenaient maître en telles conjonctures *.
On sait que d'Aubigné fut vice-amiral de Saintonge et de Poitou^. Ce n'était pas là un titre purement honorifique, bien que le roi n'ait guère, l'auteur le confesse, adopté ses plans d'officier de marine. Pour un ancien <t Capitaine de carabins, » il semble assez expert dans la langue navale et ne décrit pas mal les combats livrés en ces parages marécageux des îles de Ré, d'Oléron, et aux abords de la Rochelle, combats assez simples et primitifs, si on les compare aux grandes batailles livrées^ à cette même époque, dans les mers du Levant. En ces engagements côtiers, on voit figurer pataches, chaloupes, traversiers, plutôt que galères et vaisseaux. II y a un élément qui manque trop souvent à ces batailles navales, c'est l'eau. Les bâtiments, à chaque instant, <c s'assablent et s'eschouent. m Eviter ce danger ou le braver, échapper, dans ces passes étroites et ces marais, aux canonnades ennemies, ou bien « ajuster sa musqueterie ^, » comme on le voit au combat d'Oléron, constitue presque l'art unique des * combattants.
1. Brantôme est plus équitable envers Chastillon : « Maintenant il me faut parler crun très grand Capitaine, s'il en fut oncques. » {Vie des hommes illustres et or anas capitaines y Disc. 79.)