Œuvres complètes, t. III, p
étrangers ^, amèrement critiqués par les rancunes de propriétaires expropriés, n'avaient donc pas manqué de ce contrôle qui éprouve la valeur des conceptions. D'Âubigné se vante d'être surtout homme pratique, « empirique ', » comme il dit: « L'autre avantage est, qu'ayant appris avec beaucoup plus de prattique que de théorie, je say travailler en ayant esgard à l'espargne'. » «La vérité, écrit-il à M. Turettini (1622), est que tout ce qu'avoit fait faire M. de Betune, assisté de M. de Vendasme, estoit bien selon l'art, et fort joly ; mais j'ay apris à n'aymer rien de joly contre un
Prince qui menace de quarante canons Je cède en
science aux excellentes personnes à qui vous en pouvez communiquer, mais j^ose dire que un moindre médecin, qui a l'œuil et la main sur son malade, en doit mieux ordonner qu'un suffisant, à qui on en porte l'urine bien loin. »
La lettre la plus importante, sur ce sujet des fortifications, est adressée au conseil de* Genève. Elle est accompagnée d'un plan de la ville. D'Aubigné semble y avoir prévu et réfuté d'avance toutes les objections à son système. Un demi-siècle d'expérience justifiait la confiance qu'inspirait notre réfugié dans toutes les questions militaires. On le choisit comme arbitre dans les discussions ; il donne des consultations à distance, ainsi que l'attestent sa lettre au marquis de Gastelnault et au sieur de Gampet ^ et ses deux lettres à M. de Saint-
1. M. du Motet, par exemple, avait été désigné comme ingénieur par le prince d^Orange, sur les instances de M. Benedit Turettini. (Voir la lettre à M. Turettini, Œuvres complètes, t. 1er ,p. ià9.)